18 janvier 2021
Alexandre Nanot

La prophétie de Nilus, mort en 430.

Voici donc le contenu de cette prophétie donnée probablement vers le début de l’an 400, soit il y a près de 1 600 ans. Nous laissons à chacun le soin de tirer ses propres conclusions. Celle-ci est retransmise à titre d’information :

« Après l’année 1900 et le milieu du XXᵉ siècle, les gens de ce temps-là deviendront méconnaissables. Quand le temps de la venue de l’Antichrist approchera, l’intelligence des hommes sera obscurcie par les passions charnelles : l’avilissement et la licence s’accentueront.
Les gens changeront d’apparence tellement qu’il sera impossible de distinguer les hommes des femmes à cause de l’effronterie dans leur manière de s’habiller et dans la mode de leurs cheveux. Ces gens-là seront cruels et comme des animaux sauvages à cause des tentations de l’Antichrist.

– On ne respectera pas les parents et les aînés, l’amour disparaîtra, et bien des pasteurs chrétiens deviendront des hommes vains complètement incapables de distinguer le chemin à droite du chemin à gauche : en ce temps-là en effet, les lois morales et les traditions des chrétiens et de l’Église changeront, les gens ne pratiqueront plus la modestie, et la dissipation règnera ! Le mensonge et la cupidité atteindront de grandes proportions, et malheur à ceux qui empileront des trésors. La luxure, l’adultère, l’homosexualité, les actions secrètes et le meurtre seront la règle de la société…

– En ce temps futur, à cause du pouvoir de si grands crimes et d’une telle débauche, les gens seront privés de la grâce du Saint-Esprit reçue à leur baptême, et, de même, ils n’auront pas de remords. Les Églises seront privées de pasteurs pieux et craignant Dieu, et malheur aux chrétiens qui resteront sur la terre à ce moment-là : ils perdront complètement leur foi, car il n’y aura plus personne pour leur montrer la Lumière de la Vérité. Ils s’éloigneront du monde en allant dans de saints refuges dans le but d’alléger leurs souffrances spirituelles ; mais partout, ils ne rencontreront qu’obstacles et contraintes.

Tout cela résultera du fait que l’Antichrist voudra être le Seigneur de toutes choses et devenir le maître de tout l’univers. Il accomplira des miracles et des signes invraisemblables. Il donnera aussi au pauvre homme une sagesse dépravée pour découvrir une manière par laquelle un homme puisse mener une conversation avec un autre d’un bout à l’autre de la terre. En ce temps-là aussi, les hommes voleront dans les airs comme des oiseaux, et descendront au sein de l’océan comme des poissons.
Et lorsqu’ils en seront là, ces gens malheureux passeront leur vie dans le confort sans savoir, pauvres âmes, que c’est une supercherie de Satan. Et lui, l’impie, remplira à tel point la science de vanité qu’elle s’écartera de la voie droite et conduira les gens jusqu’à la perte de la Foi dans l’existence de Dieu, d’un Dieu en trois Personnes…
Alors, le Dieu infiniment bon verra la déchéance de la race humaine et Il raccourcira les jours pour l’amour du petit nombre de ceux qui doivent être sauvés, car l’Ennemi voudra amener même les élus dans la tentation si c’était possible. Alors, l’épée du châtiment apparaîtra soudain et elle abattra le corrupteur et ses serviteurs. »

Ainsi s’achève la prophétie.

Qui était donc Nilus ?

Connu pour avoir été disciple de saint Jean Chrysostome, il exerça comme huissier au tribunal de Constantinople. Réputé comme sage théologien et bibliste, on venait de partout pour le consulter sur différents sujets. Il était marié et père de deux fils.
Les honneurs et les richesses n’avaient aucun attrait pour son âme tout occupée de Dieu, et sa famille partageait ses pieux sentiments. Lui-même se retira dans le désert du Sinaï, où il pratiqua les exercices les plus parfaits de la vie monastique, partageant son temps entre la prière, l’étude et le travail des mains. Ce fut là qu’il composa les écrits parmi lesquels on remarqua surtout son vigoureux plaidoyer pour un retour à la pauvreté monastique par une apologie d’une vie de prière loin de l’agitation des cités.
Parmi ses nombreux ouvrages, il revient à plusieurs reprises sur la dénonciation des hérésies, du paganisme, des abus de la discipline, des règles et principes d’ascétisme, notamment des maximes au sujet de la vie religieuse. Il ne craignait pas d’avertir et de menacer les gens haut placés : abbés et évêques, gouverneurs et princes, et jusqu’à l’Empereur lui-même.
Il entretint une correspondance avec Gainas, chef des Goths, qu’il s’efforçait d’extirper de l’arianisme alors que le concile de Constantinople en 381 avait entériné la condamnation de cette hérésie, qui pourtant persistait — un vrai poison qui dure malgré les siècles et qui resurgit de nos jours. Nilus avait vu juste.

Avertissement

Cette prétendue prophétie, est-elle exacte ou avons-nous affaire à une supercherie ? Sur le plan historique et théologique, la « Prophétie de saint Nilus » (attribuée tantôt à saint Nil de Sinaï du Vᵉ siècle, tantôt à saint Nil le Myroblyte du XVIIᵉ siècle) n’est pas considérée comme authentique. Désolé d’en décevoir certains. Il s’agit d’un apocryphe tardif ou d’un texte pseudépigraphe. En effet, plusieurs indices critiques découvrent sa fabrication :

1. Des anachronismes textuels majeurs

  • L’expression des dates : Le texte affirme prédire les événements « après l’année 1900 et le milieu du XXᵉ siècle ». La datation par rapport à l’ère chrétienne (« après l’an 1900 ») n’existait ni sous la forme calendaire courante au Vᵉ siècle, ni dans la manière orthodoxe byzantine de dater les prophéties.
  • Vocabulaire moderne : Des termes ou concepts traduits (comme l’homosexualité, le style de coiffure androgyne, ou la description exacte des technologies modernes comme l’aviation et les télécommunications) reflètent un langage et des préoccupations typiques de la fin du XIXᵉ siècle ou du début du XXᵉ siècle.

2. Le rejet par les autorités spirituelles

  • Monachisme du Mont Athos : Le texte est apparu au XIXᵉ siècle par l’intermédiaire d’un moine (Théophane / Ékhmalotos) prétendant avoir reçu des révélations de saint Nilus le Myroblyte. Dès 1912, la sainte Communauté du Mont Athos a officiellement rejeté ces écrits, les classant comme illégitimes et empreints d’une « illusion spirituelle » (planê).
  • Absence de manuscrits anciens : Aucun manuscrit patristique du Vᵉ siècle ne contient ce texte dans le corpus de saint Nilus l’Ascète (disciple de saint Jean Chrysostome).

3. La structure typique de la « vaticinium ex eventu »

En critique littéraire, ce texte relève de la prophétie après coup (vaticinium ex eventu) : un auteur anonyme rédige un texte en lui donnant les traits d’une époque qu’il connaît déjà (ou en décrivant les transformations sociales de son propre temps) et l’attribue à une figure sainte du passé pour lui donner de l’autorité.

3 Commentaires

  1. Roger AUBERT

    On me signale qu’à l’époque de saint NILUS, le mot homosexualité n’existait pas !

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    • Etienne R

      Arsenokoites correspond à ce terme actuel. Il est dans le Nouveau Testament.

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      • Jonathan G

        Arsenokoites , la plus vieille traduction (syriaque 3 siècles après JC) traduit par « violeurs d’hommes » c’est pas tout a fait la même chose…

        Réponse

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