La Genèse 

Parler de la genèse, c’est évoquer les origines d’une chose. On parlera tantôt de la Genèse d’un film ou pour dire qu’un fait remonte aux origines de l’humanité.

Le Tohu-bohu (Gn 1.2)
Dans le récit la Genèse, le monde n’était que « vide et désordre » Tohu wa-bohu (תהו ובהו). Dans le langage populaire, l’expression désigne « un grand désordre », « une agitation confuse ». On la retrouve au XIIIe siècle sous la forme « Toroul Boroul » et plus tard chez Rabelais mais c’est Voltaire qui le premier aurait usé de la locution «  Tohu-bohu », bien que ce point soit discuté.

Un jardin d’Éden  (Gn 2.8)  
Gan Éden – Jardin des délices. L’expression du jardin d’Éden évoque un endroit ou l’on est bien, souvent qualifié de paradisiaque.

Le fruit défendu (Gn 3.6) 
Nulle part il est précisé qu’il s’agissait d’une pomme mais Dieu avait interdit à Adam de manger du fruit d’un certain arbre, celui de la connaissance du bien et du mal. Prendre le fruit défendu, c’est toucher à quelque chose que l’on sait que c’est mal.

La pomme d’Adam (Gn 3.6)
La pomme d’Adam désigne chez l’homme la saillie visible du cartilage thyroïde, au milieu de la partie antérieure du cou. On dit qu’en mangeant le fruit défendu, ça lui est resté à la gorge.

Ni d’Adam ni d’Ève
Je ne la connais ni d’Adam ni d’Ève est une expression pour dire que l’on n’a jamais vu ni connu cette personne.

Être en tenue d’Ève et la tenue d’Adam (Gn 2.25)
Expression qui signifie « être nu », sans habit. Telle était la condition d’Adam et Eve avant la chute, ils étaient nus et n’éprouvaient aucune honte.

Le péché originel (Gn 3.7)
Le péché originel n’est pas la sexualité comme le prétendaient certains Pères de l’Église, mais c’est la désobéissance envers le commandement de Dieu de ne pas toucher à l’arbre défendu.

Retourner à la poussière  (Gn 3.19)
L’une des conséquences du péché originel est la mort. Non pas qu’Adam mourut sur le coup mais la condition humaine se dégrada. L’Homme était-il immortel ? Toujours est-il que cette expression nous ramène à la réalité de la mort et qu’une fois enterré, le corps finira en poussière d’où il fut tiré. 

Gagner son pain à la sueur de son front (Gn 3.19)
L’une des malédictions qui tomba sur l’Homme fut, non le fait de travailler mais la pénibilité du travail, ce que l’Homme moderne, grâce à la technique, cherche à s’affranchir. Dire qu’il faut gagner son pain à la sueur de son front, c’est dire que l’argent ne tombe pas du ciel mais qu’il se gagne en retour par l’effort fourni par le travail accompli.

Vieux comme Mathusalem (Gn 5.27)
Expression désignant une longévité peu commune. Elle vient du 8ème patriarche après Adam, Mathusalem, qui vécut 969 ans et fut le grand-père de Noé.

Arche de Noé 5 (Gn 6.14)
Souvent utilisé pour les refuges d’animaux, l’arche de Noé est le lieu de protection et de préservation des animaux lors de l’épisode du déluge.

S’endormir dans les vignes du Seigneur (Gn 9.21)
Expression qui veut dire « être ivre mort ». Après être resté 365 jours dans l’arche, Noé et les siens sortirent de l’arche avec tous les animaux. Noé planta une vigne et s’enivra.

Une tour de Babel (Gn 11.9)
Désigne un lieu où l’on parle toutes sortes de langues. Ce récit nous relate l’origine des langues. Les  hommes voulurent se faire un nom (v.4) c’est-à-dire s’affranchir de Dieu, être maître de soi, et n’avoir de compte à rendre à personne. Pour arrêter ce projet, Dieu confond balal בָּלַל (v.7) la langue unique qui était parlé (v.1). Plus personne ne se comprenait et le projet fut en suspens, chacun allant de son côté. Ce récit a inspiré le programme “Babbel” qui est un système d’apprentissage des langues en ligne.

La terre promise (Gn 12.1; Hb 11.9)
Désigne un lieu riche, idéal ou idyllique, une terre de repos. Elle désigne pour Abraham le pays de Canaan ou Terre d’Israël, que Dieu a promis à lui et à ses descendants. Elle est appelée par une autre expression : Pays où coulent le lait et le miel et qui revient 20 fois dans les Écritures (AT). C’est pour dire la richesse et l’abondance que fournit la terre.

Être changé en statue de sel (Gn 19.26)
On désigne ainsi quelqu’un pétrifié par la peur ou qui reste figé. Elle est tirée de l’épisode où, fuyant Sodome et Gomorrhe, les anges ont commandé à Loth, sa femme et ses deux filles de quitter en hâte la ville et de ne pas se retourner. La femme de Loth, peut-être pensait-elle à ses autres filles restées là-bas, se retourna et fut transformée en statue de sel.

Qui va à la chasse, perd sa place (Gn 27.30)
Isaac sent que son départ approche et sollicite l’aîné de ses jumeaux Éssav de lui préparer un plat de gibier et qu’ensuite il le bénira. Rebecca ayant entendu va suggérer à Jacob de prendre la place de son frère pour lui voler la bénédiction pendant que celui-ci est à la chasse.

Faire les 400 coups (Gn 32.7)
Moins évident et discutable. Jacob quitte Laban après 20 ans d’exil et tente de revenir en terre promise, mais son frère l’attend de pied ferme accompagné de 400 hommes. Ce sont des gens peu fréquentables et dans les excès. D’aucuns rattachent cette expression à la guerre menée par Louis XIII s’opposant aux protestants de la ville de Montauban. Elle fut attaquée en 1621 par 400 coups de canon, censés faire plier les habitants qui, majoritairement étaient des protestants mais cette tentative se solda par un échec. L’expression est restée depuis et on dit d’une personne qu’elle « fait les 400 coups » lorsqu’elle mène une vie désordonnée, dissolue sans respect des codes de société.

Grand chasseur devant l’Éternel (Genèse 10:9) et Essav (Genèse 25:27)
Dans son contexte, elle désigne deux grands chasseurs : Nimrod et Éssav. Hormis la pratique de la chasse, ces deux personnages étaient de grands pécheurs aux yeux de l’Éternel et de forte influence pour leurs contemporains. Dire qu’ils étaient de grands chasseurs signifie qu’ils dépassent la norme. C’est aussi être habile par les paroles pour prendre les gens au piège.

Le Benjamin (Gn 35.18)
Parler du Benjamin, c’est désigner le petit dernier d’une famille. En référence à Benjamin qui est le dernier des treize enfants de Jacob (douze garçons et une fille Dinah) de Jacob. Ruben étant l’aîné et Joseph l’avant-dernier.

Des vaches maigres (Gn 41.27)
Allusion à des années de pénurie ou ralentissement de l’économie qui entraînent des restrictions soutenues. Les vaches maigres, symboles de pauvreté économique.

ABF – timbre : lisez la Bible