par Paul GHENNASSIA
TMPI n°97 – 1989
LE FILS AÎNÉ QUI ÉTAIT DANS LES CHAMPS
La première partie nous a démontré que Dieu Lui-même, comme le père dans cette parabole, accourt à la rencontre du fils prodigue qui semble bien être Israël. Tout ce qui se produit depuis 1948 (date de création de l’État d’Israël) montre la volonté très précise de l’Éternel de rendre à son peuple le pays qu’il lui a donné. Et même Jérusalem depuis 1967 est redevenue la capitale d’Israël en attendant, peut-être, la reconstruction du Temple de Jérusalem, selon ce qui est écrit : « Je suis ému d’une grande jalousie pour Jérusalem et pour Sion et je suis saisi d’une grande irritation contre les nations orgueilleuses, car je n’étais que peu irrité, mais elles ont contribué au mal. C’est pourquoi ainsi parle l’Éternel : Je reviens à Jérusalem avec compassion, ma maison y sera rebâtie et le cordeau sera étendu sur Jérusalem. » (Zacharie 1:15 à 16)
Mais, me direz-vous, ce passage des Écritures concernait la reconstruction du Temple au temps d’Esdras et Néhémie, soixante-dix ans après sa destruction ! C’est exact, mais il ne faut pas non plus perdre de vue que, dans la Bible, de nombreux passages prophétiques et messianiques ont une double application : application immédiate, pour les temps où vivait le prophète, mais aussi application prophétique pour des temps plus lointains, par exemple la naissance du Messie dans sa première venue sur la terre (Isaïe 7:13 et 16 Michée 5:1-3) ou la résurrection et le retour d’Israël dans son pays (exemple : Amos 9:11-15). D’ailleurs, puisque nous parlons de la double application des passages prophétiques, examinons ce parallélisme étonnant : Nevouranetsar a fait détruire le Temple de Jérusalem en 586 avant la venue de Jésus, et la reconstruction a eu lieu soixante-dix ans plus tard, en 516 avant J.-C., exactement comme le prophète Jérémie l’avait annoncé. De même à notre époque, voici un petit calcul qui semble significatif : en 1897, a eu lieu le premier congrès sioniste à Bâle (Suisse), avec Théodore Herzl dans sa vision du « retour à Sion ».
Exactement soixante-dix ans plus tard, en 1967, le monde étonné apprenait la reconquête (définitive) de Jérusalem par les Juifs. N’est-ce pas là le prélude à la reconstruction du Temple puisque, d’après l’Écriture, Jérusalem deviendra la capitale du monde avec, à sa tête, Yeshoua, le Messie et Roi qui sera revenu !
Mais revenons à notre parabole : Pendant que le fils prodigue est de retour à la maison de son père, et que celui-ci est en train de le réinstaller au milieu de la famille dans la joie des retrouvailles, où se trouve donc le fils aîné (ou celui qui l’est devenu parce qu’il a hérité du droit d’aînesse… à cause des circonstances !). Oui, ce fils aîné , où est-il ? Que fait-il ? Cela nous conduit dans cette deuxième partie, douloureuse et pénible, d’un drame qui dure encore et s’est inscrit dans I’HISTOIRE des Nations !
Le fils aîné était dans les champs
En cela aucun reproche, puisque, par nature, l’Église devait apporter au monde entier la Bonne Nouvelle, l’Évangile. C’est ce que firent les Apôtres, en particulier Paul, conformément à ce que Yeshoua avait dit : « Allez dans le monde entier, prêchez l’Évangile à toute la création. » (Marc 16:15). Mais l’Écriture ne dit-elle pas que, parmi tous les champs, le christianisme devait aussi s’occuper du champ particulier qui s’appelle Israël ! Il faut croire que ce champ avait une importance extrême dans le plan de Dieu pour qu’Il ait voulu et désigné deux apôtres spécialisés : l’un pour le Monde en général, et c’est Paul, l’autre pour Israël en particulier, et c’est Pierre. D’ailleurs, Paul confirme cela quand il dit : « L’Évangile m’a été confié pour les incirconcis, comme à Pierre pour les circoncis, car celui qui a fait de Pierre l’apôtre des circoncis a aussi fait de moi l’apôtre des païens. » (Galates 2:7-8)
Ainsi, deux ministères que l’Église ne devait pas perdre de vue, deux visions : celle du monde à conquérir, mais aussi celle d’Israël, un peuple qui a une place dans la pensée divine ; Yeshoua le Messie ne disait-il pas : « Allez plutôt vers les brebis perdues de la Maison d’Israël. » (Matthieu 10:6) et Paul précisait une priorité logique qui avait un sens dans la pensée divine : « L’Évangile, puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit, du Juif premièrement, puis du Grec. » (Romains 1:16)
– Maintenant, dans un autre ordre d’idées et en dehors de sa vocation missionnaire, est-ce que l’Église n’aurait pas dû rester aussi sur le propre champ où elle est née ? Ses racines ne sont-elles pas juives ? « Le salut vient des Juifs », disait Yeshoua le Messie à la Samaritaine (Jean 4:22) et si l’Église l’avait compris, elle ne serait pas allée glaner dans les champs païens, au cours de deux millénaires. Tant d’erreurs et traditions, voire même superstitions qui l’ont éloignée de la pureté des enseignements bibliques ! Est-ce que ce conseil de Boaz à Ruth la Moabite ne pourrait pas être aussi celui de Jésus à une Église oublieuse et qui a fait déjà tellement d’erreurs : « Écoute ma fille, ne va pas glaner dans un autre champ, ne t’éloigne pas d’ici, regarde où l’on moissonne dans le champ et va… » (Ruth 2:8)
– Sous prétexte d’œcuménisme, tant de communautés de chrétiens ont mélangé leur foi à toutes sortes d’apports étrangers et païens qui les ont éloignés du terrain, du champ biblique ! Sous prétexte de tolérance religieuse, on accepte comme bon pain les ruses diaboliques et trompeuses de Satan (occultisme, bouddhisme, etc…) et on en arrive à brader la vraie Parole de Dieu ! Pourrait-on reconnaître les enseignements de Jésus-Christ dans le christianisme dégénéré qui s’étale sous nos yeux ? Heureusement cependant qu’il y a eu, et qu’il y a toujours, des chrétiens vrais et sincères qui n’ont oublié ni leur champ ni leurs racines (l’olivier franc… Israël). Quel dommage qu’ils soient si peu nombreux !
Il entendit
Un bruit extraordinaire s’est fait entendre dans cette seconde partie du XXe siècle ! Un bruit que l’Église entend, mais ne comprend pas toujours ! Ce bruit, la résurrection d’Israël, annoncée prophétiquement il y a vingt-six siècles par le prophète Ézékiel : « L’Éternel me dit : Prophétise sur ces os et dis-leur : Ossements desséchés, écoutez la Parole de l’Éternel…, voici je vais faire entrer en vous un esprit et vous vivrez, je vous donnerai des nerfs, je ferai croître sur vous de la chair, je vous couvrirai de peau, je mettrai en vous un esprit et vous vivrez, et vous saurez que je suis l’Éternel… je prophétisai… il y eut un bruit, il se fit un mouvement et les os s’approchèrent les uns des autres… Il me dit : Ces os, c’est toute la maison d’Israël. » (Ézékiel 37:5, 6, 7, 11)
Un dicton populaire dit : « Il n’y a pas de pire sourd que celui qui ne veut pas entendre ». Mais le Seigneur Jésus a conseillé clairement à l’Église de savoir entendre : Que celui qui a des oreilles entende ce que l’Esprit dit aux Églises. » (Apocalypse 2:7)
Qui pourrait dire ne pas avoir entendu les multiples « bruits » qui nous parviennent du pays d’Israël, des bruits qui ont une résonance biblique : le désert refleurit, des cités bibliques ressuscitées des sables, reconquête de Jérusalem, la langue de la Bible redevenue vivante, l’extraordinaire vitalité d’un peuple mille fois en danger de mort et, pourtant, bien vivant, etc. Tout cela confirmé par des centaines de prophéties bibliques qui s’accomplissent sous nos yeux et prennent tout à coup un sens précis dans l’Histoire !
– Tout chrétien digne de ce nom devrait être capable de comprendre sa Bible puisqu’elle s’accomplit sous ses yeux. Mais voilà, tous les chrétiens lisent-ils la Bible ? De si nombreuses nations composant l’O.N.U., se disant d’éducation ou de source chrétienne, se dressent violemment contre Israël par ignorance de la Bible que beaucoup ne lisent plus ou interprètent selon leurs traditions, leurs intérêts politiques ou… leur odorat, parce que bien souvent plus sensibles aux odeurs de pétrole ou à la valeur des pétro-dollars, qu’au désir d’obéir à Dieu et faire sa volonté !
Pourtant, ces bruits concernant Israël devraient sensibiliser les chrétiens, car ils sont comme un coup de trompette annonçant le retour de Yeshoua le Messie. Nous en reparlerons plus loin !
Il demanda ce que c’était… En notre siècle si difficile, demander et s’informer est devenu nécessaire ; encore faut-il être renseigné !
Pourquoi l’Église, comme d’ailleurs le Judaïsme, a-t-elle la fâcheuse manie de s’en remettre, les yeux fermés, aux nombreuses traditions d’hommes qui, très souvent, en matière de foi, se sont trompés lourdement. Déjà Israël a été faussé par ses mauvais bergers en ce qui concerne les preuves bibliques de la messianité de Yeshoua et ce fut un drame dont tout le peuple porte encore les conséquences malheureuses. Et voilà que l’Église a fait la même erreur : elle s’est persuadée qu’elle a remplacé Israël ; et pourtant l’évidence est tout autre. L’erreur est humaine, mais au lieu d’aller chercher vos théories sur des traditions faussées, pourquoi ne pas plutôt s’en remettre à la Bible, Parole de Dieu, surtout quand ce qu’il a dit s’accomplit sous nos yeux ! L’évidence Biblique affirme qu’Israël est ton frère, toi qui te dis chrétien, né de la même racine, du même olivier dont parle l’Apôtre Paul. Si tu n’en es pas persuadé, mais que tu crois ce que dit l’Écriture, alors lis avec attention et prière le chapitre 11 des Romains et plus particulièrement les versets 16 à 24.
Ton frère est de retour
Ce retour d’Israël signifie beaucoup de choses dont l’Église doit prendre conscience.
1) Un retour dans ses prérogatives : car l’Église n’a pas remplacé Israël comme on l’a tant prétendu : il faut qu’Israël soit de retour pour que de nombreuses prophéties puissent s’accomplir. En effet, si les prophéties avaient été accomplies par l’Église, on aurait eu beaucoup de mal à comprendre certains passages de l’Écriture. D’ailleurs, un croyant et un chrétien sincère, et je crois catholique, M. Jean Louvet, a écrit ce qui suit dans un article paru dans le périodique Le Messager Biblique (n° 138, octobre-novembre 1975, page 341) et qui a pour titre : Les dons et promesses de l’Éternel au peuple Juif sont-ils caducs et transférés à l’Église ? Je cite : Comment sans dénaturer complètement l’Écriture Sainte, dont l’interprétation littérale doit être recherchée d’abord, appliquer à l’Église toutes ces promesses et bénédictions futures, et en exclure les Juifs qui en sont manifestement les seuls bénéficiaires ? L’Église a-t-elle été dispersée au sein des nations ? Existe-t-il une terre de l’Église qui, préalablement stérile, doit devenir fertile ? L’Église possède-t-elle des cités détruites qui vont être reconstruites ? Un désert qui va refleurir ? Une terre dont l’Église ne serait plus jamais arrachée ? Poser ces questions, c’est déjà y répondre.
C’est bien vrai, on a trop souvent violenté le texte biblique en spiritualisant des passages qu’il fallait tout simplement prendre dans leur sens littéral !
2) Israël est de retour avec déjà un état d’esprit bien changé. La souffrance de la diaspora (dispersion) avec son cortège de persécutions, de misère et de tragédies, a aidé le peuple à réfléchir et comprendre bien des choses, car il est bien vrai que l’épreuve est nécessaire pour chaque être humain ! En ce qui concerne Jésus, le peuple Juif n’est pas encore parvenu à saisir le sens et la glorieuse vérité de ce Nom, de cette Personne, mais l’esprit avec lequel on aborde le sujet a beaucoup changé !
Des hommes Juifs éminents ont écrit sur Jésus et je cite l’un d’entre eux, André Chouraqui, qui vient de faire récemment une traduction des Évangiles et dit dans son introduction : « À ce mouvement de retour de l’Église à ses sources sémitiques, correspond un événement non moins révolutionnaire : la réintégration par Israël, au sein de sa propre histoire, de l’histoire de Jésus. Dès le XIXe siècle, des historiens, des exégètes, des philosophes, des publicistes Juifs amorcent la réhabilitation de Jésus. De nos jours, des historiens comme Dubnov ou S.W. Baron ; des écrivains, Israël Zangwill, Edmond Fleg, Shalom Ash, Emile Ludwig, Jules Isaac ; des rabbins, parmi lesquels le Grand Rabbin Julien Weill et, en Israël même, des hommes aussi divers que Joseph Klausner, Martin Buber, A.A. Kabak, Haïm Cohen ou David Flusser confirment le cri de Yosseph Haïm Brenner parlant du Nouveau Testament : « Notre livre aussi, l’os de notre os, la chair de notre chair » ou celui d’Einstein parlant de Jésus : Ce Juif Central. » Extrait : Les Évangiles ou les 4 annonces – André Chouraqui, page 9 de son introduction. Édition Desclée De Brouwer.
3) Le retour d’Israël, signe des temps : ceux qui lisent la Bible savent que ce retour est vraiment un signe qui annonce la venue de Jésus-Christ ! Le Messie n’a-t-il pas dit qu’il reviendrait ? Et sa venue prochaine est en étroite relation avec le rétablissement d’Israël dans son pays, puisque Yeshoua le Messie a dit : « Instruisez-vous par une comparaison tirée du figuier (le figuier symbolise Israël). Dès que ses branches deviennent tendres et que les feuilles poussent, vous connaissez que l’été est proche. De même quand vous verrez toutes ces choses, sachez que le Fils de l’homme est proche, à la porte. Je vous le dis en vérité, cette génération ne passera point que tout cela n’arrive. » (Matthieu 2:32 à 34)
– Ce retour, signe du frère prodigue, n’aurait-il pas dû réjouir l’Église en général, l’enthousiasmer, pour accueillir avec joie son frère malheureux qui revient tellement amer et humilié, et qui attendait du secours ? Hélas ! L’Histoire est là : la réaction de l’Église dans sa majorité ressemble à celle du brave frère si vertueux parce qu’il est resté à la maison.
Mais il faut avouer que les circonstances défavorables pour son frère l’y ont aidé quelque peu.
Il se mit en colère
On aurait pu penser que les liens fraternels (ceux du sang) auraient dû suffire pour que le frère revenant des champs, ému dans ses entrailles en apprenant le retour du frère parti depuis si longtemps se précipite en courant pour l’accueillir avec des démonstrations d’affection afin de lui faire oublier sa souffrance par une chaude affection, un amour sincère et même en oubliant les justes reproches puisque les circonstances douloureuses s’en étaient bien chargées ! Oui, voilà ce qu’on aurait pu attendre de l’Église : « Israël, mon frère, j’ai longuement profité des biens de la maison pendant ton absence, alors maintenant, sois le bienvenu à la maison, reprends ta place dans ton héritage et ta famille, oublions le passé… puisque le Père veut te pardonner !
– Malheureusement, ce n’est pas du tout comme cela que les choses se sont passées. Il se met en colère et ne peut concevoir que son frère ait un quelconque droit. Pourtant, soyons logiques, même si Israël a perdu son droit d’aînesse et dilapidé ses biens à sa manière (comme si l’Église n’en avait pas fait autant, sinon pire, quand on regarde son histoire ), est-ce que pour cela il n’aurait pas le droit de retrouver le toit familial, le pays que Dieu lui a donné par décret divin : « Ainsi parle l’Éternel : Lorsque je rassemblerai la maison d’Israël du milieu des peuples où elle est dispersée… Ils habiteront leur pays que j’ai donné à mon serviteur Jacob et ils y bâtiront des maisons et planteront des vignes. » (Ézékiel 28:25-26)
« Voici les jours viennent, dit l’Éternel, où je ramènerai les captifs de mon peuple d’Israël et de Juda : Je les ramènerai dans le pays que j’ai donné à leurs pères et ils le posséderont. » (Jérémie 30:3)
« Je vous rassemblerai du milieu des peuples, je vous recueillerai des pays où vous êtes dispersés et je vous donnerai la terre d’Israël. » (Ézékiel 11:17)
Il y a tant d’années que je te sers… jamais tu ne m’as donné un chevreau
Ce fils avait-il le droit de faire de tels reproches à son père, puisque du fait de l’absence de son frère il était l’unique bénéficiaire de tant de richesses et bénédictions qui appartenaient uniquement à Dieu ? Combien en cela la Parole de Dieu a raison quand elle dit : « Qu’as-tu que tu n’aies reçu ? Et si tu l’as reçu, pourquoi te glorifies-tu comme si tu ne l’avais pas reçu ? » (1 Corinthiens 4:7). Quant à ne pas « avoir pris seulement un chevreau… », c’est là un manque de foi, car Dieu a donné un héritage non pas pour qu’il reste pieusement dans un livre, en souvenir, mais pour l’utiliser en Son Nom. La parabole des talents est assez édifiante à ce sujet et, ne l’oublions pas, dans le domaine de la foi ce sont les violents qui s’emparent du royaume de Dieu !
– C’est bien cela que répond le Père : Enfant, tu es toujours avec moi et ce que j’ai est à toi. Combien ces paroles prennent un sens extraordinaire lorsqu’on les met en parallèle avec celles de Pierre, devant un pauvre homme, impotent et attendant du secours : « Je n’ai ni or, ni argent, mais ce que j’ai, je te le donne au Nom de Yeshoua de Nazareth, lève-toi et marche. » (Actes des Apôtres 3:6-8)
Prendre au mot ce que Dieu dit et faire en Son Nom les œuvres qu’il a préparées, c’est bien plus qu’un chevreau, et tellement plus utile pour notre entourage . Où est la Kehila (ou l’Église) des temps bibliques ? N’a-t-elle pas reçu la possibilité d’utiliser merveilleusement les trésors célestes puisque le Messie Yeshoua a dit : « Tout ce que vous demanderez en priant, croyez que vous l’avez reçu et vous le verrez s’accomplir » (Marc 11:24). « En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi fera aussi les œuvres que je fais et il en fera de plus grandes. » (Jean 14:12). Quel capital biblique ! Jamais employé, jamais utilisé… même pas un chevreau… alors que l’Héritage de Dieu est inépuisable, pour celui qui fait sa volonté !
Ton fils… Ton frère
Quel bouleversant dialogue entre un fils au cœur dur, qui au lieu de dire mon frère semble reprocher à son père d’avoir eu un tel fils, et un père qui, dans sa réponse semble rappeler les liens de parenté qui existent malgré tout… ton frère… Les liens de parenté qui unissent Israël à l’Église ne peuvent être niés ou contestés et l’Église ne peut renier son ascendance juive, puisqu’elle renierait la foi et se renierait elle-même !
C’est pour cela qu’il est écrit : « Si quelqu’un n’a pas soin des siens, et principalement de ceux de sa famille, il a renié la foi et il est pire qu’un infidèle. » (Galates 5:8)
– Peut-être est-ce là la raison de tant de faillites et de tant de divisions dans le christianisme. En rejetant Israël, on rejette avec ses liens de parenté ses racines et sa foi ! Deux faits actuels prouvent que les Églises dites officielles ont eu cette attitude négative de rejet :
1) Jusqu’à ce jour, le Vatican n’a jamais reconnu l’État d’Israël, ni bien sûr l’accomplissement des promesses de Dieu par le retour d’Israël ! Le protestantisme officiel, lui aussi, n’a-t-il pas gardé un silence prudent ? Même les Évangéliques qui, en particulier, reconnaissent que ce qui se passe en Israël est bien l’accomplissement de l’Écriture, n’ont pas osé prendre une position officielle commune. Pourtant, dans tous ces milieux, il y a des exceptions et certains n’ont pas eu peur de s’engager résolument à propos d’Israël. Seulement ce sont des cas isolés ou, trop souvent, timidement exprimés.
2) Pire encore, une conférence de soi-disant chrétiens s’est réunie en mai 1970 à Beyrouth (Liban) pour mettre en garde les Églises contre l’abusive utilisation des textes bibliques à des fins sionistes (sic). Si c’est être sioniste que de croire la Parole de Dieu, surtout lorsqu’elle s’accomplit sous nos yeux, alors oui, nous sommes sionistes. Et en bonne compagnie puisque le premier sioniste c’est l’Éternel, car c’est Lui qui a inspiré ces textes bibliques et c’est Lui qui les accomplit selon Sa Promesse !
Ton frère était mort et il est revenu à la vie… Il était perdu et il est retrouvé
Ce cri d’amour du Père ne devrait-il pas être suffisant pour faire fondre le cœur dur du frère aîné ? Nous espérons que dans cette parabole cela s’est produit, mais cela se produira-t-il dans l’Église en ces temps cruciaux pour Israël ? Car, enfin, Israël est en train de revenir à la vie, en train de se retrouver pour être retrouvé par son Père, et son retour bien solitaire, sous les regards furieux de son frère (au sein des nations, Israël est bien seul !), prendra tout son sens, le Jour J de la Grande Rencontre avec Yeshoua son Messie, sur le Mont des Oliviers : « Ils tourneront les regards vers « Moi », Celui qu’ils ont percé, ils pleureront sur lui comme on pleure sur un Fils Unique. » (Zacharie 12:10)
Ce sera alors, comme nous l’avons déjà dit : la repentance et la conversion à Dieu de tout un peuple. Mais l’Église n’a-t-elle pas à participer à une telle résurrection ? N’est-ce pas pour elle et pour cette circonstance qu’il est écrit : « Consolez, consolez mon peuple, dit votre Dieu, parlez au cœur de Jérusalem et criez-lui que sa servitude est finie, que son iniquité est expiée, qu’elle a reçu de la Main de l’Éternel, au double de ses péchés. » (Isaïe 40:1-2)
L’Apôtre Paul affirme que si leur mise à l’écart a été la réconciliation au monde, que sera leur réintégration (c’est-à-dire Israël replacé dans le plan divin)sinon le passage de la mort à la vie ? (Romains 11:15, version Scofield) et il ajoute cet avertissement qu’aucun chrétien ne devrait oublier : « Ne t’abandonne pas à l’orgueil, mais crains ; car si Dieu n’a pas épargné les branches naturelles (c’est-à-dire Israël, l’olivier franc), il ne t’épargnera pas non plus. Considère donc la bonté et la sévérité de Dieu : sévérité envers ceux qui sont tombés et bonté de Dieu envers toi, si tu demeures ferme dans cette bonté, autrement tu seras retranché. » (Romains 11:20-22)
– La souffrance terrible d’Israël dépasse de beaucoup celle du fils prodigue de la parabole, mais sa vraie repentance dans son retour sera pour le peuple son salut parce qu’il verra son Père et comprendra son amour si souvent exprimé dans les Écritures : « Je t’aime d’un amour éternel, c’est pourquoi je te conserve ma bonté. » (Jérémie 31:3)
– Cette transformation sera l’œuvre même de l’Esprit-Saint ! Mais l’Église n’a-t-elle pas besoin de réviser sa théologie, ses convictions et traditions ? et revoir son cœur devenu si dur ?… Yeshoua disait : « À ceci, tous connaîtront que vous êtes mes disciples si vous avez de l’amour les uns pour les autres. » (Jean 13:35)
– Ne devait-elle pas avoir ce véritable amour d’abord pour son frère du même sang spirituellement et prophétiquement parlant, car ce « SANG » de Golgotha, celui de Jésus, le Christ et le Messie, a coulé pour l’un comme pour l’autre. Et le pardon, le salut, le rachat doit être le même pour l’un comme pour l’autre.
– Quelques lecteurs diront peut-être : Vous exagérez en considérant l’Église dans son ensemble comme « le frère ennemi » ! En effet, il ne faudrait pas généraliser puisque nous savons pertinemment que dans l’Église (dans toutes les dénominations chrétiennes), ils sont nombreux ceux qui aiment Israël et prient pour lui, parce qu’ils ont compris le plan et l’amour du Seigneur qui veut faire grâce au pécheur. Mais ce que nous voulons démontrer dans cette parabole, c’est l’HISTOIRE telle qu’elle s’est inscrite dans les relations des Juifs et des Chrétiens, telle qu’elle s’inscrit aussi dans le cadre de notre XXe siècle, mais surtout telle que le Juif puisse voir l’Église, et pour lui, ce qui compte, ce n’est pas ce que pense une minorité, mais la réaction de l’Église OFFICIELLE !
– Le véritable amour ne s’exprime pas dans des réunions œcuméniques, mais dans LES FAITS de la vie. Si on est soi-même changé et transformé, on aura un impact certain dans le cœur de son frère juif et nos actions prouveront nos intentions, plutôt que les belles paroles onctueuses qui souvent ne sont que du vent.
– Ce nouvel état d’esprit doit se voir maintenant avant le retour prochain du Seigneur et Messie !
En conclusion, nous voyons sous nos yeux le dénouement de cette parabole, en ce XXe siècle qui s’achève. Juifs et chrétiens, deux branches d’un même peuple, le peuple de Dieu. Voulons-nous remettre en question nos conceptions, nos idées, nos traditions et mieux revenir tout simplement à la Bible et à son Message de Vérité encore pour écouter Dieu, lui obéir et ainsi préparer ensemble la venue prochaine du Messie, Roi d’Israël et du Monde ? | Amen.



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