Théodor Herzl n’a pas eu une vie facile et dès son plus jeune âge, il est confronté à la réalité de la vie. Le jeune Théodor, alors âgé de 18 ans, fut profondément affecté par la mort de sa sœur Pauline, emportée prématurément par le typhus. Après ce  décès tragique, la famille Herzl déménage à Vienne. « Il ne s’est jamais remis de la mort de sa sœur », commentera Derek Penslar.

Dans son testament, le Père du Sionisme, Théodor Herzl écrit, selon sa volonté en qualité de père, que ses trois enfants, Pauline, Hans et Margarethe devaient être remis en famille d’accueil. Julia, sa femme étant dans l’incapacité d’en assumer la charge financièrement, et rappelons qu’au début du 20e siècle, les femmes ne travaillaient pas et n’avaient pas droit aux prestations sociales.

En 1899, il épousera Julia Naschauer (1968-1907) mais pour la famille, c’est un très mauvais mariage. De cette union, ils auront trois enfants mais le couple connaît maints problèmes et bien qu’Herzl aime ses trois enfants, Paulina, Hans et Margarithe, il demeure un père absent à cause de ses déplacements et des réunions qu’il voue à la cause sioniste. Julia décédera en 1907, soit 3 ans après la mort de son mari. Atteinte d’hystérie, elle était internée dans un hôpital psychiatrique à Vienne.

Photo prise l’année de la mort de Théodor Herzl

Que sont devenus ses enfants ?

Pauline (1890-1930), que Théodor à très certainement dû appeler ainsi en mémoire de sa sœur décédée à 18 ans, c’est elle qui est l’aînée des 3 enfants. Marquée par la mort de son père alors qu’elle traverse une adolescence difficile, elle n’a que 14 ans, et sera donc placée en famille d’accueil. Souffrant de trouble mental, elle tente de fuir la réalité de la vie et se réfugie dans la drogue. Après un mariage rompu, des allez-retour à l’hôpital et ce désespoir qui la poursuit, elle demandera depuis son séjour à Biarritz, l’internement dans un asile d’aliénés à Bordeaux. Elle s’y rend le 25 juin 1930 et inscrite sous le matricule 9904. Elle n’y restera que quelques mois jusqu’à sa brusque mort survenue le 8 septembre 1930. Elle avait 40 ans.

Hans (1891-1930) est le deuxième enfant. Il sera circoncis à l’âge de 15 ans, deux ans après la mort de son père. A la mort de son père, il est envoyé dans une école privée pour garçons en Angleterre. Très jeune, il manifeste une tendance exacerbée à la dépression et cherche dans la foi de quoi remplir ce grand vide intérieur. En 1907, sa mère Julia meurt et il doit se rendre à Vienne alors qu’il n’a que 16 ans. Là, il reçoit une urne contenant les cendres de sa mère qui voulait être incinérée. Expérience traumatisante pour ce jeune homme qui n’arrive pas à se construire une vie. Il est pourtant enrôlé dans l’armée britannique lors de la première guerre mondiale et obtient un diplôme de maîtrise à Cambridge. Mais là encore, un trop grand vide règne en lui. Il cherche ici et là. Il essayera la théosophie, le quakerisme et le catholicisme, mais rien n’y fait. Il a le mal de vivre et l’annonce du décès de Pauline, sa sœur aînée, est un véritable coup de massue, un coup de trop. Il avait souhaité se rapprocher d’elle en s’installant lui aussi sur Bordeaux. Il vit très mal la disparition de sa sœur et la dépression s’avère trop importante. Une semaine après l’enterrement de Pauline, alors qu’il se trouve dans un hôtel de Bordeaux, rue de la Gare, il se tirera une balle dans la tête. Nous étions le 15 septembre 1930, Hans était âgé de 39 ans. Un triste jour pour ceux qui restent de la famille Herzl. Il sera inhumé au cimetière juif du cours de l’Yser de Bordeaux aux côtés de sa sœur.

La petite dernière s’appelle Margarethe Gertrude (1893-1943), surnommée “Trude”. Elle épouse un riche homme d’affaires du nom de Richard Neumann. Richard a 20 ans de plus qu’elle. La dépression qui plane sur la famille, telle une malédiction s’empare de Margarethe et les hospitalisations répétées ruineront la fortune du couple. Néanmoins, ils auront un fils, Stéphan-Théodor, le seul petit-fils de Théodor. Arrêtés par les nazis en 1943, alors que le France est sous la domination du IIIe Reich, Margarethe et Richard seront déportés au camp de Theresienstadt (République Tchèque actuelle) où ils seront gazés.

Né en 1918, l’unique petit-fils du père du Sionisme s’appelle Stéphan-Théodor Neumann Norman. En 1943, alors qu’il est âgé de 25 ans, ses parents l’envoient en Angleterre pour le protéger de la rafle qui sévit en France, orchestrée par le régime nazi. Durant la Seconde Guerre mondiale, il est enrôlé dans l’armée britannique et obtient même le grade de capitaine. Il pourra ainsi en profiter pour visiter la Palestine en 1945 et 1946. Comme si l’appel et la vocation de son grand-père faisaient écho en lui. Il projettera de s’y installer une fois la guerre terminée. Il obtint un poste d’attaché culturel à l’ambassade britannique de Washington, mais peu après son installation, alors qu’il vient d’apprendre l’extermination de ses parents, il se suicide en se jetant d’un pont. Son corps sera transféré au Mont Herzl le 5 décembre 2007.

Il ne resta personne de sa propre famille qui pût poursuivre le rêve de Théodore Herzl. Dans son testament, explique le Haaretz, Theodor Herzl demandait à être enterré avec sa famille proche dans l’État juif, une fois que celui-ci aurait été créé. Et c’est ainsi que le 17 Août 1949, un an après la résurrection de l’État d’Israël, son corps et celui de ses parents, Yaakov et Jeannette, ainsi que celui de sa sœur Pauline, ont tous été inhumés au Mont Herzl en Israël. Plus tard, le 19 Septembre 2006, ses deux enfants, Hans et Pauline,  seront à leur tour transférés au Mont Herzl depuis le cimetière Juif de Bordeaux.

Théodor Herzl est ses 3 enfants

FDC Israël – Pour le centenaire de sa naissance 1860-1960