Les Protestantes
Parution 1744, 1877, 1881, 1996, 2018
Éditeur Mission baptiste Maranatha
Traduction Semi-littérale
Lecture Agréable
Public Tout public, étudiant
Confession Protestante
Source AT Texte massorétique
Source NT Texte majoritaire ou texte reçu
Deutérocanoniques Non
Ordre des livres Canon protestant
Unités poids et mesures Ancienne

Présentation

Jean-Frédéric Ostervald est né à Neufchâtel en 1663 et mort en avril 1747, à l’âge de 84 ans.
Brillant élève, il termine ses études classiques à 16 ans puis enchaine les cours de théologie et de philosophie en passant de Saumur, par Orléans et Paris.
Il sera consacré à Neufchâtel alors âgé de 19 ans. Il entre ainsi dans le ministère de la prédication. Au bout de neuf ans, on lui propose un poste de professeur en théologie, poste qu’il occupera en plus de son ministère. Toute sa vie durant, il se consacrera à la prédication (son passage préféré était Jean XX, 1-8). Il aurait prêché 221 fois sur ce passage.

J.F Ostervald fait partie de cette génération post-réforme qui suit la mouvance des défenseurs de la réforme.
Il la partagera avec un autre homme qui marquera lui aussi la traduction de la bible en français, un certain David Martin, mort en 1721.

Olivétan a été un illustre personnage du XVIème siècle. Il fut un détonateur dans la traduction de la bible en français dont tous les protestants de l’époque et ceux après lui sont reconnaissants. Il a laissé une base de travail qui servira à beaucoup, dont J.F Ostervald. Olivétan terminera sa traduction en 1535. Calvin l’utilisera pour la révision de ce qui deviendra la  Bible de Genève en 1560. Elle sera aussi révisée une seconde fois par le successeur de Calvin, Théodore de Bèze en 1588. David Martin l’utilisera lui aussi comme base de travail à sa traduction de 1744.
Ostervald a de même bénéficié du génie d’Olivétan et du travail entrepris par David Martin.

La version d’Ostervald est en fait une révision de la traduction de David Martin, fondée elle-même sur le travail d’Olivétan. La grande majorité des corrections ne porte cependant pas sur la fiabilité du texte original ou sur le fait de restituer le sens de l’original, mais plutôt de moderniser le style. J.F. Ostervald a surtout pratiqué des corrections de langue, certains mots étant devenus archaïques : comme par exemple « bailler » qui signifiait « donner » au XVIIe siècle.

Sur une de ses bibles datée de 1724, une bible de Genève (révision de la bible Olivétan par Calvin 1562) qui est conservée précieusement à la bibliothèque des pasteurs de Neufchâtel, on y voit des ratures, des corrections, des surcharges et on peut dire que pendant vingt ans, une traduction était en germe chez lui. Il faut dire que le texte d’Olivétan était dans un français d’époque et qu’au moment où Ostervald la révisa, certaines expressions et mots étaient déjà désuets. (ex du Ps 23, en 1724 : Eaux coies, en 1744 : Eaux tranquilles.)

Dans l’édition de 1744, il est mentionné dans la  première page, en dessous du titre, les mentions suivantes : La Sainte Bible – revue et corrigée sur le texte hébreu et grec par les Pasteurs et les Professeurs  de l’église de Genève avec les arguments et les réflexions de sur les chapitres de l’Écriture Sainte et des notes de J.F Ostervald-1744.

Depuis, diverses révisions du texte d’Olivétan de la Bible Ostervald virent le jour. Une révision fut faite à Lausanne en 1822, une autre par la Société Biblique de Paris en 1824, une seconde révision par la Société Biblique de Lausanne en 1836. Matter en fit une révision à Londres en 1849 qui fut publiée par la Société Biblique Américaine en 1854. La Société Biblique de France entreprit, en 1868, la révision de l’Ancien Testament. Cette révision, œuvre de cinq réviseurs, parut en 1881. A cet Ancien Testament révisé fut joint le Nouveau Testament de Charles Frossard de 1869, mais cette traduction supporte le Texte Alexandrin minoritaire particulièrement dans Luc 2:22.
Malgré ce fait, cette révision eut un très grands succès commercial. Mais pour offrir une révision de la Ostervald basée uniquement sur le Textus Receptus, contrairement à la révision d’Ostervald de Charles Frossard qui supporte le Texte Alexandrin minoritaire, il faudra attendre Messieurs Bonnet et Baup qui, en 1875, en firent eux-mêmes une révision basée sur le Textus Receptus.

Bonnet et Saup firent une seconde révision de la Ostervald (vastement supérieure dans sa précision et sa fidélité au Textus Receptus), révision publiée par la Société Biblique Britannique et Étrangère en 1885, pour les mêmes raisons qu’en 1875 car la révision de l’Ancien Testament entreprise en 1881 par la Société Biblique de France, remettait à jour la version de Charles Frossard de 1869 supportant le Texte Alexandrin minoritaire. Cette version de 1885 de la Société Biblique Britannique et Étrangère ne fut publiée qu’une seule année; et c’est la dernière révision de la Ostervald basée uniquement sur le Textus Receptus. Elle demeure une des traductions d’Ostervald la plus fidèle et la plus précise par rapport au Textus Receptus (Textus Receptus révisé en 1588 par Théodore de Bèze).

 

 

Entre 1744 et 1899, la révision d’Ostervald a été rééditée plus d’une quarantaine de fois, ce qui manifeste bien l’intérêt qu’avaient les protestants au XVIIème.

La Bible d’Ostervald a légèrement été révisée en 1996  pour changer quelques mots de vocabulaire qui avaient vieillis depuis le XVIIIe siècle.
En 1996, ce sont 3000 exemplaires qui ont été imprimés.
En 1999 : 11 000 exemplaires
En 2002 : 16 000 exemplaires
En 2008 : 25 000 exemplaires

Voici la préface de l’édition de 1996 :

PRÉFACE DE L’ÉDITION DE 1996
DE LA TRADUCTION DE LA BIBLE REVUE PAR J. F. OSTERVALD

A travers des siècles, depuis 1535 (date de la publication de la Bible d’Olivétan), la francophonie possédait une Bible fidèle. Cette Bible traditionnelle est la représentation juste de ce que nos frères ont utilisé à travers les âges. Elle est issue du Texte Reçu, qui est la préservation fidèle des textes originaux et conforme à l’immense majorité des manuscrits qui existent. Il faut rappeler qu’à sa publication en 1535, la Bible 0livétan a été la Bible des Vaudois (chrétiens évangéliques des Alpes), ainsi que des réformateurs Calvin, Farel et Théodore de Bèze. Elle a eu pour fruit des conversions en grand nombre, ainsi qu’un esprit de sacrifice et de réveil. En 1560, elle est appelée Bible de Genève. Jusqu’au début du 20ème siècle, elle se perpétue par les révisions d’Ostervald. Pendant tout ce temps, rien n’a été enlevé à la Bible. Il convient donc de préférer la Bible traditionnelle car elle est l’héritière des textes utilisés par Dieu au fil des siècles, ceux qui sont les véhicules de sa bénédiction dans les plus grands réveils de la foi.
Cet ouvrage est une mise à jour de l’édition de 1886, d’une révision de la Bible d’Ostervald publiée pour la première fois en 1881, dont nous reproduisons ci-dessous la préface :

 

PRÉFACE DE LA PREMIÈRE ÉDITION

LA SOCIÉTÉ BIBLIQUE DE FRANCE Aux Pasteurs, Anciens et Membres des Églises protestantes françaises. Paris, juillet 1881

Nous possédons, dans la traduction de la Bible, revue par J. F. Ostervald, une version dont les origines se confondent avec celles mêmes de la Réformation, et l’histoire avec celles de nos églises françaises. Sa langue a été jusqu’à ce jour celle de tous nos sermonnaires, théologiens, controversistes et catéchistes. Ses citations remplissent depuis trois siècles tous les ouvrages protestants. Plusieurs fois revue et corrigée, d’Olivétan à Ostervald, elle s’est acquise, sous ce dernier nom, une faveur sans égale et a pris sa place dans tous nos temples, tous nos foyers, dans toutes les mémoires, et n’a cessé, dès lors, d’être à la fois la plus offerte et la plus demandée, même à cette heure et depuis la diffusion des traductions nouvelles à bas prix. C’est en fait, notre véritable et seule version ecclésiastique et populaire.

Il nous a semblé, après beaucoup d’autres, qu’il y avait là, dans ce passé considérable, dans ces longs et pieux services, dans ce ferme attachement des fidèles, non seulement des titres imposants, mais une puissance dont il serait aussi injuste qu’imprudent de ne pas tenir compte. Il nous a semblé qu’une version aussi profondément entrée dans nos mœurs et dans notre confiance, présentait un terrain solide pour des progrès immédiats et facilement acceptables par tous.

Notre but a donc été simplement de renouer le fil trop longtemps rompu des Révisions successives qui ont mis, siècle après siècle, cette antique version en état de suffire à sa tâche, et faute desquelles elle nous apparaît maintenant, ça et là, vieillie, incorrecte et parfois à peine intelligible. Nous nous sommes proposés, d’après la méthode qui a toujours prévalu chez nos pères et que l’Angleterre, I’Amérique et l’Allemagne appliquent également à leurs propres versions, de la maintenir au niveau des progrès de la science et des modifications du langage. Heureux si nous pouvons par là conserver à nos églises le précieux avantage d’une version qui, au-dessus ou à côté des préférences individuelles, toujours respectables, soit et demeure la Bible de la grande famille évangélique française ; en qui l’Église se reconnaisse en quelque sorte elle-même ; qu’elle retrouve dans toutes ses chaires ; à laquelle elle renvoie avec sécurité l’incroyant, le prosélyte, le faible dans la foi ; version mesurée et sûre ; expression, non de la science qui se fait, mais, autant que possible, de la science faite, dans ses résultats avérés ; non des probabilités savantes de demain, mais des certitudes éprouvées d’aujourd’hui ; version qui sauvegarde enfin, dans la patrie religieuse, la communauté d’une même langue pour une même foi.

C’est dans cette pensée que nous nous sommes mis à l’ouvrage.
La Révision, que nous offrons enfin complète au public, est due à une double initiative.
Le Nouveau Testament, déjà favorablement connu depuis une dizaine d’années, est l’œuvre particulière de M. le pasteur Ch. L. Frossard.

L’Ancien Testament, entrepris sous les auspices de notre Société, est l’œuvre collective de théologiens et de pasteurs, la plupart désignés d’avance, par leur notoriété spéciale, pour une semblable tâche. Ce sont MM. Ch. Bois, professeur de théologie ; P. Bornand, pasteur ; Ch. Bruston, professeur de théologie ; Ch. Byse, pasteur ; P. Chapuis, D. Coussirat, professeurs de théologie ; L. Favez, Ch. L. Frossard, feu H. Kruger, Ch. Lauter, E. Le Savoureux, E. Monnier, W. Monod, pasteurs.

Nous livrons aujourd’hui ces travaux à l’impartiale appréciation de nos frères. Nous attendons de leur part d’utiles observations, et nous saurons en tirer profit.— ne souhaitant d’ailleurs qu’une chose : c’est que par la faveur de Dieu, cette œuvre contribue en quelque mesure à maintenir toujours plus pure et bienfaisante, sur le chandelier de notre Église, la lumière divine qui doit éclairer la maison tout entière.

LE COMITÉ.

Notre but, dans cette édition, n’est pas différent de celui des pasteurs et professeurs qui nous ont précédés. Leur souci reste le nôtre : qu’une Bible fidèle soit dans les mains de nos fidèles pour apprendre de Celui qui est toujours fidèle.

En ce qui concerne les modifications apportées, nous avons éliminé les chiffres romains et changé la formule du texte à celle du découpage en versets. Les notes et renvois de la Bible de 1886 sont rassemblés à la fin dans une liste selon la référence biblique, les renvois étant notés par un astérisque dans le texte. Quelques transformations orthographiques ou grammaticales ont été effectuées et quelques mots désuets ont été améliorés pour une meilleure compréhension. Ces modifications ne sont pas notées par des renvois. D’autre part, quelques altérations ont été portées au texte de 1886 pour raison de fidélité au Texte Reçu. Ces modifications sont notées par des renvois où figurent les mots exacts de la révision de 1886. Une autre transformation est à noter : le mot antichrist remplace antechrist de la révision de 1886. Antichrist est la traduction fidèle du mot grec antichristos, qui signifie contre le ou l’opposant du Christ.

Nous ne pouvons que répéter ce que nos prédécesseurs ont souhaité il y a maintenant plus d’un siècle. Nous aussi, nous voulons que par la faveur de Dieu, cette œuvre contribue en quelque mesure à maintenir toujours plus pure et bienfaisante, sur le chandelier de nos Églises, « la lumière divine qui doit éclairer la maison tout entière. » AMEN !

 

Nouveauté 2018

En 2018, une nouvelle révision voit le jour, éditée par l’église Biblique Baptiste Métropolitaine Sud, sous la direction du pasteur Mario MONETTE.
La Bible Ostervald 2018 est une révision en profondeur de tout le Nouveau testament ainsi que du livre des Proverbes et de plusieurs autres passages problématiques de la première alliance.

Propos recueillis dans la préface de la révision 2018 :

LA SAINTE BIBLE L’ANCIEN ET LE NOUVEAU TESTAMENT VERSION DE J. FR. OSTERVALD – RÉVISION 2018 Traduite d’après les textes originaux et diligemment comparée aux traductions antérieures de la langue française. Révision pilotée par Pasteur Mario MONETTE, avec l’aide de plusieurs collaborateurs.

« Le but de cette nouvelle révision était de revenir à l’authenticité du Texte Reçu, afin de redonner à la francophonie et aux étudiants de la Parole de Dieu la confiance d’un texte inaltéré et précis. La vérification s’est faite par une comparaison rigoureuse avec la Bible Authorized King James, qui demeure la version la plus authentique et la plus exacte de toutes les traductions de notre ère, ainsi que des textes hébreux, araméens et grecs. Chaque fois que nous constations une différence dans ces textes, nous procédions à une vérification minutieuse, en nous assurant d’avoir une définition identique des mots dans les quatre langues. Nous savions pertinemment que lorsqu’un mot est changé, le sens et la portée des paroles divines inspirées de Dieu le sont aussi ». Mario Monette.

Après avoir discuté de méthodologie, nous avons décidé d’utiliser la version autorisée de la Bible du King James en parallèle avec la Bible Ostervald de 1744. Après un examen exhaustif, verset par verset des deux textes, nous avons identifié et listé toutes les différences. En utilisant le Texte Reçu grec de Scrivener et le texte massorétique hébreu, nous avons validé notre compréhension du texte original. Une comparaison consciencieuse a ensuite été faite entre le Dictionnaire Anglais Noah Webster 1828 et le Dictionnaire Robert Historique de la Langue Française afin de s’assurer que les mots signifiaient la même chose dans les deux langues et en accord avec le texte grec.

Un autre défi, apporté par ce travail, a été de maintenir l’intégrité de la langue française, puisqu’une traduction littérale n’est pas toujours possible. Par exemple, en anglais, on dirait: « J’ai une grenouille dans la gorge ». Tandis qu’en français la même expression serait phrasée comme suit: « J’ai un chat dans la gorge ». Trouvez l’erreur!

Certains avaient même essayé de faire une « Bible King James en Français » en traduisant la Bible King James littéralement. Procéder ainsi peut, tel que nous venons de l’illustrer, changer le sens propre et l’intégrité de la signification du texte. C’est pourquoi nous n’appelons pas notre ouvrage une traduction mais bien plutôt une révision approfondie.

 

Description

La spécificité de la traduction d’Ostervald tout comme celle de David Martin ou la King James, est le choix de l’utilisation des textes majoritaires pour le Nouveau Testament.

Pour le Nouveau testament, la traduction d’Ostervald  se base sur le Textus Receptus appelé le texte reçu ou texte majoritaire.
Ce texte fait partie de la famille des manuscrits byzantins, leurs origines provenant de Byzance.
La plupart des versions modernes utilisent comme support les manuscrits alexandrins appelés aussi texte minoritaire.
Par exemple, toutes les bibles n’ont pas le verset d’Actes 8.37, ni le verset complet de 1 Jean 5.7;  c’est un moyen de savoir si votre Nouveau Testament est basé sur le texte reçu.
A savoir que pour la première alliance, Olivétan a utilisé le texte hébreu massorétique de Ben Chayyim.

En comparant, par exemple, la Bible Ostervald avec la Louis Segond, nous trouvons 367 omissions et 99 différences dans le Nouveau Testament seulement. Cela comprend:

  • 3 versets entiers manquants
  • 134 portions importantes de versets omises
  • 135 omissions des noms de notre Seigneur Dieu
  • 95 omissions diverses qui  peuvent altérer le sens du texte
  • 99 différences de traductions qui pourraient affecter la compréhension

 

Remarques

 Le tétragramme est rendu par l’Éternel.

Genèse 17.1 : Je suis le Dieu fort, tout-puissant

Genèse 38.21 : Juda apprend que sa belle-fille Tamar est enceinte, ignorant encore que c’est de lui.
Il l’a fait appelée : Où est cette femme de mauvaise vie (1877), où est cette courtisane (1996).

 

Esaïe 50.4
1877 : Le Seigneur l’Éternel m’a donné une langue savante, pour savoir parler à propos à celui qui est abattu;
il m’excite à l’attention tous les matins; il me touche l’oreille, afin que j’écoute, comme on écoute les maîtres.

1996 : Le Seigneur l’Éternel m’a donné une langue exercée, pour soutenir par la parole celui qui est abattu ;
il éveille, chaque matin, il éveille mon oreille pour écouter, comme écoutent les disciples

 

Jean 8.58
1877 : Jésus leur dit : En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu’Abraham fût, j’étais.

1996 : Jésus leur dit : En vérité, en vérité je vous le dis : Avant qu’Abraham fût, je suis.

 

Actes 3.19 :
1877 : Amendez-vous donc et vous convertissez

1996 : Repentez-vous donc et vous convertissez

 

Actes 28.11
1877 : et qui portait pour enseigne Castor et Pollux

1996 : et qui portait pour enseigne les Dioscures

 

Apocalypse 1.10
1877 : Et je fus ravi en esprit, un jour de dimanche

1996 : Je fus ravi en esprit, le jour du Seigneur

 

La bénignité devient la douceur, les enchantements par les empoisonnements.

 

 

 

Pour consulter cette révision de 1885 : https://www.docdroid.net/zu4BIC9/ostervald-1885-fac-simile.pdf#page=3

 

LA SAINTE BIBLE – Version Ostervald révisée 1996