Lexique

 

A

Anagignoskomena : du grec ἀναγιγνωσκόμενα , c’est-à-dire « autorisé à la lecture » . Se dit des livres deutérocanoniques ou apocryphes. Athanase serait le premier à employer ce terme au IVe siècle.

Apocalypse : (grec ancien Αποκάλυψις Ιησού Χριστού /Apokalupsis Iesou Kristou). Apokalupsis veut dire « action de découvrir ». Tiré du verbe grec καλύπτω, kalúptô « cacher », précédé du préfixe de privation ἀπό ápó. Littéralement donc « [chose] dé-cachée », et donc par extension, « [chose] dévoilée aux hommes », « retrait du voile qui cachait la chose », « le voile est levé ». L’apocalypse n’est pas un livre qui traite de malheur dans la fin des temps, mais qui est plein d’espérance pour tous ceux qui attendent le retour de Jésus-Christ. Sa traduction latine est Revelatio qui a donné le mot révélation. Certaines bibles ont préféré lui donner ce nom plutôt qu’Apocalypse. On retrouve ce mot grec 18 fois dans le Nouveau Testament (1Cor 1.7 ; 1 Pierre1.7).

Apocryphes : (du grec ἀπόκρυφος / apókryphos, « caché ») on désigne apocryphe un écrit « dont l’authenticité n’est pas établie ». Ce que les catholiques nomment « apocryphes » sont appelés « pseudépigraphes » chez les protestants.

 

C

Catholique : Le mot catholique vient d’un mot grec katholikos, qui veut dire universel. L’Église catholique, dans son sens premier,  a pour mission de porter à tous les peuples de la terre le message du Christ (Mt 28.19). Dès les premiers siècles de notre ère, ce mot apparaît chez différents auteurs chrétiens qui l’emploient pour clarifier ce qu’est une communauté locale en communion avec l’« Église universelle ». Ignace d’Antioche, Tertullien l’emploient au sens premier de sa définition. Lors de la Réforme protestante au XVIè siècle, le terme catholique fait référence aux chrétiens membres de l’Église Catholique Romaine qui est dirigé par le Pape. Les protestants et les catholiques sont reconnus cependant comme étant des chrétiens.
Tous les chrétiens, de tous les temps, de tous les âges qui ont reconnus en Jésus-Christ le Fils de Dieu et qui ont mis leur foi en lui, tous ceux là font partie de l’Église Catholique (et non dans le sens de ceux qui pratiquent le catholicisme).

 

Codex : Terme latin qui, à l’origine désignait le tronc d’arbre, puis par extension s’applique aux tablettes de bois servant de support à l’écriture pour finir aux feuilles de papier reliées par la tranche. Le codex apparaît vers la fin du 1er siècle remplaçant ainsi les manuscrits rouleaux ou « volumen » qui étaient trop fragiles et peu commodes. Le plus vieux codex connu actuellement serait celui de Yale 419 qui comprend un passage de Genèse en grec (Gn 14, 5-8. 12-15).

 

D

Deutérocanonique : vient de deuteros qui signifie « secondaire », qui veut dire le deuxième canon.
Ce sont les livres qui ne font pas partie du canon hébraïque. Les juifs et les protestants ne voient pas ces livres comme inspirés et les considèrent donc comme apocryphes. Ils sont présents dans certaines bibles et peuvent variés entre 8 et 10 livres selon les versions. La TOB 2015 ayant 54 livres pour l’AT.

Dodécaprophéton : Expression grecque désignant l’ensemble des livres des 12 petits prophètes.

 

E

Enfer : vient du latin infernus qui signifie « qui est en dessous », les régions inférieurs de la terre. Le mot enfer ne se trouve quasiment pas dans les bibles protestantes, excepté Darby dans le passage de la Kénose. On le trouvera dans certaines bibles catholiques qui ont pour base la Vulgate, mais certaines traductions œcuméniques ont aussi choisi ce terme. Là où le grec dit Tartaroo en 2 Pierre 2.4, et katachthonios en Philippiens 2.10, on peut trouver le mot enfer. Mathieu 16.18 traduit aussi par les portes de l’enfer chez les traductions protestantes. Dans la parabole du mauvais riche, si vous prenez la traduction de Lemaistre de Sacy ou celle de l’abbé Glaire, ils traduisent ainsi : le riche mourut aussi, et eut l’enfer pour sépulcre (Luc 16-22). Dans la première alliance, l’hébreu nomme Schéol  la demeure où vont les morts (Gen 37.35 ; Deut32.22 ; Ps21.10). Le Nouveau Testament semble quand à lui être plus clair, le grec utilise Hadès ou Géhenne pour désigner le lieu après la mort où vont les méchants. L’un des deux brigands sur la croix reçoit de la part de Jésus la promesse d’aller au Paradis sans passer par le purgatoire.

Équivalence dynamique ou fonctionnelle : Nom donné à un type de traduction de la bible, par opposition à l’équivalence formelle. L’équivalence formelle cherche à coller au plus près du texte tandis que l’équivalence dynamique cherche à rendre le texte source compréhensible au lecteur. Nous ne sommes plus à proprement parler d’un travail de traduction mais d’interprétation. Cette méthode cherche à privilégier le sens du texte par rapport à sa structure originale. Cette méthode de traduction a été employé entre autre pour la Bible en français courant, Parole de vie, Semeur ou la Traduction officielle liturgique.

Équivalence formelle ou littérale : Les versions à correspondance formelle ou littérales sont idéales pour l’étude du texte biblique. Ce travail de traduction cherche à coller le texte au plus près de l’original. Cette méthode de traduction a été employé par Darby qui a été le plus loin dans ce travail, viennent aussi la Osty, Jérusalem ou la Colombe.

 

G

Guematria (גמטריא) : La Guematria est une méthode d’exégèse biblique établissant une correspondance entre les lettres, mots et versets de la Torah d’une part, et des nombres d’autre part ; comme telle, elle permet d’ouvrir de nouveaux horizons dans la compréhension du texte – Chalom Leubmen.
Le mot « guematria » est un jeu de mot basé sur les racines de geometria et de gramma-metria. La gramma-metria (ou guematria) est la mesure des lettres de l’alphabet (gramma). Ce système a installé des équivalences entre les mots de valeurs numériques identiques.

 

H

hapax :  Ce dit lorsqu’ un mot n’a qu’une seule occurrence dans un corpus donné. Le terme hapax est un néologisme que l’on doit à John Trapp en 1654 (Annotations upon the Old and New Testament), il est créé à partir du grec ἅπαξ (λεγόμενον) / hápax (legómenon), « (dit) une seule fois ». Sa forme longue est hapax legomenon. Exemples d’hapax dans la bible : זֶמֶר (zémèr) Lev 14.5, Lilith Esaïe 34.14, ABREK Gn 41.43; Balac Amos 7.14.

 

I

Imprimatur :  Mot latin qui veut dire  » Qu’il soit imprimé « . Il est accompagné du nom de l’évêque local et garanti que le contenu est bel et bien conforme à la foi et la théologie catholique. On le trouve généralement soit au début ou la fin de la bible avec l’année de l’obtention de l’imprimatur. Il est souvent accompagné d’une autre mention Nihil Obstat qui signifie  » que rien ne s’oppose « .

 

L

LXX : Appelation de la Septante en chiffre romain. Il s’agit de la première traduction grecque des livres de la Bible effectuée à Alexandrie au IIIè avant J.C à la demande de Ptomélée Philapelphe II pour embellir sa bibliothèque. Le canon hébraïque n’est pas encore fixé, il le sera à Yavné en 90 après J.C. Le nom de Septante, qui signifie 70 vient du nombre de juifs qui furent employés pour traduire la Torah. Six savants de chacune des 12 tribus d’Israël allèrent à Alexandrie pour ce travail. Son nom latin est Septuaginta . L’histoire de la Septante est relatée dans la Lettre d’Aristée.

 

M

Michna : La Michna fut achevée en 189 ap. J-C, soit 120 ans après la destruction du temple.Oeuvre principale tirée de la tradition orale et considérée comme la plus importante après les écrits du Tanakh. Ils sont classés en 6 ordres :
1. Zéra’im (semences) : Cet ordre traite principalement des lois relatives à l’agriculture et aux bénédictions.
2. Mo’èd (rendez-vous / fête) : Cet ordre traite principalement des lois relatives au calendrier, les fêtes juives et les rendez-vous. Le Shabbat, Souccoth, Pessah, Shavouot …
3. Nachim (femmes) : Cet ordre traite principalement des lois relatives au mariage et de sujets qui y sont liés comme le divorce ou la fidélité conjugale , ainsi que des vœux et du naziréen.
4. Nézikin (dommages) : Cet ordre traite principalement des lois relatives aux droits civil et pénal, d’éthique et de morale, de l’idolâtrie.
5. Kodachim (objets sacrés) : Cet ordre traite principalement des lois relatives à l’abattage rituel (che’hita) ainsi que les sacrifices et le Temple.
6. Taharot (puretés) : Cet ordre traite principalement des lois relatives à la pureté et à l’impureté rituelle.

Miqra : Mot hébreu qui signifie convocation, assemblée. L’emploi du mot Miqra s’applique aussi quand on parle des livres saints, en particulier ceux de la Torah, particulièrement lorsqu’ils sont lus dans la synagogue.

 

N

Nihil Obstat : Expression latine qui veut dire  » Que rien ne s’oppose « . On peut le comparer à un certificat qui garantit que ce livre ne contient aucune erreur ou d’idées contraires aux mœurs et à la foi catholique. En accordant le Nihil Obstat, l’Église catholique dit simplement qu’elle ne s’oppose pas à sa publication.

O

Onciaux : Se dit d’un type de graphie en majuscule dont les lettres ne sont pas attachées entre elles et qui fut utilisé du IIIe au VIIIe siècle après J.C. C’est l’écriture par excellence utilisée pour les codex. Les plus connus sont le Codex Sinaïticus, le Vaticanus, l’Alexandrinus, le Codex de Bèze et le Codex Ephraemi rescriptus. On recense quelques 200 manuscrits ou fragments écrit en oncial du N-T dont 5 contiennent le N-T complet, 9 manuscrits contiennent l’intégralité des évangiles, 7 des Actes, 7 des Lettres de Paul, 9 des épitres générales et 4 de l’Apocalypse. Les onciaux laisseront place à l’écriture caroline minuscule et ce jusqu’à l’invention de l’imprimerie.

 

P

Paralipomènes : Nom donné aux deux livres des Chroniques dans la traduction des septante LXX et dans la Vulgate. Paralipomèna signifie « les choses transmises » ou « les choses laissées de côté ». La traduction en Chroniques vient de St Jérôme et a été ensuite adoptée par Luther.

Pardès : Méthode d’exégèse juive. Elle correspond à 4 niveaux d’interprétations. 4 lettres forment ce mot PRDS qui est traduit par Paradis ou parc.
On le trouve 3 fois dans la bible (Ct4.13 ; Eccl 2.5 ;Néh 2.8). Dans la mystique juive, elle se rapporte à la sagesse divine.
Dès le Moyen-âge, il a été utilisé comme acrostiche pour les 4 méthodes d’interprétation à savoir :
PP’chat, c’est à dire le sens littéral
RRemez, allusion au texte, vient d’une racine signifiant insinué, suggéré
DDrach, du verbe darosh, chercher, interpréter, examiner, commenter, expliquer, d’où dérive le mot midrashim, légendes ou commentaires
SSod, signifie le secret. C’est l’interprétation mystique ou ésotérique. Pour d’autre, ce sera une révélation que donne le Saint Esprit sur un texte

Pentateuque : Penta vient de πέντε/pente « cinq », et -teuque de τεῦχος/teukhos, « étui « . Le Pentateuque est l’ensemble des 5 rouleaux qui forment la Torah et que l’on attribue à Moïse.

Péricope :  Terme dérivé provenant du grec περικοπή qui signifie « découpage ». Se dit d’un passage ou d’un extrait des écritures.

Protévangile : Mot signifiant « qui se situe au commencement de » ou « qui est immédiatement antérieur à » l’Évangile. Cette expression est tirée du passage de Genèse 3.15 : Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ton lignage et le sien. Il t’écrasera la tête et tu l’atteindras au talon. (voir l’article dans étude de versets/Genèse 3.15)

Pseudopédigraphe : (du grec ψευδής, pseudḗs, « faux », et ἐπιγραφή, epigraphḗ, « inscription» ou « nom ») Qui désigne tous les autres textes de l’Ancien Testament non retenus dans le canon protestant. Ils sont aussi appelés apocryphes chez les catholiques. Pratique souvent utilisée dans l’antiquité lorsqu’une personne signait d’un faux nom ou d’un nom d’emprunt.

 

S

Sapientiaux : Livres qui enseignent la sagesse, parfois appelés poétiques. Ils sont au nombre de 5, à savoir : Job, les Proverbes, l’Ecclésiaste, l’Ecclésiastique de Ben Sira et la Sagesse de Salomon.

 

T

Talmud : Le talmud fut achevé en 505 ap. J-C, soit 316 après la Michna. Le talmud comprend la Michna et la Guemara. Il existe deux versions : Le Talmud de Jérusalem et le Talmud de Babylone.

Tétragramme : Expression grecque désignant le Nom de Dieu, nom imprononçable par un juif afin de ne pas profaner le 3ème des 10 commandements. Tiré tétra = 4 et de gramma =lettres, il s’écrit en hébreu יְהוָה
Seul le grand sacrificateur pouvait le prononcer en ce grand jour du Yom Kippour. Personne ne connait sa juste prononciation depuis la destruction du temple en 70 après J-C. Certains ont pensé insérer les voyelles d’Adonaï au tétragramme le rendant ainsi pour Jéhovah. D’autres traducteurs ont opté par Jova, d’autres que l’on retrouve plus couramment comme Yahweh ou Yahvé. Les bibles protestantes en particulier ont préféré rendre par l’Éternel ou le Seigneur. Selon la Jewish Encyclopedia (1906), le Tétragramme apparaît 5410 fois dans le Tanakh. Ces occurrences se répartissent ainsi : 1419 dans la Torah, 2696 dans les Prophètes (Nevi’im) et 1295 dans les Écrits (K’touvim).

 

V

Vulgate : (du latin vulgata, qui signifie « rendue accessible, rendue publique », lui-même de vulgus, qui signifie « la foule »). Traduction latine de la bible établie par Saint Jérôme (340-420).