Deutéronome 19.15 : C’est par la déposition de deux témoins, ou de trois, qu’un fait sera établi.

FC 1982 : C’est la troisième fois que je vais me rendre chez vous. Comme le déclare l’Écriture :
« Toute accusation doit être appuyée par le témoignage de deux ou trois personnes. »

BAY : C’est la troisième fois que je viens chez vous.
Toute parole sera fondée sur la bouche de deux ou trois témoins.

Le chiffre trois dans le langage biblique est d’une importance capitale pour attester un fait. Ainsi nous voyons qu’il y a trois évangiles synoptiques (Matthieu, Marc et Luc). Nous aurions pu croire Matthieu s’il n’y aurait eu que son évangile mais c’est un principe de la Torah qu’il y ait deux ou trois témoins, donc Marc et Luc s’inscrivent dans cette démarche. La mort et la résurrection de Jésus doit donc être selon le principe civil juif, attestées par deux ou trois témoins, ce que les quatre évangélistes affirment.

Nous pourrions évoquer la Trinité, même si ce mot fait bondir certains, mais nous trouvons dans la première épître de St Jean un passage controversé qui fera l’objet d’un article intitulé le Comma Johannique et qui dit : Car il y en a trois qui rendent témoignage [dans le ciel : le Père, le Verbe et l’Esprit ; et ces trois sont un. Et il y en a trois qui rendent témoignage sur la terre] : l’Esprit, l’eau et le sang ; et ces trois sont d’accord (1Jn 5.7-8).
Jean atteste que Jésus est véritablement le Fils de Dieu et il rapporte donc le témoignage de trois témoins et ces trois sont unanimes. Là encore, Jean applique un principe de la Torah.

Nous trouvons ce procédé à plusieurs reprises dans la Nouvelle Alliance :

  • Jésus dit : Car là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis là au milieu d’eux. Matthieu 18.20
  • Pour la troisième fois, je viendrai chez vous. « Toute affaire se décide par la bouche de deux ou trois témoins. » 2 Corinthiens 13.1

  • Contre un ancien, n’accepte pas d’accusation sans deux ou trois témoins. 1 Timothée 5.19

  • Si quelqu’un a méprisé la loi de Moïse, il meurt sans miséricorde sur la déposition de deux ou de trois témoins. Hébreux 10.28

Cette expression que l’on retrouve 4 fois dans la Nouvelle alliance n’est pas quelque chose de nouveau mais elle est tirée de la Torah de Moïse dans un passage qui dit : Un témoin seul ne sera point valable contre un homme, en quelque crime et péché que ce soit, en quelque péché qu’on ait commis ; mais sur la parole de deux ou de trois témoins la chose sera valable. Deutéronome 19.15

Paul envisage de se rendre pour la troisième fois à Corinthe dans cette église qu’il fonda en 51. Beaucoup de troubles et d’accusations étaient portés sur les fidèles, se jalousant et s’accusant les uns les autres. Afin de ne pas punir l’innocent à cause d’une seule accusation, Paul prendra en compte le témoignage de deux voire trois témoins. Et ce principe, il en fait la recommandation à Timothée dans la gestion de l’Église dont il lui a légué la responsabilité.

Il est étonnant que Paul applique ici les normes de la loi de Moïse alors que les contextes des Corinthiens visaient des non-juifs. Par conséquent, il n’est pas acceptable, comme certains chrétiens le prétendent, que la loi de la Torah eut été abolie. Mais là aussi, c’est un autre débat.

Maintenant, venons-en à ce fameux verset de Matthieu 18.20 : Car là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux.
Cette formule est souvent prononcée ou insérée lors de réunion de prières ou en introduction de culte. En effet, la présence de deux ou trois chrétiens ensemble assurerait la présence de Jésus au milieu d’eux, alors une réunion de 50 ou 200 personnes n’en parlons pas – Présence garantie ! Quelqu’un m’a dit récemment, car « son pasteur » lui avait dit, que s’il était tout seul à prier, Jésus n’était pas là, en s’appuyant sur ce verset.
Ce texte est toujours sorti de son contexte et utilisé pour en faire un prétexte . Or, quand nous avons à faire à ce cas, il faut replacer le cadre et se poser les questions suivantes : A qui Jésus disait cela ? Sur quoi portait la discussion ?
Le passage commence au v.15 et dans son contexte, il porte sur la discipline dans l’Église.

  • Si ton frère vient à pécher, va le trouver et reprends-le, seul à seul. S’il t’écoute, tu auras gagné ton frère.
    S’il n’entend pas, prends avec toi encore un ou deux, pour que sur la bouche de deux ou trois témoins toute parole s’appuie.
    Que s’il refuse de les écouter, dis-le à la communauté. Et s’il refuse d’écouter même la communauté, qu’il soit pour toi comme le païen et le publicain
    . Matthieu 18.15-17

Il faudrait aussi évoquer le v.18 qui est la clé de compréhension et qui débouche sur la déclaration du v.19 : Je vous dis encore que, si deux d’entre vous s’accordent sur la terre pour demander une chose quelconque, elle leur sera accordée par mon Père qui est dans les cieux.
Sur ce verset 19, très vite, nous avons constaté que même en étant rassemblés à deux, trois ou quinze, et bien ce n’est pas pour autant que nos requêtes de prière seront automatiquement exaucées. Car que dire de celui qui est privé de communion fraternelle et qui est seul ? Est-il disqualifié ? Dieu ne l’entendrait-il pas ?

Répondons par cette parole de Jésus : Mais toi, quand tu pries, entre dans ta chambre, ferme ta porte et prie ton Père qui est là dans le lieu secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra [ouvertement] ( Matthieu 6.6).

Replacer dans son contexte, ce verset 20 « Car là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux » s’applique dans le cadre de la discipline de l’Église.

Nous pourrions appliquer cela aux histoires de couples. Ne nous bornons pas à écouter qu’un seul des deux et essayons autant que possible d’être neutre et d’écouter les deux parties. Demandons le discernement et l’aide de Dieu lorsque nous sommes face à des situations délicates. Sachons nous entourer de personnes matures, sensibles et ayant de la sagesse.