Par le Pasteur Jean-Marc Thobois
Janvier 1998 – Magazine Expérience n° 109
« Dès ton enfance, tu connais les écrits sacrés » déclare Paul à Timothée. Comme ce dernier, j’ai eu le privilège de savoir, dès ma plus tendre enfance, que la Bible était la Parole de Dieu. C’est à l’âge de huit ans que je reçus ma première Bible ; je la découvris avec passion. Jeune enfant, je n’avais aucun doute quant à son inspiration.
À l’âge de douze ans, je quittai le foyer familial pour étudier au lycée de Poitiers. Le programme d’histoire de 6ᵉ comportait tout un chapitre sur les Hébreux, mais notre professeur d’histoire, qui était un athée militant, s’efforçait de détruire la foi en Dieu en sapant l’autorité de la Bible qu’il tentait de ramener au rang de mythe à l’instar des mythologies grecques et romaines.
Je connus alors ma première grande crise spirituelle. Rentré le soir dans ma chambre, je reprenais ma Bible et me demandais si ce qu’elle disait était vrai ou non.
À cette époque, les églises baptistes du nord de la France connaissaient un grand réveil spirituel. Bien qu’éloigné de cette région, et fréquentant une église réformée très traditionnelle, j’entendais parler par mon grand-père, originaire du Nord, de ce qui s’y passait : des aveugles voyaient, des sourds entendaient, des malades étaient guéris, de nombreuses personnes se tournaient vers Jésus-Christ, leur vie entièrement transformée.
Aussi un soir, après un cours d’histoire particulièrement pénible, j’ouvris la Bible et tombais sur un récit de miracle de guérison accompli par Jésus, et soudain la lumière se fit en moi : « Si, aujourd’hui encore, semblables miracles avaient lieu, pourquoi n’en aurait-il pas été ainsi à l’époque de Jésus et des apôtres ? »
Dès ce jour, je repris pied dans la foi et, bien qu’incapable de faire face aux objections de cet enseignant, je savais que quelque part mon professeur se trompait.
Ayant grandi, j’entrais en contact avec un mouvement de jeunesse d’origine protestante dans lequel intervenaient quelques jeunes étudiants en théologie protestante. Là, je connus une autre crise spirituelle. Je découvris la théorie des sources selon laquelle le Pentateuque n’aurait pas été écrit par Moïse, mais par quatre auteurs différents, la théorie selon laquelle le livre d’Isaïe aurait été composé par deux, voire trois auteurs différents, les théories de Bultmann, d’après lesquelles le Nouveau Testament serait composé de mythes, de sorte qu’on ne peut connaître qui était véritablement Jésus, ni se fier à ses paroles.
À cette époque, je cherchais Dieu, et dans ce mouvement, bien loin de trouver les réponses à mes questions, ce que j’y entendais me troublait encore davantage.
C’est alors qu’un soir, je fis une rencontre avec Dieu et vécus peu ou prou, ce que Pascal expose dans ses « Pensées » quant à sa propre rencontre avec le Christ vivant.
Alors que je réfléchissais et méditais, soudain, je sus que c’était vrai. La présence du Seigneur vint sur moi, et soudain mes interrogations trouvèrent une réponse. Je sus qu’il était vivant et que la Bible était vraie. Je n’aurais pas pu l’expliquer rationnellement, ni répondre aux objections des critiques ou étudiants en théologie que je fréquentais, mais la certitude intérieure avait eu raison de mes interrogations intellectuelles.
Un peu plus tard, je fis l’expérience du baptême dans le Saint-Esprit, ce qui balaya les derniers problèmes.
C’est aussi à cette époque que je découvris le pays biblique, que Renan appelle le « Cinquième évangile ». J’eus le privilège d’assister au retour d’Israël dans son pays et de toucher du doigt la réalisation des prophéties bibliques.
Année après année, j’appris à connaître la géographie biblique, puis la langue hébraïque et enfin, j’eus le privilège d’étudier à l’Université Hébraïque de Jérusalem l’histoire et l’archéologie bibliques avec quelques-uns des plus grands spécialistes de l’époque : les professeurs Yadin, Aaroni, Mazar et David Flusser. Je découvris une nouvelle approche de l’Écriture Sainte, désoccidentalisée et commençais alors à réaliser combien les problèmes qui m’avaient tourmenté dans le passé étaient de faux problèmes ; et quant à ceux qui étaient réels, relativisés toutefois par la rencontre avec Dieu, mais qui demeuraient intellectuellement, je reçus une à une les réponses que je cherchais.
Au fil des ans, un nombre impressionnant de découvertes archéologiques, historiques, exégétiques, linguistiques vint renforcer mes certitudes.
Certes, ma foi dans l’Écriture ne repose pas sur des données intellectuelles, mais sur la rencontre avec Dieu que je fis à l’âge de dix-huit ans. Je suis émerveillé de voir comment Dieu m’a apporté des réponses aux problèmes intellectuels, scientifiques ou autres qui m’avaient troublé dans ma jeunesse.
Je ne prétends pas avoir reçu réponse à tout. Paul ne déclare-t-il pas : « Nous connaissons en partie. » Lorsqu’il s’agit des choses de Dieu, il y a toujours une part de mystère « Dieu cachant sa face aux sages et aux intelligents, mais se révélant aux humbles ». Mais au cours des années, Dieu a aussi manifesté sa grâce dans ce domaine.
Les expériences spirituelles se sont ajoutées les unes aux autres de sorte, qu’avec humilité, je peux dire que plus j’avance et plus je réalise combien la Bible est fiable et digne de foi. Et avec l’apôtre Paul, je puis dire avec plus d’assurance : « Je sais en qui j’ai cru. » (1 Timothée 1:12)



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