Matthieu 27.33 : Arrivés au lieu nommé Golgotha, ce qui signifie lieu du crâne…

Marc 15.22 : et ils conduisirent Jésus au lieu nommé Golgotha, ce qui signifie lieu du crâne.

Luc 23.33 : Lorsqu’ils furent arrivés au lieu appelé Calvaire, ils l’y crucifièrent, ainsi que les malfaiteurs, l’un à droite, l’autre à gauche.

Jean 19.17 : Jésus, portant sa croix, arriva hors de la ville au lieu nommé Calvaire, en hébreu Golgotha (CRAMPON)

CHOU : et portant lui-même la croix, il sort vers le lieu dit Craniôn, en hébreu Golgotha.

Hormis Luc, les trois autres évangélistes utilisent le terme Golgotha pour désigner le lieu où Jésus fut crucifié avec deux autres brigands.
Le mot Golgotha vient de l’hébreu Gulgoleth qui veut dire le crâne. C’est un mot que l’on trouve dans les Écritures à plusieurs reprises (Jg 9.53; 2 Rois 9.35; 1 Chr 10.10).
La racine du mot Gulgoleth ressemble à Guilgal (action de rouler) ou à Galgal (roue). Golgotha, c’est ce qui est rond au sommet, donc le crâne. Le mot Golgotha fut traduit en latin dans la Vulgate par calvarium ce qui est rendu en français par le Calvaire (calvaria-crâne). Calvus étant un dérivé dont le nom calvitie est resté, il désigne un chauve pour dire d’une personne que l’on voit son crâne. Concernant l’emploi du mot Golgotha, l’explication la plus commune proviendrait du fait que la colline avait la forme d’un crâne.

LES SITES DE LA CRUCIFIXION

1. La Chapelle du Saint-Sépulcre

Jusqu’en 1842, le seul site reconnu comme l’endroit où eu lieu la crucifixion et le tombeau de Jésus est l’emplacement actuel de la Chapelle du Saint-Sépulcre. Le lieu supposé de la crucifixion se trouvait en effet à l’extérieur de la ville comme le note l’évangéliste Jean (Jn 19.20; Hb 13.12).

L’emplacement prétendu du tombeau de Jésus fut profané par l’Empereur Adrien (117-138). Celui-ci mit le comble au péché en établissant un nouvel édifice à l’endroit même où siégeait le temple de Jérusalem qui fut rasé par Titus en 70. Les Juifs furent interdits de séjour à Jérusalem. En rétablissant Jérusalem qu’il renomma sous le nom d’Aelia Capitola, il fit disparaître toute trace du christianisme naissant et profana ainsi le tombeau du Christ en y érigeant une statue de Jupiter et une statue de Vénus sur le calvaire, pour signifier que la vrai puissance c’est Jupiter, et que le vrai amour c’est Vénus. Mais la folie des orgueilleux n’est que de courte durée.

Il faut attendre le voyage d’Hélène, la mère de Constantin (248-330) qui, alors qu’elle se rendit en Terre Sainte vers 326-328 ordonna que tous les lieux soient restaurés. C’est à elle que l’on doit l’impulsion des pèlerinages en Terre Sainte. Elle trouva, dit-on sous le temple de Jupiter trois croix, celle de Jésus et des deux larrons. C’est la résurrection d’un cadavre mis en contact avec l’une des croix qui aurait désigné celle où Jésus fut crucifié. A partir de là, l’Empereur Constantin fit détruire et dégager toutes les idoles et le temple qui souillaient les éventuels lieux saints. Il fit dégager le tombeau de Jésus et ordonna de construire une chapelle qui habiterait l’emplacement de la croix et son tombeau. Le site que l’on peut visiter actuellement a subit au cours des deux millénaires d’innombrables retouches et réparations et il est l’un des sites les plus visités à Jérusalem.

2. Le Calvaire de Gordon

La première proposition qui remit en cause l’emplacement du Golgotha jusqu’alors situé dans la chapelle du Saint-Sépulcre est la découverte d’un théologien allemand Otto Thenius qui fit cette proposition en 1842, suivi par le Lieutenant Conder qui, en 1882 était en mission archéologique pour le compte du Palestine Exploration Fund. Il approuva et affirma que « la falaise du crâne » était bien le lieu de la crucifixion.

Nous sommes en 1883, la Palestine va bientôt passer sous mandat Britannique. La France, quant à elle va bientôt être secouée par l’affaire Dreyfus, affaire dont le jeune journaliste juif originaire de Hongrie, présent lors de la dégradation du capitaine le 5 janvier 1895 va être marqué, bousculé et perturbé par cet antisémitisme sanguinaire alors que dans la foule on criera : Mort au Juifs ! Deux ans plus tard, impulsé par Théodore Herzl, le mouvement Sioniste sera amorcé.
En Palestine, les premiers olim (ceux qui font leur alyah) arrivent sur la terre ancestrale suite aux pogroms de Russie. C’est aussi à ce moment qu’un certain Eliezer Ben Yehuda, originaire de Lituanie a pour ambition de ressusciter la langue sainte : l’hébreu, langue qui était sur le point de mourir mais le courage et la persévérance d’Eliezer sont aujourd’hui encore là pour confirmer que lorsqu’on s’accroche à ses rêves, ils finissent par se réaliser. Mais revenons au Golgotha.
Alors qu’il est en fonction à Jérusalem, le Major Général Charles Gordon s’intéresse à la question de l’emplacement du lieu de la crucifixion. Il parcourt Jérusalem, interroge, questionne les habitants de la ville. Il scrute les évangiles sur tous les détails qui sont données. Il compare plusieurs traductions, il inspecte, il creuse les textes saints. Un soir, alors que les derniers rayons su soleil frappent  » la falaise du crâne « , il en est époustouflé. C’est là ! Pas de doute. Pour lui, le lieu même de la crucifixion n’est pas la chapelle du Saint-Sépulcre mais bien cette falaise d’où autrefois on extrayait la pierre pour la construction du temple. Les Romains feront à cet emplacement un lieu pour les exécutions. Comme l’endroit est surélevé, beaucoup verront les crucifiés et cela dissuadait les éventuels rebelles.
Mais Gordon ne s’arrêtera pas là. Le texte dit qu’il y avait, au lieu où il avait été crucifié, un jardin, et dans le jardin un sépulcre neuf, dans lequel personne n’avait jamais été mis. Ils mirent donc Jésus là, à cause de la Préparation des Juifs, parce que le sépulcre était proche (Jn 19.41-42). C’est donc qu’il doit y avoir une tombe à proximité. En effet, dès 1867, des chercheurs ont mis à jour un tombe avec une grande pierre ronde à l’entrée comme le texte l’indique. Mais à l’époque, il aurait été mal venu de contester le lieu saint du Saint-Sépulcre. Gordon est convaincu, le mont du crâne est bien le Golgotha et la tombe situé dans la jardin est bien celle où Jésus fut déposé.


Pour l’heure, les Catholiques latins, les Coptes, les Grecs orthodoxes, les Syriaques, Éthiopiens et Arméniens sont unanimes pour défendre la chapelle du Saint-Sépulcre comme le lieu saint où eurent lieu, la crucifixion et la tombe de Jésus.
Les Protestants et les Évangéliques ont plutôt eu tendance à se rapprocher du lieu proposé par Gordon.
Mais le plus important dans l’histoire, c’est bien que Jésus est mort mais bien plus encore – IL EST RESSUSCITÉ.

Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant ? (Luc 24.5)

Le Calvaire de Gordon, ayant la forme d’un crâne.

Le jardin de la tombe, non loin du Calvaire de Gordon.



Détails artistique

A présent, regardez bien ces deux tableaux. Que remarquez-vous au pied de la croix ?

Janssens van Nuyssen – Le Calvaire (1610)

Andrea Mantegna – Le Calvaire (1457)

Un crâne ??? Et oui ! Mais quel rapport entre le mont du Crâne-Golgotha et la présence d’un crâne au pied de la croix ?

C’est là une tradition assez répandue en Orient, que le premier homme Adam aurait été enterré à l’emplacement du mont Golgotha, là même où Jésus a été crucifié. Les Syriens et les Arabes appellent cette montagne Cranion ou Acranion, à cause du crâne d’Adam qui soit disant y est enterré. Les mahométans ont un livre dans lequel est rapporté un dialogue entre Jésus-Christ et le crâne d’Adam.

Cette tradition a été transmise et conservée au fils des ans tant est si bien qu’en 626 une chapelle d’Adam est placée dans le sanctuaire du Saint-Sépulcre.

Une autre légende affirme que le Golgotha se trouve au centre du monde. C’est là, au mont Morija qu’Abraham voulut sacrifier son fils unique et que Melchitsédec officiait tandis qu’il était sacrificateur à Salem, l’ancien nom de Jérusalem (Gn 14.18; Hb 7. 1-3). Tant est si bien que l’église du Saint-Sépulcre offre-t-elle, entre autres à la vénération des pèlerins un autel de Melchitsédec et la chapelle du sacrifice d’Abraham. Du coup, dans ce haut-lieu saint du pèlerinage, qu’est la chapelle du Saint-Sépulcre est un vrai caverne d’Ali Baba.

« Le médecin, dit Augustin, a été élevé là où gisait le malade ». Je crois que St Augustin a très bien formulé l’œuvre de la croix même si l’on peut mettre en doute cette tradition.

Bien que fixée sur un point de la terre, la croix du Christ diffuse ses rayons dans toutes directions. 

(Saint Grégoire de Nysse)

Quelques photos

La chapelle du Saint-Sépulcre à Jérusalem
La petite coupole recouvre l’emplacement du Calvaire et la grande coupole, le tombeau du Christ.

La petite coupole renferme ce qui semblerait être l’emplacement du Calvaire, là même où Sainte Hélène, la mère de Constantin aurait découvert trois croix. Le disque au sol avec une étoile serait le centre du monde. Plus au sud se trouve la célèbre fissure du rocher qui se serait ouverte à la mort de Jésus et qui s’étendrait jusqu’au centre de la terre.

Le tombeau du Christ est une chapelle dans la chapelle. Les colonnes au fond soutiennent la grande coupole.