Entretien entre Bibliorama et Capitaine Jonas (06/09/2026)
10 questions au Capitaine Jonas
Capitaine, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
Amoureux de la Parole de Dieu depuis mon enfance, j’ai découvert au cours de ma vie sa puissance, sa force et son exigence. Je suis passé par trois phases. J’ai d’abord pensé que la Bible était une sorte de roman et qu’il fallait la lire comme tel. Puis, à 18 ans, j’ai pensé qu’il fallait chercher à la comprendre et pour cela l’étudier (culture, traductions, interprétations…). Enfin, à 26 ans, j’ai découvert la tradition orale de la Bible et j’ai compris l’importance de la méditation profonde de la Parole : la Bible n’est pas seulement une histoire, pas seulement un texte à comprendre, mais également une parole vivante qu’il faut vivre. Aujourd’hui, à 48 ans, je continue d’approfondir cette ligne de vie : la Bible est un moyen pour moi de guider ma vie et de me réformer intérieurement constamment. Elle me surprend toujours. Même des passages que j’ai lus de nombreuses fois continuent de s’éclairer de manière nouvelle et c’est un émerveillement !
Parlez-nous des origines de votre projet Bible & Vin
Depuis environ 15 ans, j’ai approfondi ma connaissance de ce qu’on nomme « l’Ancien Testament » et je me suis rendu compte d’un grand manque pédagogique à cet égard pour ceux qui veulent entrer dans la Tradition du peuple d’Israël. J’ai réfléchi longuement et mûri plusieurs projets pour aider ceux qui veulent se repérer dans cette forêt de livres. L’un de ces projets est « Bible & Vin », un atelier de 3 heures pour découvrir la Bible de manière originale. J’ai choisi le titre « Bible & Vin » car ma préoccupation était de permettre à tous de « mettre les mains dans le cambouis » et de se réjouir de la beauté de la mécanique biblique. J’ai conçu cet atelier pour tous, sans faire de compromis sur la profondeur et le sérieux des textes.
Pourquoi la thématique du vin ?
Nous sommes en France. La France est un pays qui a perdu beaucoup de ses traditions depuis la Révolution, mais certaines sont toujours là, notamment les traditions culinaires et agricoles. Le vin français est un produit mondialement connu. « Le vin réjouit le cœur de l’homme » dit le psaume 104. Dès qu’on parle du vin, on parle « convivialité », joie de la rencontre. Je désire que cette joie humaine soit au service de la Parole de Dieu.
Quand on parle du vin, on parle nécessairement de vigne, de vigneron et de terroir. Cela oblige à regarder toute la chaîne. Suivant la qualité du vin, on pourra alors faire l’éloge du vigneron et parler des qualités de son terroir. Il en est de même des textes bibliques. Chaque livre nous offre une « cuvée » nouvelle. Il y a beaucoup de serviteurs à la Vigne de Dieu, mais c’est le même Vigneron et c’est la même Terre sainte.
Ce thème du vin est-il important dans le corpus biblique ?
Énormément ! J’ai été très surpris par mes recherches. J’ai suivi mon intuition qu’il y avait quelque chose de fort derrière cette thématique, mais je suis allé de surprises en surprises. Tout d’abord, on se rend compte que tous les livres de l’Ancien Testament parlent du vin ; absolument tous abordent à un moment ou à un autre le thème du vin, de la vigne, ou des vignerons. Cela commence dès le chapitre 6 de la Genèse avec Noé, qui, une fois sauvé avec sa famille, ne trouve rien d’autre à faire, dès qu’il est sorti de son arche, que de planter une vigne et de boire ! Le vin serait-il un signe du salut ?
Et cela traverse toute l’histoire du Salut, bien évidemment avec Jésus qui ne trouve pas mieux, pour son premier miracle, de transformer l’eau de purification en vin des noces, puis comme geste testament de donner le vin comme signe de sa vie elle-même : son sang.
Le lien vin et sang est bien connu, mais y a t-il d’autres passages ?
C’est ce que les participants exploreront lors de l’atelier Bible & Vin. En effet, on découvre qu’il y a toujours un lien entre le vin et le sang, et cela dès le début. Pour revenir à Noé, on découvre qu’avant de planter sa vigne et d’en tirer le vin, il fait d’abord couler le sang des animaux purs qu’il avait réservés pour l’offrande à Dieu et Dieu va justement insister sur le fait qu’il ne faut pas boire le sang des animaux ni verser celui des hommes. On va trouver un lien constant dans les grandes périodes bibliques entre d’une part le sang qui est versé à cause du péché des hommes (violences, persécutions, guerres), le chemin de guérison proposé par Dieu, se manifestant par des événements surnaturels (miracles), la réponse de l’homme par une obéissance rituelle (sacrifices, obéissance aux commandements), et le don de la joie en Dieu symbolisé par le vin. Ces quatre thématiques (violences, miracles, sang des sacrifices, fruit de la vigne) sont explorées en détail pendant l’atelier.
Quelle forme concrète prend cet atelier ?
C’est un atelier coopératif. Les gens qui viennent travaillent ensemble. Je fournis le fil rouge et le matériel pédagogique, et chacun travaille en équipe de 5 ou 6 personnes. Le principe consiste à reconstituer un grand puzzle, une sorte de grande fresque biblique autour des quatre thématiques que nous avons évoquées. Les participants doivent se mettre d’accord entre eux pour poser correctement les cartes qui leur sont données. Mais ce n’est pas tout. Le jeu se déroule en 6 tours, et à chaque tour un participant sera soumis à une épreuve rituelle. Cette épreuve a une visée pédagogique qui permettra à chacun de visualiser et mémoriser les grandes étapes de la tradition juive et chrétienne. J’ai créé à cette occasion un système mnémotechnique visuel permettant de se repérer dans le temps biblique.
Pendant l’atelier, plusieurs jeux, énigmes et devinettes mettront les équipes à l’épreuve. Un jeu « Dans la Bible ou pas dans la Bible ? » où il faut deviner si la citation est biblique ou pas, un jeu « Qui est-ce ? », où il faut trouver de quel personnage on parle et un jeu d’éloquence où deux joueurs vont s’affronter, armés de versets bibliques : l’un devra prouver que le vin est un fléau et l’autre que c’est un don de Dieu ! De beaux et vigoureux échanges en perspective !
L’atelier est-il accompagné d’une dégustation de vin ?
Absolument. On ne saurait parler de la Bible sans en citer des versets, et on ne saurait parler du vin sans le goûter ! Pendant le cours de l’atelier, plusieurs vins sont servis et l’on prend le temps de les présenter. Il s’agit de les déguster. Déguster, ce n’est pas se saouler. C’est prendre le temps de s’alimenter autrement. Quand on déguste, on met ses sens en alerte, on prend le temps… de regarder, de sentir, de goûter. On s’interroge, on contemple. Ce qu’on fait avec son verre de vin, on est appelé à le faire aussi pour les versets bibliques découverts : prendre le temps de les « déguster », c’est-à-dire les recevoir autrement qu’à l’habitude.
Bien sûr, cette dégustation est accompagnée d’un apéritif : j’apporte de quoi grignoter pour ne pas boire d’alcool le ventre vide. D’ailleurs, on peut participer à l’atelier sans boire d’alcool. D’autres breuvages sont aussi proposés.
A qui s’adresse cet atelier ?
L’atelier est ouvert à tous. Que l’on soit chrétien, juif, musulman, athée, que l’on soit de tradition catholique, protestante, orthodoxe ou sans dénomination, cela n’a pas d’importance. Cet atelier n’est pas un atelier « religieux » ou « confessionnel ». Bien sûr, on va parler de la Bible, donc, on va parler de religion au niveau culturel et social. Mais il n’y a ni chant, ni prière pendant l’atelier. J’y tiens beaucoup, car la Bible doit retrouver son statut de patrimoine mondial de l’humanité, tel que déclaré par l’Unesco. Moi-même, j’ai grandi dans une tradition chrétienne catholique et j’ai épousé une femme de tradition protestante. Je connais donc très bien les forces et les faiblesses de chaque tradition et je refuse de juger sur l’étiquette. Il y a du bon partout et mon travail est d’encourager chacun à faire un pas qui l’élève. Cet atelier doit permettre à tous de porter un regard nouveau sur la Bible.
Pour celui qui connaît déjà, je vais l’inviter à « faire un détour », c’est-à-dire regarder les textes d’une manière nouvelle, sous un angle différent. Pour celui qui découvre tout, je lui donne des clefs simples et pratiques pour qu’il puisse se repérer facilement et ne pas rester sur une vision rigide ou fermée de la Bible.
Lors de la première tenue de l’atelier, un ami chrétien avait invité un ami athée. Celui-ci m’a dit en arrivant : « Que les choses soient claires, lui il vient pour la Bible, et moi pour le vin ! » Quelle n’a pas été ma joie de l’entendre me dire à la fin de l’atelier : « Grâce à vous, j’ai porté un regard nouveau sur la Bible, et moi qui suis un athée endurci, je pense que Spinoza aurait apprécié cet atelier ! »
Quelles sont les modalités si l’on veut commander un atelier ?
L’atelier a un coût qui va varier en fonction du nombre de participants. Il faut aussi prendre en charge mon déplacement. Le plus simple est de demander un devis. Ce qui compte c’est de trouver suffisamment de monde pour que l’organisation de la soirée vaille le coup. Un groupe entre 12 et 18 personnes est très bien. On peut aussi prévoir plusieurs soirées à la suite. D’ailleurs, cet atelier peut très bien avoir lieu en journée. Une formule peut être en fin de matinée ou encore en fin d’après-midi et on termine par l’apéro ; cela permet de ne pas se coucher tard et d’apprécier l’expérience même si on n’a pas l’habitude de se coucher tard.
Ne pensez pas qu’aux groupes de paroisses ou d’églises, mais soyez audacieux : un groupe de « team building » pour une association, un groupe de jeunes adultes, un mariage… Bible & Vin est un moyen de mettre une touche de spiritualité et de profondeur dans un moment convivial. Je peux témoigner des échanges profonds et authentiques qui se produisent lors de ces ateliers.
Pourquoi ce pseudonyme ?
Pour encourager chacun à ne pas rester en surface, car « Jonas » et « surface », ça rime ! Alors allons, moussaillons de la vie et de la foi, allons, comme Jonas, en profondeur pour revenir à l’essentiel et accepter la mission que la vie veut nous confier !
Un dernier verset ?
À la Pentecôte, les apôtres sont tellement joyeux que les gens qui les entendent les pensent ivres, alors que c’est le matin. Pierre dit : « Ces hommes ne sont pas ivres, mais Dieu a répandu sur eux son Esprit ». (Livre des Actes des apôtres, chapitre 2).
Je souhaite à chacun de passer de l’ivresse matérielle à l’ivresse spirituelle ! La première est facile d’accès et très sensible mais elle a ses revers et elle ne dure pas, la seconde est plus difficile d’accès, mais elle n’a aucun revers et elle est éternelle !
Contact : Capitaine Jonas – 06 62 14 93 61 – enavant@centrejonas.com
Sur internet : https://centrejonas.com/biblevin.html
Sur Youtube : https://www.youtube.com/@captainjonah20000


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