Et Pilate fit aussi un écriteau, et le plaça sur la croix ; et il y était écrit : Jésus le Nazaréen, le roi des Juifs. Plusieurs des Juifs donc lurent cet écriteau, parce que le lieu où Jésus fut crucifié était près de la ville ; et il était écrit en hébreu, en grec, en latin. Les principaux sacrificateurs des Juifs donc dirent à Pilate : N’écris pas : Le roi des Juifs ; mais que lui a dit : Je suis le roi des Juifs. Pilate répondit : Ce que j’ai écrit, je l’ai écrit.

Jean 19.19-22 (Darby)

Le Textus Receptus et certains manuscrits byzantins dont le Codex de Bezae ont aussi les caractères entre crochets dans l’évangile de Luc.

Bezae : Or, il y avait aussi l’inscription écrite sur lui, en caractères helléniques, latins, hébraïques : « Le roi des juifs, celui-çi est » (Luc 23.38).

S21 : Il y avait au-dessus de lui cette inscription [écrite en grec, en latin et en hébreu] : « Celui-ci est le roi des Juifs » (Luc 23.38)

Si on les compile, les quatre évangiles sont unanimes pour dire qu’il était écrit : Jésus de Nazareth, Roi des Juifs.

Luc nous dit qu’il était placé au-dessus de lui, et Jean est le seul à nous donner cette précision qu’elle était traduite en 3 langues : en hébreu, en grec et en latin.

Les lettres INRI sont l’abréviation latine de « Iesus Nazarenus Rex Iudaeorum« .

Voici donc l’écriteau : 

Cette inscription ou cet écriteau se dit en grec titlos τίτλος et titulus en latin. C’était une pratique que les romains avaient que d’écrire le motif d’accusation au dessus des condamnés afin que les éventuelles rebelles sachent le sort qui les attendait. Pour le cas de Jésus, il est coupable de s’être opposé à César en se déclarant être le Messie. Se prétendre porter ce titre était un offense envers l’autorité romaine et se faisant, on était passible de mort.

En premier lieu, cette inscription est une déclaration qui affirme que Jésus est le roi des juifs et tous ceux qui virent l’inscription lurent : Jésus de Nazareth, Roi des juifs. La royauté universelle à venir est proclamée car pour Jean disons-le, la croix est un trône. Sa couronne d’épines préfigure la couronne royale que portent les rois ainsi que le manteau de pourpre. Ce sont là 2 actes emblématiques qui trouveront leur accomplissement à l’aube de son prochain règne quand Jésus posera ses pieds sur le mont des oliviers inaugurant une ère nouvelle.

Venons en aux trois langues car ce choix n’est pas anodin.

  • L’HÉBREUX :  La langue locale des juifs, ceux qui vivaient en Israël mais par extension, ce sont tous les juifs.
  • LE GREC : C’était la langue utilisée dans le monde Hellénistique, le grec était moins répandu que le latin. Elle était utilisée dans tout le bassin méditerranéen.
  • LE LATIN : La langue d’usage des romains et de toute l’armée à partir du début du Ier siècle av. J.-C.Ce fut la langue officielle de l’Empire, comme ce fut le cas pour la grec suite aux conquêtes d’Alexandre le Grand. Le latin se répandit dans la majeure partie de l’Europe, de l’Afrique du Nord et de l’Asie mineure.

Nous retrouvons ce principe dans le plan d’expansion de l’évangile décrite par Jésus :

Mais vous recevrez une puissance, le Saint-Esprit survenant sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre.

Actes 1.8

Mais ces 3 langues ont une signification prophétique qui vise à étendre la royauté de Jésus premièrement aux juifs, puis grâce à l’ouverture de l’évangile aux païens dans le monde hellénisé manifestant là-aussi la royauté de Jésus au peuple grec puis enfin aux extrémités de la terre au travers du latin. Mais nous pouvons aussi remarquer d’après l’évangile de Matthieu qui, rappelons-le l’a écrit premièrement pour les juifs, que les premiers à reconnaître Jésus en tant que Roi et comme le Roi des Juifs, ce sont des païens, les fameux mages (Matthieu 2.2).

Timbre Andorre 1968 – La passion du Christ

À présent, arrêtons-nous sur l’inscription en hébreu.

Les principaux sacrificateurs des Juifs dirent à Pilate : N’écris pas: Roi des Juifs, mais écris qu’il a dit : Je suis roi des Juifs.
Pilate répondit: Ce que j’ai écrit, je l’ai écrit
(Jean 19-21).

On peut se poser la question de savoir pourquoi tiennent-ils à changer la formulation de Pilate ? Voyons de plus près ces caractères (lire de droite à gauche) :

Faisons ressortir en rouge les 4 premières lettres

Il est surprenant de constater qu’elles forment le tétragramme יהוה YHWH – le nom sacré de Dieu, ce nom imprononçable – Hashem comme dirait un juif pieu qui veut dire “le NOM”.

Cette déclaration écrite au dessus de la tête de Jésus est un titre et pas n’importe lequel, il est le Roi des rois et comme qu’il est  véritablement le Fils de Dieu, il a toute la plénitude de la divinité (Colossiens 2.9) et ce centurion qui se tenait près de la croix l’affirme : Véritablement cet homme était le Fils de Dieu ! (Marc 15.39).   

C’est pour cette raison que les juifs s’opposèrent auprès de Pilate et lui  demandent d’écrire « Je suis le roi des juifs ». Mais Pilate n’y changera rien. Une fois encore, la subtilité de l’hébreu a gagné ! Pilate en était-il conscient ou bien la providence divine l’a inspiré à son insu ? Les faits sont là.

Aujourd’hui encore, beaucoup essaient de nier la divinité de Jésus en le reléguant au niveau pour certains d’une créature ou d’un petit dieu pour d’autres force est de constater que le temps des hérésies est bien au rendez-vous : modalisme, arianisme, trithéisme, nestorianisme pour n’en citer que quelques ‘un.

Au commencement était la Parole;
et la Parole était auprès de Dieu;
et la Parole était Dieu;
elle était au commencement auprès de Dieu. (Jean 1.1)