Les Segond
Nom La Bible à la Colombe
Éditeur Alliance Biblique Française
Parution 1978
Confession Évangélique
Lecture Facile
Source AT Texte massorétique
Source NT Texte majoritaire
Deutérocanoniques Non
Ordre des livres Hébraïque
Unités poids et mesures Ancienne

Présentation

Pourquoi la bible à la Colombe ? Simplement du fait qu’elle porte une colombe volante sur la couverture. Mais il ne faut pas y voir une quelconque allusion à une traduction charismatique. Cette bible est le fruit de vingt-cinq ans de travail. Elle fut réclamée par l’Alliance Biblique Française au début des années 50 pour deux raisons majeures. La première étant la découverte des rouleaux de la mer morte en 1948 qui allaient apporter une nouvelle fraîcheur au texte servant de base. On utilisait jusqu’alors pour les traductions. La deuxième raison étant la nécessité de rajeunir le texte de la Segond 1910 et ce, grâce aux découvertes récentes, dans le but de rapprocher le texte au plus près de l’orignal tout en balayant les archaïsmes et les expressions trop désuètes.

Selon le docteur en théologie Frank Michaeli, qui a supervisé cette révision, « des modifications sont intervenues dans deux cas : celui où la connaissance actuelle des textes originaux permet une meilleure traduction ; celui où l’évolution de la langue française rend indispensable une nouvelle formulation ». L’ordre des livres de la 1ère alliance suit l’ordre protestant classique et ne contient donc aucun des livres apocryphes. On ne trouve aucune introduction aux livres, mais quelques notes en bas de pages qui suggèrent une traduction littérale, ou certains ajouts que l’on trouve dans d’autres manuscrits. Ces notes n’ont aucun caractère théologique ou doctrinal.

Ces notes que l’on trouve en bas de page sont établies selon les principes de l’ABU (Alliance Biblique Universelle) et se réfèrent aux catégories suivantes :

  • Différentes leçons du texte hébreu ou grec et les variantes
  • Autres traductions possibles de l’original ou litt.
  • explication des noms propres
  • explication des jeux de mots dans l’original
  • référence à d’autres textes bibliques

 

HISTORIQUE

La Bible à la Colombe s’inscrit dans une suite qui prend son point de départ dans la base de traduction qu’effectua Louis Segond.

  • 1874 : Première édition de l’Ancien Testament, associée à une traduction du Nouveau Testament due à Hugues Oltramare, professeur de Nouveau Testament à la faculté de Genève.
  • 1880 : La Bible Segond en un seul volume paraît pour la première fois en 1880, avec un premier tirage de 50.000 exemplaires.
  • 1888 : Parution de la première révision, juste après la mort de Louis Segond. Elle supplante la version de 1880.
  • 1910 : Première révision importante après la mort de Segond. La Société biblique britannique et étrangère révise le texte en choisissant d’autres termes doctrinaux plus conformes à la pensée protestante orthodoxe (par exemple : « sacrificateurs » à la place de « prêtres », « foi » à la place de « fidélité »). Cette version 1910 devient la traduction protestante la plus lue au cours du XXe siècle.
  • 1962 : L’Alliance biblique universelle publie une révision du Nouveau Testament (« Pains et Poissons »).
  • 1978 : L’ABU révise, également, à son tour le texte de la Segond 1910 et la publie dans une version dite « à la Colombe », en raison du dessin de sa couverture.
  • 1979 : Parution de la version Segond 1979 dite « Nouvelle édition de Genève » (NEG).
  • 2002 : Parution de La Nouvelle Bible Segond (NBS) : en 1987, l’ABU décide de se lancer dans une édition d’étude de la Segond qui vise à présenter une alternative à la Traduction œcuménique de la Bible.
  • 2007 : Parution de la bible Segond 21 : Bible Segond révisée pour le XXIe siècle utilisant le vocabulaire d’aujourd’hui.

 

Pour le Nouveau Testament, une douzaine de biblistes français, de Suisse et de Belgique ont été sollicités, pour préparer un projet de révision de la 1910.
Une commission de six à sept membres dont les professeurs Maurice Carrez, Jean Cruvellier et Jean Balty se réunissaient tous les quinze jours pour examiner ces projets et trancher de manière souveraine de telle sorte que la traduction finale soit homogène et ne reflète pas les options particulières des différents correspondants.
En 1962, le Nouveau Testament appelé « Pains et Poissons » sortira. Il s’agit là de la première édition de la Colombe.

Le travail de la Première Alliance a différé quelque peu. Celui-ci devait être plus rapide de tel sorte que les quatre membres mandatés pour ce chantier de traduction préparait chacun un texte ou une proposition de traduction et le transmettait à ses collègues. Chacun apportait sa critique ou sa remarque et dans le cas de la majorité, celle-ci était adoptée. Ce gros travail était présidé par le professeur Franck Michaéli, accompagné de Bernard Keller, André Lacoque et Jules-Marcel Nicole.
Une fois ce vaste travail terminé, le manuscrit a été relu et de nouveau discuté et quelques retouches furent nécessaires.
La commission d’avant l’impression était composé du pasteur Jean-Marc Thobois (1945-2020), Kenneth Ware et présidé par Jules-Marcel Nicole.
La première édition paraît en mai 1978 aux Éditons Vida.
L’une des évolutions de la Colombe est le changement de temps. Dans les traductions précédentes de 1910 par exemple, certaines phrases étaient alourdies par l’usage de l’imparfait, du subjonctif voire même du passé simple. Comparez Deutéronome chapitre 1 dans la Segond 1910 et vous verrez l’usage abondant du passé simple.

Segond 1910 : Mais vous ne voulûtes point y monter, et vous fûtes rebelles à l’ordre de L’Éternel, votre Dieu.
Vous murmurâtes dans vos tentes et vous dîtes.

Colombe :
Mais vous n’avez pas voulu y monter et vous avez été rebelles à l’ordre de l’Éternel, votre Dieu.
Vous avez murmuré dans vos tentes.

 

LA BIBLE THOMPSON

Le modèle le plus connu à ce jour est la Bible Thompson. La traduction de la Colombe vient compléter les travaux de Franck Charles Thompson.
Les travaux de Franck Charles Thompson viennent accompagner le texte biblique. Il s’agit d’un système numérique complet de référence en chaîne.
Outre cela, nous y trouvons un vaste supplément archéologique avec certaines photographies, des cartes, un index et une concordance.
Beaucoup d’outils se trouvent en fin de volume comme :

  • L’histoire de la bible au fil des siècles
  • Portrait synoptique du Christ
  • Christ décrit par Jean
  • Christ décrit par Paul
  • Histoire résumée des apôtres
  • Jésus pendant l’année de l’inauguration
  • Jésus pendant l’année de la popularité
  • Jésus pendant l’année de l’opposition
  • Jésus pendant ses derniers mois
  • Les derniers jours de Jésus
  • Les dernières heures de Jésus

 

 

Description

Quoi qu’on en dise, la traduction de la Colombe n’est pas aussi littérale que ça. En effet, elle n’arrive qu’à la 21ème place sur l’échelle NALOT.
Ceci dit, les poids et mesures sont conservés dans leur valeur originale, sans conversion moderne.

 

 

 

 

DETAILS DE LECTEUR

Le nom de Dieu, le tétragramme est traduit par l’Éternel.
Psaume 112.1 : Louez l’Eternel ! Heureux l’homme qui craint l’Eternel,
qui trouve un grand plaisir à ses commandements.

 

Il est intéressant de noter la présence, même entre crochet, du comma johannique :
1 Jean 5.7b – Car il y en a trois qui rendent témoignage [dans le ciel : le Père, la Parole et l’Esprit-Saint. Et ces trois sont un]

 

La Colombe préfère écrire les chiffres comme l’exemple ci-dessous. Personnellement, je préfère cette option de lecture.
COL : Le séjour que les Israélites firent en Égypte fut de 430 ans.
NEG : Le séjour des enfants d’Israël en Égypte fut de quatre cent trente ans.

COL : Arpakchad était âgé de 35 ans quand il engendra Chélah
NEG : Arpacschad, âgé de trente-cinq ans, engendra Schélach.

L’objectif de la Colombe était, disaient-ils, de  » permettre aux chrétiens de savoir ce qu’il y a exactement dans l’original  » .
Dans les deux exemples suivants qui sont tous les deux tirés du livre d’Esther, on peut constater la difficulté de traduction sur les mots A’HACHTRANIM et PERAZES.
La Colombe est la seule traduction française qui a préféré garder le mot hébreu.
Le premier exemple se trouve dans Esther 8.14 :

Colombe : On écrivit les lettres au nom du roi Assuérus, on les scella du sceau royal et on les envoya par l’intermédiaire des courriers à cheval,
montant des pur-sang Ahachtranes sélectionnés.

NEG : On écrivit au nom du roi Assuérus, et l’on scella avec l’anneau du roi.
On envoya les lettres par des courriers ayant pour montures des chevaux et des mulets nés de juments.

NBS : On écrivit les lettres au nom du roi Xerxès, on les scella avec le cachet du roi et on les envoya par l’intermédiaire des courriers à cheval,
montant des pur-sang sélectionnés dans les haras de L’État.

Martin 1744 : On écrivit donc des Lettres au nom du Roi Assuérus, et on les cacheta de l’anneau du Roi ;
puis on les envoya par des courriers, montés sur des chevaux, des dromadaires et des mulets.

 


 

Le deuxième exemple est tiré du livre d’Esther 9.19

Colombe :  C’est pourquoi les Juifs pérazes, ceux qui habitent des villes ouvertes

Nouvelle Bible Segond
: C’est pourquoi les Juifs de la campagne, qui habitent des villes sans murailles font du quatorzième jour du mois d’Adar

Zadoc
Kahn : C’est pourquoi les juifs des campagnes, qui habitent des villes ouvertes

Pour comprendre le mot hébreu « pérazes », qui est constitué de 3 lettres PRZ (il n’y a pas de voyelle en hébreu), il faut bien réaliser que le nom que l’on donne en hébreu correspond à ce qu’il est.
L’essence d’une personne ou d’un objet est définie par le nom qui le caractérise.
Une ville « Peraze » est le contraire d’une ville fortifiée comme Jéricho, c’est-à-dire entourée de muraille.
Les juifs pérazes ne sont pas forcément des juifs de la campagne comme nous l’entendrions aujourd’hui, mais des juifs qui habitent des villes qui ne sont pas entourées de murailles.

On raconte que des juifs sont arrivés à Lutèce, nom d’alors qui était donné à la capitale de la Gaulle et que la fête de Pourim allait débuter. Lutèce, ville ouverte ou fermée ? Lutèce était une très grande ville qui débordait. PARIS est une ville ouverte. C’est certainement un nom que les juifs lui ont donné et qui est resté depuis. PaRiS se rapproche de PeRaZe

 

Ce bible existe en version d’étude : la Bible THOMPSON dite à la Colombe – 1978 – Éditions VIDA. Plusieurs réimpressions 2012-2015. Elle contient un système de références chainées qui permettent de découvrir toute une série de textes bibliques sur un même thème. Contient un supplément archéologique très complet ainsi qu’une concordance.
Tous les modèles disponibles ici : https://www.xl6.com/categories/bibles/colombe