Les Segond
Parution 1979
Éditeur MB Maison de la Bible
Traduction Semi-littérale
Lecture Facile
Public Tout public
Confession Evangélique
Source AT Massorétique
Source NT Texte minoritaire
Deutérocanoniques Non
Ordre des livres Protestant
Unités poids et mesures Ancienne

Présentation

Toute version qui se respecte mérite d’être révisée à chaque génération. Vingt ans après la mort de Louis Segond, une commission d’expert retoucha ici et là quelques passages de sa traduction de 1880. En 1910 parait la Bible Segond 1910. La langue française ayant bien évoluée en 50 ans, il était nécessaire de retravailler celle ci, un rafraîchissement s’imposait. Ce n’est qu’en 1978 que parait  « la Bible à la colombe » dont le texte de base est la Segond 1910 mais avec une approche de traduction plus littérale.

La Nouvelle Édition de Genève paraît pour la première fois en 1975 avec les commentaires de C.I. Scofield. Un certain nombre de corrections supplémentaires débouchent sur la version devenue « classique » de 1979. Il aura fallu attendre 1979  pour enfin avoir une traduction mieux adaptée à la génération d’alors. La Société Biblique de Genève définit le résultat comme une traduction formelle, celle qui cherche à rester le plus près possible de l’original. 

Petit rappel historique :
1910 : Révision de la Louis segond 1880
1975 : Révision de la Segond 1910
1979 : Révision du texte de 1975 – Appellation NEG 1979 – 1ère édition
1981 : 2e édition
1986 : 3e édition
2009 : 31ème édition

Présentation

Cette traduction n’a pas d’équivalent sur le marché, elle est une nouvelle approche de la traduction comme son nom l’indique.

Voici la méthode de travail : Chacun des 74 livres qui composent cette bible a été confié à un binôme, composé d’un exégète et d’un écrivain contemporain. L’exégète a d’abord préparé un travail minutieux de déchiffrage et de traduction au mot à mot du texte biblique qu’il a ensuite transmis à l’écrivain. L’écrivain a, quant à lui, proposé une écriture renouvelée et personnelle du texte.

La combinaison des deux est formidable et nous apporte un résultat presque littéral, parfois un peu trop, mais sans en être gêné. L’exégète a toujours tranché sur les questions de sens et d’interprétation. L’écrivain a travaillé les formes d’écriture, le rythme de la langue, l’innovation littéraire. Parmi les écrivains, notons la participation de Florence Delay, de l’Académie française, de Jean Echenoz, d’Emmanuel Carrère qui sont des écrivains français reconnus du grand public. Certains ont été récompensés de leur travail et ont reçu des prix Goncourt, Médicis.

Ils ont accepté de consacrer une partie de leur temps, pour certains à temps plein (quelques-uns ont donné six ans de leur vie) pour travailler à cette nouvelle traduction. Notons la réflexion de Florence Delay sur son propre travail et elle peut s’appliquer à l’ensemble : « C’est un des mystères de la littérature : l’original ne vieillit jamais et les traductions vieillissent ». (Panorama, nº 370, octobre 2001, p. 27). En fermant le livre, je songe à cette remarque pertinente d’un grand critique littéraire américain : « Lire une traduction revient à se contenter d’un deuxième choix » ! (Northrop Frye, Le grand Code, Seuil 1984, p. 42.)

Trois points, cependant, sont à relever :

  1. Des écrivains de renom ont été choisis parmi les plus illustres de notre temps.
  2. Ils ne maîtrisent, voir ne connaissent pas nécessairement l’hébreu ni le grec. Ils traduisent à partir du mot à mot, qui est le travail de l’exégète, tout en échangeant étroitement avec son binôme écrivain.
  3. Qu’il s’agisse des écrivains ou des exégètes, aucun n’est forcément croyant.

Sortie en 2001, éditée chez Bayard, cette bible apportera du rafraîchissement à la lecture habituelle. On redécouvre le texte dans un nouveau contexte, celui du XXIème siècle. Une deuxième édition voit le jour en octobre 2018. Il s’agit d’un format qui fait la moitié de la longueur de la première édition mais pourtant le contenu est le même. On regrette cependant la qualité du papier utilisé,  les pages sont extrêmement fines.

 

CLASSEMENT NALOT

L’échelle NALOT vise à classer les traductions de la bible de la plus littérale à la plus dynamique. Le travail consiste à prendre quarante expressions ou idiomes, typiquement hébraïques ou grecques et de savoir s’ils sont rendus au plus près du texte original. Pour le coup, la bible NEG occupe la 22ème place. Nous avons donc là un bon compromis.

 

 

Description

Quelles sont donc les améliorations et les remplacements qu’apporte la NEG ? La Nouvelle Édition de Genève se limite à quelques 2000 retouches ou corrections par rapport au texte de la 1910. Le changement le plus évident est probablement le remplacement des subjonctifs imparfaits et plus-que-parfaits, trop peu utilisé de nos jours, par des subjonctifs présents et passés. Mais alors, pourquoi opérer des changements ?  Ce n’est pas la doctrine chrétienne qui est mise en cause et transformée, c’est notre langage qui a évolué. Les mêmes mots n’ont plus la signification qu’ils avaient au début du siècle. Il s’agit d’exprimer la même vérité biblique dans le langage actuel, afin qu’elle soit bien comprise des lecteurs actuels.

Qui pourrait, sans hésitation, dire ce qu’est la longanimité, ou la bénignité ? Par exemple, un consommateur est quelqu’un qui achète des produits en vue de les consommer ; c’est pourquoi l’expression d’Hébreux 12.2 « Jésus, le chef et le consommateur de notre foi » (Segond 1910) est rendue dans la NEG « Jésus qui suscite la foi et la mène à la perfection ». Les lecteurs modernes peuvent ainsi à nouveau saisir la pensée originelle du texte sacré, qui, elle, n’a pas changé. A l’époque moderne, la traduction ancienne pouvait quant à elle au mieux ne pas être comprise, au pire induire une compréhension erronée

Exemples :

1975 : celui-ci t’écrasera la tête, et tu lui blesseras le talon (en hébreu, le sujet est masculin).
1979 : celle-ci t’écrasera la tête, et tu lui blesseras le talon

1975 : L’Éternel m’a possédée au commencement de ses voies
1979 : L’Éternel m’a acquise au commencement de ses voies

1975 : ayant les regards sur Jésus, le chef et le consommateur de la foi
1979 : ayant les regards sur Jésus, qui suscite la foi et la mène à la perfection

L’ordre des livres de la 1ère alliance suit l’ordre protestant classique, et ne contient donc aucun livre apocryphe.

Remarques

Ésaïe 7.14 : Segond 1910 traduisait l’hébreu almah par jeune fille ; NEG traduit par la vierge.
Proverbe 8.22 : Segond 1910 traduit : L’Éternel m’a créée la première de ses œuvres ;
NEG respecte le mot qanah par L’Éternel m’a acquise au commencement de ses voies.

Traduire l’Éternel m’a créée est tendancieux, car ce n’est pas le mot bara qui, en hébreux, veut dire créer (créer à partir de rien). Ce verset est un des plus fondamental dans la christologie pour appuyer l’existence éternelle du Fils. Dire qu’il a été créé revient à nier la divinité du Fils. Dans la liste du fruit de l’Esprit de Galates 5-22, le mot la bénignité de 1910 est rendu par bienveillance et le mot tempérance par maîtrise de soi.

1910 : Personne n’a jamais vu Dieu ; le Fils unique
NEG : Personne n’a jamais vu Dieu ; Dieu le Fils unique

 

1910 : Colossiens 3.12 : comme des élus de Dieu, saints et bien-aimés, revêtez-vous d’entrailles de miséricorde
NEG : Colossiens 3.12 : comme des élus de Dieu, saints et bien-aimés, revêtez-vous de sentiments de compassion