MARED 1968 : Le lendemain matin, Abraham prit du pain et une outre d’eau,
qu’il remit à Agar; puis il lui mit l’enfant sur l’épaule et la renvoya.
Elle s’en fut à l’aventure dans le désert de Bersabée.

PLEI : Abraham se leva de bon matin,
prit du pain et une outre d’eau qu’il donna à Hagar,
puis il lui mit l’enfant sur l’épaule et la congédia.
Elle s’en alla et erra dans le désert de Bersabée.

NFC2019 : Tôt le lendemain matin, Abraham prit du pain et une outre remplie d’eau,
les donna à Agar, lui mit l’enfant sur le dos et la renvoya.
Elle erra dans le désert de Berchéba.

BAY : Abraham s’est levé avec le jour
Il donne à Hagar du pain, une gourde pleine d’eau,
et met le tout sur son dos, avec l’enfant.
Il la fait partir. Elle s’en va errer dans le désert de Beer-Shéva.

CHOU : Abrahâm, au matin, se lève tôt :
il prend du pain, une gourde d’eau, il les donne à Agar,
les met sur son épaule, puis l’enfant. Il l’envoie.
Elle va et vague dans le désert de Beér Shèba.

MARED 1950 : Le lendemain matin, Abraham prit du pain et une outre d’eau,
qu’il remit à Agar, les plaçant sur son épaule, puis il la renvoya avec son fils.
Elle s’en faut à l’aventure dans le désert de Bersabée.

La traduction de Maredsous 1968 « puis il lui mit l’enfant sur l’épaule » est fort mal traduite, on dirait qu’Abraham met l’enfant sur Agar comme si on mettait un baluchon derrière l’épaule là même où, en 1950 il avait très bien traduit le sens de la phrase : « les plaçant sur son épaule, puis il la renvoya avec son fils« .


On voit à travers les traductions que chacune ne rend pas exactement la même chose. Sur un détail comme celui ci, il n’y a pas vraiment d’incidence sur le plan théologique ou un moyen de tordre le sens d’une interprétation car c’est là un détail, mais imaginez que quelqu’un veuille reproduire cette scène. Comment ferait t-il apparaître Ichmaël ?

Il faut savoir qu’Ismaël avait 13 ans quand le fils de la promesse Isaac est né, il était donc un adolescent de 13-14 ans (Gn 16.16; 21.5). Il aurait été assez difficile pour une esclave égyptienne de devoir porter et l’outre et l’enfant.

Bien que Chouraqui traduit littéralement sans influencer le texte, la Maredsous 1950 rend une meilleure compréhension du texte sans le dénaturer. Pour le coup, la Pléiade et la NFC2019 sont à contre-sens.

La Bible Annotée : Dès le matin. Il paraît que c’était de nuit que Dieu avait parlé à Abraham. L’obéissance est immédiate. Le mot l’enfant dépend du verbe prit, et non de mit, comme plusieurs le prétendent.

Voici un tableau du maître Frédérick Goodall représentant Agar et son fils.

Agar et Ismaël de Frederick Goodall

Un mot sur Frederick Goodall (1822-1904)

Il est le fils du célèbre graveur et décorateur Edward Goodall. Après avoir été formé dans les arts Wellington Road Academy, Frédérick entre dans la scène artistique réalisant six aquarelles représentant le tunnel Rotherhithe et fait ainsi quatre expositions à la Royal Academy en 1838. Frédéric n’a alors que 16 ans. Avec sa première toile, le peintre a remporté la médaille d’or Société des Arts et il expose à la Royal Academy entre 1838 et 1859 dont il devient membre en 1852.

Sa peinture sera marquée, tout comme d’ailleurs un autre artiste contemporain Edwin Longsden Long, par son voyage à Égypte en 1858, puis en 1870. A partir de ce moment, le paysage et la vie orientale deviennent le thème central de son œuvre, dont plus de 170 sont fixées le long de la Nil. La plus célèbre étant celle de Moïse dans les roseaux recueillis par la fille de Pharaon. Certaines scènes de ses tableaux sont inspirées directement de passages bibliques dont Rebecca, Agar et Ichmaël, Rachel et son troupeau.

Rachel et son troupeau – 1874