Bien que la Bible n’emploie pas le terme d’homosexualité, la pratique, quant à elle, y est bien mentionnée. La Torah décrit et condamne en Lévitique 20:13 que :
Semeur 2015 : Si deux hommes ont des rapports homosexuels, ils ont commis un acte abominable ; ils seront mis à mort et porteront la responsabilité de leur mort.
Chouraqui : L’homme qui couchera avec un mâle à coucherie de femme, ils font une abomination, les deux. Ils sont mis à mort, à mort, leurs sangs contre eux.
Jérusalem 2000 : L’homme qui couche avec un homme comme on couche avec une femme : c’est une abomination qu’ils ont tous deux commise, ils devront mourir, leur sang retombera sur eux.
On pensera aussi à l’épisode du jugement de Sodome et de Gomorrhe que Dieu a punies à cause de leur orgueil et de leur dépravation morale (Genèse 19:5 ; Ézéchiel 16:46-58), mais aussi celui du lévite d’Éphraïm (Juges 19:22-25). Certains vont jusqu’à faire entorse au texte biblique en interprétant que le jugement de Dieu sur Sodome est dû au fait que les hommes qui étaient hébergés chez Lot n’étaient pas consentants dans ces rapports. Je laisse à ceux-là la responsabilité de leurs propos…
Nous trouvons dans le Nouveau Testament deux fois le mot grec ἀρσενοκοίτης – arsenokoitês, mot qui est composé de arsen : mâle/masculin et koité : c’est l’acte de coucher ensemble. C’est un mot qui désigne un homme qui a des relations sexuelles avec un autre homme (le malakoï). Il est intéressant de prendre le passage de 1 Corinthiens 6:9 car deux mots vont retenir notre attention :
S21 : Ne savez-vous pas que les injustes n’hériteront pas du royaume de Dieu ? Ne vous y trompez pas : ni ceux qui vivent dans l’immoralité sexuelle, ni les idolâtres, ni les adultères, ni les travestis, ni les homosexuels…
Le premier terme malakoï – μαλακοὶ est traduit selon les versions :
TOL 2013 : les dépravés
TOB 1976 : les efféminés
Peuples 2005 : les jouisseurs
Chouraqui 1977 : les voluptueux
Bible de l’épée : les femmelettes
Il est présent 4 fois dans le NT (Mt 11:8 (vêtements raffinés 2x) ; Lc 7:25 et 1 Co 6:9). Dans le contexte de l’éthique sexuelle antique, ce terme désigne le partenaire passif dans une relation homosexuelle. Dans les listes de vices de l’Antiquité, il désignait souvent le « partenaire passif » dans une relation homosexuelle, ou plus largement un homme qui se laissait « traiter comme une femme ». Dans le monde gréco-romain, il désignait un homme qui manquait de force morale, de maîtrise de soi ou qui adoptait un mode de vie efféminé et luxueux.
Le deuxième terme est ἀρσενοκοῖται – arsenokoitai est quant à lui plus rare et n’apparaît que deux fois, ici et en 1Tim 1:10. Il désigne le partenaire actif dans une relation homosexuelle. L’utilisation conjointe de malakoi et arsenokoitai vise à couvrir l’ensemble des pratiques de l’homosexualité masculine de l’époque.
Les chercheurs s’accordent majoritairement pour voir en ce mot une contraction de l’expression de la Septante (LXX) dans le passage du Lévitique 18:22 et 20:13 : kai meta arsenos ou koimēthēsē koitēn gynaikos (« et avec un mâle tu ne coucheras pas d’une couche de femme »). En forgeant ce mot, Paul ancre sa théologie morale non dans les catégories culturelles gréco-romaines de son temps (fondées sur le statut social ou l’âge), mais dans la Torah et la structure créationnelle (homme/femme). Le mot souligne l’acte lui-même plutôt qu’une identité ou une inclination. Cette pratique est nommément jugée comme étant une abomination. Le mot hébreu toèvah (תּוֹעֵבָה) souligne une rupture de l’ordre créationnel ou une contamination rituelle. Toute la création est régie par le masculin et le féminin. C’est très clair dans le récit de la Genèse 1 (le ciel et la terre, la lune et le soleil, eaux d’en bas et les eaux d’en haut) et le premier être humain créé à la ressemblance de Dieu, qui est donc lui-même masculin et féminin dans son essence, car la vie n’est que la résultante de l’union du masculin et du féminin.
Voyons voir comment les traducteurs ont rendu ce mot :
Lebfevre 1534 : les bougerons
Olivétan 1535 : les bougres
Bible annotée 1899 : les abominables
Jérusalem 1973 : les homosexuels
TOB 2010 : les pédérastes
Bayard 2018 : les sodomites
Maredsous 2004 : les infâmes
Darby 1885 : pour ceux qui abusent d’eux-mêmes avec des hommes
PDV 2000 : pour les hommes qui couchent avec des jeunes gens
NBS 2002 : les hommes qui couchent avec des hommes
NFC 2019 : pour les hommes qui couchent avec les hommes
Peuples 2005 : ceux qui ont des rapports entre hommes
TMN 2018 : les hommes qui pratiquent l’homosexualité
Martin 1744 : pour ceux qui commettent des péchés contre-nature
Au sujet du mot “homosexuel” voyons plusieurs points :
- Historique de la traduction : Le terme « homosexuel » n’apparaît dans aucune version de la Bible avant les traductions modernes du milieu du XXe siècle. Il semblerait que la traduction à la Colombe qui parut en 1978 soit la première. Les traductions plus anciennes utilisent des termes comme « sodomite » ou « efféminé » pour décrire des comportements spécifiques, mais pas « homosexuel » tel que nous le comprenons aujourd’hui.
- Origine du mot : Le mot « homosexuel » a été inventé à la fin du XIXe siècle. Il est apparu pour la première fois en 1869 dans un pamphlet en allemand par Karl-Maria Kertbeny. Par conséquent, il est anachronique de prétendre que ce mot pouvait être utilisé dans des textes bibliques écrits des millénaires auparavant.
- Évolution des concepts : La compréhension moderne de l’orientation sexuelle est un concept relativement récent. Les cultures anciennes n’avaient pas de notion équivalente à notre compréhension contemporaine de l’homosexualité. Les textes bibliques reflètent les normes et les compréhensions de leur époque, qui diffèrent grandement de celles d’aujourd’hui. Dieu étant un Dieu moral, il est à même de décréter ce qui est bon et ce qui est mal, non pas d’une manière arbitraire, mais en connaissant les conséquences qu’engendre le fait de faire le mal.
- Considérations théologiques : Les théologiens et les érudits bibliques notent que les textes sacrés doivent être interprétés dans leur contexte historique et culturel. L’introduction du terme « homosexuel » dans des traductions modernes sans une compréhension appropriée du contexte original peut mener à des malentendus et des distorsions des messages bibliques originaux.
Enfin, voyons l’évolution du statut de l’homosexualité dans le DSM (le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux) publié par l’American Psychiatric Association ? Voyons comment le statut de l’homosexualité est passé de « trouble mental » à une orientation diverse.
Dans sa première édition de 1952, le DSM-I, puis en 1968 le DSM-II, classait l’homosexualité comme un trouble mental.
En 1973, après des recherches scientifiques et des débats importants, l’American Psychiatric Association a décidé de retirer l’homosexualité du DSM.
Elle a été remplacée temporairement par des catégories décrites comme la “détresse liée à l’orientation sexuelle”, elles-mêmes abandonnées par la suite.
Aujourd’hui, l’homosexualité est reconnue comme une variation normale de l’orientation sexuelle. Elle n’est plus considérée comme une maladie par la communauté scientifique et médicale.
Voici un tableau récapitulatif :




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