Lexique

 

A

Anagignoskomena : du grec ἀναγιγνωσκόμενα , c’est-à-dire « autorisé à la lecture » . Se dit des livres deutérocanoniques ou apocryphes. Athanase serait le premier a employer ce terme au IVe siècle.

Apocalypse : (grec ancien Αποκάλυψις Ιησού Χριστού /Apokalupsis Iesou Kristou). Apokalupsis veut dire « action de découvrir ». Tiré du verbe grec καλύπτω, kalúptô « cacher », précédé du préfixe de privation ἀπό ápó. Littéralement donc « [chose] dé-cachée », et donc par extension, « [chose] dévoilée aux hommes », « retrait du voile qui cachait la chose », « le voile est levé ». L’apocalypse n’est pas un livre qui traite de malheur dans la fin des temps, mais qui est plein d’espérance pour tous ceux qui attendent le retour de Jésus-Christ. Sa traduction latine est Revelatio qui a donné le mot révélation. Certaines bibles ont préféré lui donner ce nom plutôt qu’Apocalypse. On retrouve ce mot grec 18 fois dans le Nouveau Testament (1Cor 1.7 ; 1 Pierre1.7).

Apocryphes : (du grec ἀπόκρυφος / apókryphos, « caché ») on désigne apocryphe un écrit « dont l’authenticité n’est pas établie ». Ce que les catholiques nomment « apocryphes » sont appelées « pseudépigraphes » chez les protestants.

 

D

Deutérocanonique : vient de deuteros qui signifie « secondaire », qui veut dire le deuxième canon.
Ce sont les livres qui ne font pas partie du canon hébraïque. Les juifs et les protestants ne voient pas ces livres comme inspirés et les considèrent donc comme apocryphes. Ils sont présents dans certaines bibles et peuvent variés entre 10 et livres supplémentaires selon les versions. La TOB 2015 ayant 54 livres pour l’AT.

Dodécaprophéton : Expression grecque désignant l’ensemble des livres des 12 petits prophètes.

E

Enfer : vient du latin infernus qui signifie « qui est en dessous », les régions inférieurs de la terre. Le mot enfer ne se trouve quasiment pas dans les bibles protestantes, excepté Darby dans le passage de la Kénose. On le trouvera dans certaines bibles catholiques qui ont pour base la Vulgate, mais certaines traductions œcuméniques ont aussi choisi ce terme. Là où le grec dit Tartaroo en 2 Pierre 2.4, et katachthonios en Philippiens 2.10, on peut trouver le mot enfer. Mathieu 16.18 traduit aussi par les portes de l’enfer chez les traductions protestantes. Dans la parabole du mauvais riche, de Sacy, Glaire traduise ainsi : le riche mourut aussi, et eut l’enfer pour sépulcre (Luc 16-22). Dans la première alliance, l’hébreu nomme Schéol  la demeure où vont les morts (Gen 37.35 ; Deut32.22 ; Ps21.10). Le Nouveau Testament semble quand à lui être plus clair, le grec utilise Hadès ou Géhenne pour désigner le lieu après la mort où vont les méchants. Le brigand sur la croix à la promesse d’aller au Paradis.

 

 

L

LXX : Appelation de la Septante en chiffre romain. Il s’agit de la première traduction grecque des livres de la Bible effectuée à Alexandrie au IIIè avant J.C à la demande de Ptomélée Philapelphe II pour embellir sa bibliothèque. Le canon hébraïque n’est pas encore fixé, il le sera à Yavné en 90 après J.C. Le nom de Septante, qui signifie 70 vient du nombre de juifs qui furent employés pour traduire la Torah. Six savants de chacune des 12 tribus d’Israël allèrent à Alexandrie pour ce travail. Son nom latin est Septuaginta . L’histoire de la Septante est relatée dans la Lettre d’Aristée.

 

M

Michna : La Michna fut achevée en 189 ap. J-C, soit 120 ans après la destruction du temple.Oeuvre principale tirée de la tradition orale et considérée comme la plus importante après les écrits du Tanakh. Ils sont classés en 6 ordres :
1. Zéra’im (semences) : Cet ordre traite principalement des lois relatives à l’agriculture et aux bénédictions.
2. Mo’èd (rendez-vous / fête) : Cet ordre traite principalement des lois relatives au calendrier, les fêtes juives et les rendez-vous. Le Shabbat, Souccoth, Pessah, Shavouot …
3. Nachim (femmes) : Cet ordre traite principalement des lois relatives au mariage et de sujets qui y sont liés comme le divorce ou la fidélité conjugale , ainsi que des vœux et du naziréen.
4. Nézikin (dommages) : Cet ordre traite principalement des lois relatives aux droits civil et pénal, d’éthique et de morale, de l’idolâtrie.
5. Kodachim (objets sacrés) : Cet ordre traite principalement des lois relatives à l’abattage rituel (che’hita) ainsi que les sacrifices et le Temple.
6. Taharot (puretés) : Cet ordre traite principalement des lois relatives à la pureté et à l’impureté rituelle.

 

Miqra : Mot hébreu qui signifie convocation, assemblée. L’emploi du mot Miqra s’applique aussi quand on parle des livres saints, en particulier ceux de la Torah, particulièrement lorsqu’ils sont lus dans la synagogue.

 

O

Onciaux : Se dit d’un type de graphie en majuscule, dont les lettres ne sont pas attachées entre elles, et qui fut utilisé du IIIe au VIIIe, c’est l’écriture par excellence utilisée pour les codex. Les plus connus sont le Codex Sinaïticus, le Vaticanus, l’Alexandrinus, le Codex de Bèze et le Codex Ephraemi rescriptus. On recense quelques 200 manuscrits ou fragments écrit en oncial du N-T dont 5 contiennent le N-T complet, 9 manuscrits contiennent l’intégralité des évangiles, 7 des Actes, 7 des Lettres de Paul, 9 des épitres générales et 4 de l’Apocalypse. Les onciaux laisseront place à l’écriture caroline minuscule et ce jusqu’à l’invention de l’imprimerie.

 

P

Paralipomènes : Nom donné aux deux livres des Chroniques dans la traduction des septante LXX et dans la Vulgate. Paralipomèna signifie « les choses transmises » ou « les choses laissées de côté ». La traduction en Chroniques vient de St Jérôme et a été adopté par Luther.

Pentateuque : Penta vient de πέντε/pente « cinq », et -teuque de τεῦχος/teukhos, « étui « . Le Pentateuque est l’ensemble des 5 rouleaux qui forment la Torah et que l’on attribue à Moïse.

Pseudopédigraphe : (du grec ψευδής, pseudḗs, « faux », et ἐπιγραφή, epigraphḗ, « inscription» ou « nom ») Qui désigne tous les autres textes de l’Ancien Testament non retenus dans canon protestant. Ils sont aussi appelés apocryphes chez les catholiques. Pratique souvent utilisée dans l’antiquité lorsqu’une personne signait d’un faux nom ou d’un nom d’emprunt.

 

S

Sapientiaux : Livres qui enseignent la sagesse, parfois appelés poétiques. Ils sont au nombre de 5, à savoir : Job, les Proverbes, l’Ecclésiaste, l’Ecclésiastique de Ben Sira et la Sagesse de Salomon.

 

T

Talmud : Le talmud fut achevé en 505 ap. J-C, soit 316 après la Michna. Le talmud comprend la Michna et la Guemara. Il existe deux versions : Le Talmud de Jérusalem et le Talmud de Babylone.

Tétragramme : Expression grecque désignant le Nom de Dieu, nom imprononçable par un juif afin de ne pas profaner le 3ème des 10 commandements. Tiré tétra = 4 et de gramma =lettres, il s’écrit en hébreu יְהוָה
Seul le grand sacrificateur pouvait le prononcer en ce grand jour du Yom Kippour. Personne ne connait sa juste prononciation depuis la destruction du temple en 70 après J-C. Certains ont pensé insérer les voyelles d’Adonaï au tétragramme le rendant ainsi pour Jéhovah. D’autres traducteurs ont opté par Jova, d’autres que l’on retrouve plus couramment comme Yahweh ou Yahvé. Les bibles protestantes en particulier ont préféré rendre par l’Éternel ou le Seigneur. Selon la Jewish Encyclopedia (1906), le Tétragramme apparaît 5410 fois dans le Tanakh. Ces occurrences se répartissent ainsi : 1419 dans la Torah, 2696 dans les Prophètes (Nevi’im) et 1295 dans les Écrits (K’touvim).

 

V

Vulgate : (du latin vulgata, qui signifie « rendue accessible, rendue publique », lui-même de vulgus, qui signifie « la foule »). Traduction latine de la bible établie par Saint Jérôme (340-420).