Car un enfant nous est né, un fils nous a été donné, il a le pouvoir sur ses épaules et on appelle son nom : Conseiller, Merveilleux, Dieu puissant, Père éternel, Prince de paix.
Plusieurs se sont posés la question de savoir pourquoi le Fils reçoit le titre de Père éternel. Pour les unitariens ou pour ceux qui nient le dogme de la Trinité, ce verset est souvent repris pour soutenir l’absence d’une pluralité au sein de la Trinité. Comment cet enfant peut-il être à la fois fils et père ? Qu’en est-il exactement ? Comment comprendre parmi les nombreux titres, celui de Père éternel ?
Voyons quelques traductions :
avi’ad – אֲבִי עַ֖ד
Bayard 2001 : Père-Toujours
NFC 2019 : Père pour toujours
Osty/Semeur 2000 : Père à jamais
Darby : Père du siècle
Zadoc Kahn : Père de la conquête
Fillion 1895 : Père du siècle futur
Martin 1744 : le Père d’éternité
En hébreu biblique, la construction ‘Avi-‘ad (אֲבִיעַד) se décompose ainsi :
- D’une part Av (Père) : Dans le Proche-Orient ancien, le roi est couramment appelé « Père » de ses sujets ou de sa nation. C’est un titre de bienfaisance, de protection et d’autorité bienveillante.
- et de ad (Éternité/Durée) : Ce terme désigne une durée indéfinie ou le futur lointain.
Dans la grammaire hébraïque, celui qui est « père » d’une chose en est le possesseur ou l’auteur. Le Messie est donc celui qui possède l’éternité ou qui engendre une ère éternelle. Pour l’exégèse chrétienne, ce titre ne crée pas de confusion entre les personnes de la Trinité, c’est-à-dire entre le Père et le Fils :
- D’un point de vue ontologique, le titre ne dit pas que le Messie est la personne du Père dans la Trinité.
- Dans la relation au temps, il affirme que le Messie partage avec Dieu le Père la même nature éternelle. Comme l’écrit Jean dans son prologue : « Au commencement était le Logos… » (Jn 1.1)
- Dans sa relation à l’humanité, le Fils est appelé « Père » par rapport à son peuple (les rachetés). Il est le nouveau chef de famille de l’humanité restaurée, par opposition à Adam.
La version grecque de la Septante (LXX) traduit ce passage par « Pater tou mellontos aiōnos » qui se traduit par « Père du siècle à venir ». Cette lecture souligne que le Messie est l’initiateur (le père) d’une nouvelle ère de paix qui n’aura pas de fin. Il ne prend pas le rôle de Père au sein de la trinité, mais dans la perspective de Père de la nouvelle création.
Dans le contexte d’Isaïe, Israël souffre de mauvais rois et d’oppressions. Dire que le futur Messie est un « Père éternel », c’est promettre un dirigeant dont :
1) La sollicitude est paternelle ; il prendra soin des faibles. (Is 11.4)
2) Un règne sera stable. Contrairement aux rois terrestres qui meurent, son gouvernement sur son peuple est permanent.
En conclusion, le titre de « Père éternel » attribué au Fils dans Isaïe 9.6 n’est pas une identification de fonction au sein de la Trinité, mais une déclaration sur sa préexistence et sa divinité (il possède l’éternité). Le Fils est « Père » non par position dans la Trinité, mais par caractère envers nous et par possession de l’éternité.
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