28 novembre 2025
Alexandre Nanot

Qu’est-ce que la Pornèia dans le Nouveau Testament ?

Pornèia est un mot grec complexe et difficile à traduire, surtout quand on veut tenir compte du contexte où il est employé. Que ce soit le mot la pornèia qui englobe toute forme de sexualité condamnée dans la Bible, que ce soit toute personne qui pratique l’acte, d’une manière active ou passive ou qui s’adonne à la pornèia, au féminin pornée (généralement traduit par la prostituée Mt 21.31 ; 1 Cor 6.15 ; Jc 2.25 ou Ap 17.1), ou au masculin pornos (1 Cor 5.9-11 ; Éph 5.5 ; Hb 12.16 ; Ap 22.15). Bref, pornèia et ses dérivés se trouvent pas moins de 56 fois dans le NT.

Prenons le cas de Matthieu 5.32 : Moi, cependant je vous dis : Quiconque divorce d’avec sa femme, sauf en cas de pornéia, l’expose à devenir adultère, et qui se marie avec une femme divorcée est adultère. (NTB)

Les traductions diffèrent quant aux choix de rendre le mot grec Pornèia. Voici ce qu’on peut trouver :
Osty : excepté pour cause de fornication
Rilliet : sauf pour cause d’impudicité
S21 : sauf pour cause d’infidélité
Pléiade : sauf cas de prostitution
Martin : si ce n’est pour cause de paillardise
Kuetu : excepté pour cause de relation sexuelle illicite
Maredsous : sauf en cas d’union irrégulière

Semeur : sauf en cas d’immoralité sexuelle

NFC : sauf en cas de débauche

Chouraqui :  sauf à propos de sexe

En fait, toutes ces traductions sont bonnes, mais chacune n’exprime qu’un aspect de ce qu’est la pornèia, car la pornèia ce sont toutes ces choses.


Dans certains passages, j’ai opté pour traduire πόρνος – pornos, c’est à -dire celui qui s’adonne à la pornèia par débauchés. On définit un débauché comme quelqu’un qui est  moralement débridée, dépravée sur le plan moral, mais surtout sexuel et qui s’adonne à quelque forme de sexualité non conforme à l’enseignement biblique.

1 Corinthiens 5. 9 Je vous ai écrit dans une lettre de ne pas entretenir de relation avec les débauchés (πόρνοις-pornoïs),

10 non d’une manière absolue envers les débauchés de ce monde, ou envers les cupides, les ravisseurs, les idolâtres, autrement il vous faudrait sortir du monde.

La pornéia, c’est d’abord celui qui mange, voir qui dévore pour son propre compte, là où l’amour- agapé est un amour pur qui se donne sans attendre en retour, c’est l’amour don de soi. Ce sont deux extrêmes opposés. La pornéia a la caractéristique d’être bestial ; elle laisse s’exprimer, parfois sans limite, ce côté animal qui est dans la nature humaine. 

La liste des pratiques liée à la pornéia comprend toutes formes de rapports sexuels illicites ou de sexualité débridée :
La fornication : désigne les relations sexuelles avant le mariage.
L’adultère : désigne les relations sexuelles en dehors du cadre du mariage.
La prostitution : désigne les relations sexuelles contre paiement ou avantage.
L’inceste : désigne les relations sexuelles entre membres d’une même famille.
L’homosexualité : désigne les relations sexuelles entre personnes du même sexe.
La bestialité ou zoophilie : désigne les relations sexuelles avec des animaux.
Le viol : des relations sexuelles forcées avec une personne non consentante.
Les pensées et désirs impurs : Mt 5.28

La masturbation : le fait de se provoquer une excitation sexuelle jusqu’à l’orgasme.
La pédophilie : désigne le fait d’avoir des relations sexuelles avec des enfants.
Le libertinage : désigne une manière de vivre sans aucune retenue morale et sexuelle.
Et l’on peut ajouter à tout cela, la consommation de la pornographie, la sodomie, le sado-masochisme, l’exhibitionnisme et toute autre forme de déviance sexuelle et de perversion.

Vous voyez donc que la pornèia ne peut être traduit pas un seul mot français, c’est un mot très vaste. Même l’emploi aujourd’hui du mot pornographie n’est qu’un aspect de la pornèia. La pornographie, c’est de la pornèia via un support : un livre, via des vidéos, en audio. En bref, la pornographie est un des aspects de la pornèia.

Revenons au propos de Jésus. Il nous dit que celui qui divorce d’avec sa femme, sauf en cas de pornèia !!! … Vous comprendrez à présent qu’on ne peut pas exclusivement dire que le cas d’adultère est la seule clause pour demander le divorce. Beaucoup d’hommes sont enclins à diverses formes de pornèia et on envisagerait difficilement une femme (voire dans certains cas plus rare, un homme) devoir rester avec son mari uniquement parce qu’il n’a pas commis l’adultère, alors qu’il a probablement commis d’autre forme de pornèia

Pour en savoir plus sur la sainteté conjugale : https://www.bibliorama.org/exode-25-18-les-deux-cherubins-ou-la-saintete-de-lunion-conjugale/

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