CANTIQUES DES MONTÉES

 

Les cantiques des montées ou des degrés sont le nom que l’on donne à une série de 15 psaumes qui se succèdent, allant du ps.120 au ps.135. C’est le titre qui introduit chacun de ces psaumes : Cantique des degrés. On les trouve appelés aussi psaumes graduels.

Voyons quelques autres traductions :

LXX : Cantique des degrés
BAYARD : Chant par degrés
COL : Cantique pour les montées
NBS : Chant pour les montées
OST1996 : Cantique de Maaloth
BAN : Cantique pour les pèlerinages
FC 2019 : Chant pour ceux qui montent à Jérusalem
SEM : Cantique pour la route vers la demeure de l’Éternel

Le texte hébreu dit : Shir Le-Mahalot       לַמַּעֲלוֹת  שִׁיר

 

Ce mot ma’alah (Ma’alot au pluriel) se retrouve 47 fois dans l’Ecriture (ou Ancien Testament).
Il est le plus souvent traduit par des degrés ou par des marches, comme par exemple :

Ex 20.26 : Tu ne monteras point à mon autel par des degrés, afin que ta nudité ne soit pas découverte.

2 Chroniques 9.18 : Ce trône avait six degrés et un marchepied d’or attenant au trône.

Dans ces deux versets, nous retrouvons le même mot Ma’aloth.

Le mot maʽalah est employé de la même façon dans le livre d’ Esdras 7:9, là où il est question de la  « montée » des Israélites, conduite par Esdras depuis Babylone jusqu’à Jérusalem.
Il est souvent improprement mal traduit, ce qui fait que l’on perçoit difficilement la subtilité de ce mot.

Esdras 7.9 : Il avait fixé le départ de Babylone au premier jour du premier mois (SEM2015)

Mais c’est Chouraqui qui traduira le mieux ce passage, le rendant par : Oui, le premier de la première lunaison, c’est le rassemblement de la montée de Babel,
ou Osty qui traduit par : C’est, en effet, le premier jour du premier mois, qu’il avait fixé sa montée de Babel …

A ce stade, nous pouvons remarquer que lorsque nous rencontrons ce mot maʽalah, il est toujours lié à la notion d’ascension, de monter, d’aller d’un point vers un lieu plus élevé. Dans le langage biblique, il y a une géographie spirituelle. Jérusalem est le centre du monde (Ps 74.12); même si Jérusalem n’est pas la culminant du monde, il n’en demeure pas moins que spirituellement parlant, d’où que nous venions, du mont Everest ou de Floride, nous montons à Jérusalem. Et lorsque nous quittons la ville sainte, nous descendons. Nous retrouvons cela dans la parabole du bon Samaritain dans Luc 10.30 : Jésus reprit la parole et dit: Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho…

Matthieu 20.18 : Voici, nous montons à Jérusalem. (voir aussi :Lc 10.31; Jer 31.6; Esaïe 2.3; Michée 4.2)

Cela est encore plus clair dans ce passage d’Actes 18.22 : Étant débarqué à Césarée, il monta à Jérusalem, et, après avoir salué l’Église, il descendit à Antioche.

 

Il est intéressant de noter que le mot « Alya » signifie littéralement « ascension » ou « élévation spirituelle ».Il est construit sur la même racine que le mot ma’alah que nous avons vu. Il est utilisé lorsqu’un juif quitte le pays où il est pour venir s’installer en Eretz Israël – la terre d’Israël. Les immigrants juifs sont appelés des olim « des montants ». Par contre, le fait pour un Juif d’émigrer en dehors de la Terre d’Israël est appelé yéridah (ירידה : « descente ») et les émigrants juifs sont les yordim.

 

Au sujet des Psaumes des montées, les 3 interprétations les plus courantes sont :

  1. Ces chants étaient chantés lors de la fête de Succoth sur les degrés du temple, les 15 marches qu’il fallait gravir pour atteindre le parvis d’Israël.
  2. Certains pensent qu’ils ont été chantés lors du retour de l’exil, à la montée depuis Babylone.
  3. D’autres pensent que ces chants étaient repris pendant les 3 pèlerinages annuels que tout juif devait faire. (Deut 16.16)

 

Abbé Glaire indique que ces psaumes étaient chantés par les caravanes de pèlerins, qui pour les trois fêtes de l’année, se rendaient à Jérusalem.
La ville sainte étant située sur le sommet d’une montagne, l’expression utilisée était de  » monter à Jérusalem « . Ces psaumes prirent donc le nom de psaume de montée, de pèlerinage.

La Mishna rapporte que 15 marches séparaient le parvis des femmes au parvis des Israélites. Celles-ci correspondent aux 15 chants des montées que les lévites avaient l’habitude de chanter.

 

 

La prière est une alya vers Dieu. Elle doit nous élever de là où nous sommes vers les hauteurs, pour oublier les choses terrestres et chercher les trésors célestes.

 

Alexandre NANOT