Les Protestantes
Parution 1555, 2005
Éditeur Bayard
Traduction Equivalence dynamique
Lecture Difficile
Confession Protestante
Deutérocanoniques Oui
Unités poids et mesures Ancienne

Présentation

Sébastien Castellion est connu pour avoir été un théologien protestant humaniste et un traducteur de la bible.
Il est né en 1515 dans la région du Bugey, il étudia le latin, le grec et l’hébreu à Lyon.
Il rencontre Jean Calvin à Strasbourg en 1540 et se liera d’amitié avec lui, mais un court temps.
Il occupera à Genève le poste de directeur du collège de Rives entre 1542 et 1544, il y prêchera et y enseignera. A se côtoyer de près, les deux hommes commencent à avoir des idées qui diffèrent.

Le supplice au bûcher de Michel Servet, sans que Calvin s’y oppose le 27 octobre 1553 à Genève sera pour lui inacceptable. Ce n’était effectivement plus le « grand amour » entre Calvin et Castellion, mais la guerre. Pour lui, «tuer un homme, ce n’est pas défendre une doctrine, c’est tuer un homme». Une formule qui est restée célèbre. Pour rappel, Michel Servet croyait au Père, au Fils et au Saint Esprit, c’est-à-dire à la trinité, mais il l’interprétait d’une autre façon ». Dans son Sept livres sur les erreurs de la Trinité,  M. Servet écrit : « Je concède une personne du Père, une personne du Fils, une personne de l’Esprit Saint ; et je reconnais le Père, le Fils et l’Esprit saint en une déité unique. Voilà ce qu’est la véritable trinité, mais je préférerais ne pas utiliser ce mot étranger aux Saintes Écritures … ». Il reproche à Calvin sa conception de la trinité la comparant à Cerbère, le chien des enfers à trois têtes.

Très vite, ses conceptions théologiques s’opposent à ceux de Calvin. Alors qu’il termine une traduction du Nouveau Testament, Calvin refuse que son travail soit diffusé. Il est alors chassé de Genève et se refugie à Bâle où il s’y installera jusqu’à sa mort le 29 décembre 1563, alors âgé de 48 ans. C’est à Bâle qu’il publie en 1551 la Biblia Sacra, traduction latine, fruit de 10 ans de travail, puis en 1555 la Bible en français. Peu avant sa mort, il réédite le célèbre ouvrage de Thomas a Kempis –l’imitation de Jésus-Christ, ouvrage de piété chrétienne le plus imprimé après la bible.

Au sujet de sa traduction, Castellion a élaboré deux traductions de la Bible, toutes deux établies à partir des manuscrits hébreux et grecs.
-La première en latin, destinée à des lettrés, et sera publiée en 1551.
-La seconde est davantage destinée aux « idiots » (terme du XVIe qui désignaient ceux qui ne sont pas instruits), traduite en français et parue en 1555.

HISTORIQUE

1551 : La Biblia sacra, traduction latine de la bible
1555 : La Bible – Nouvellement translatée
1572 : Le Nouveau Testament bilingue latin-français
2005 : Nouvelle édition de la Bible nouvellement translatée par Sébastien Castellion 1555

En 2005, à l’occasion de son 450ème anniversaire, les éditions Bayard ont décidé de la rééditer sous le titre de La Bible nouvellement translatée par Sébastien Castellion (1555).
L’ouvrage comprend 2974 pages, la préface et l’introduction sont signés Jacques Roubaud et Pierre Gibert, les notes et les commentaires de Marie-Christine Gomez-Géraud, assistée de Laure Mistral.

Repris de la préface : « Le but essentiel de Castellion était de fournir à ses lecteurs une traduction du texte biblique aussi directe que possible dans son expression. Il parle dans une langue qui fait appel à toutes les ressources mises à sa disposition par son activité d’humaniste, de pédagogue, de lecteur, de polémiste. Elle est constamment imagée, vivante, concrète et garde aujourd’hui encore un extraordinaire pouvoir de suggestion. La Bible française de Castellion est une des plus belles traductions de la Bible, un chef d’œuvre de la littérature française. » Jacques Roubaud

Description

Sont inclus au canon des écritures les livres apocryphes. Il trouve intéressant d’insérer après les livres de l’Ancien Testament des extraits des «Antiquités judaïques» de Flavius Josèphe, afin d’apporter un éclairage au lecteur.

La traduction française que propose Castellion est innovante pour l’époque, elle rassemblerait à la Parole vivante et la Français courante. Son but étant de rendre le texte compréhensible aux gens simples.

Il n’hésite pas à utiliser la langue populaire, et pourquoi pas inventer certains mots pour rendre son texte accessible . le mot holocauste devint brulage, petits-enfants devient enfantons. Il vise la langue courante, celle qui est banale de son temps, voir vulgaire, celle des artisans et des paysans.

Castellion démystifie, désacralise les écrits saints, il les remet en place, ôte les termes jugés trop religieux, en les amenant à un langage du quotidien.

Remarques

Castellion propose une transcription audacieuse et cependant contestable du tétragramme le rendant par Jova.

Jésus dit : « en vérité en vérité, je vous le dis », il le rend par : « je vous l’assure ».
Au lieu de « évitez les vaines redites », il écrit : « ne jasez pas trop ».

Genèse 1.1 : Premièrement, Dieu créa le ciel et la terre.
Et comme la terre était néante et lourde,
et ténèbres par dessus l’abîme et que l’Esprit de Dieu
se balançait par dessus les eaux,
Dieu dit : Lumière soit. Et Lumière fut.

Ecclésiaste 1.2 : « Tout ne vaut rien, dit le prêcheur, tout ne vaut rien, rien du tout »

2 Samuel 19 : Si fut la victoire de ce jour-là tournée en deuil à tout le peuple.
Car, quand toute la gendarmerie entendit que le roi était dolent de son fils, ils entrèrent en ce jour-là en la ville à la dérobée, comme se dérobent gens qui ont honte quand ils ont été mis en fuite en bataille. … le roi pleurait et menait deuil d’Absalom … et criait à haute voix : Mon fils Absalom ! Absalom mon fils ! Dont Joab lui dit : Tu fais aujourd’hui honte à tous les gens qui ont aujourd’hui sauvé la vie de toi, et de tes fils et filles, et de tes femmes et arrière-femmes, quand tu aimes ceux qui te haient et hais ceux qui t’aiment.
Car tu montres bien à cette fois que tu ne tiens compte ni de capitaines ni de soudards, car je suis assuré une fois que, si Absalom vivait et que nous fussions tous morts, tu en serais bien aise. … Adonc le roi se leva et s’assit à la porte.
Et quand tout le monde fut averti que le roi était assis à la porte, chacun se vient présenter à lui.