SEG21 : Je fus saisi par l’Esprit le jour du Seigneur
NEG : Je fus saisi par l’Esprit au jour du Seigneur
PEUP : je fus pris par l’Esprit certain jour du Seigneur
DBY : Je fus en Esprit, dans la journée dominicale
PAR VIV, OSTER, MART : Un dimanche, l’Esprit de Dieu se saisit de moi

Au travers de ces 5 traductions d’Apocalypse 1.10, nous voyons une influence progressive et un éloignement au texte original.

Le texte grec dit :

ἐγενόμην ἐν πνεύματι ἐν τῇ κυριακῇ ἡμέρᾳ
Egenomen en Pneumati en té Kuriaké Emera

Quel est donc ce jour du Seigneur ?

Est-ce le dimanche ou est-ce un jour différent des jours de la semaine ? Notons premièrement que si Jean ait reçu cette vision un dimanche ou une mardi, qu’est-ce que cela changerait ?

Traduire, c’est trahir ! Traduire le jour du Seigneur par le dimanche ce n’est plus de la traduction mais de l’interprétation, ce qui dans certain cas peut-être plus ou moins grave. On ne traduit plus, mais on donne une interprétation au texte d’après sa propre compréhension. En d’autres termes, le traducteur influence le lecteur. Presque toutes les bibles avec notes ont été obligées de vous expliquer que « le jour du Seigneur » est le dimanche, le jour où les chrétiens se rassemblent.

La colombe en bas de page note « littérallement : au jour seigneurial ou dominical. Cet adjectif désigne en grec moderne le dimanche ». La Crampon note : Le jour du Seigneur, le dimanche (dominica dies) ainsi nommé à cause de la résurrection de Jésus-Christ. Le problème, c’est que Jean ne parlait pas le grec moderne que nous employons aujourd’hui. Pour justifier le choix du culte chrétien qui se pratique le dimanche matin, ce verset a souvent été utilisé.

Nous trouvons en Actes 20.7 : « le premier jour de la semaine, nous étions réunis pour rompre le pain», les notes de certaines bibles ajoutent qu’il s’agit ici du dimanche matin, jour où Jésus est ressuscité d’entre les morts. Les chrétiens se rassemblaient le dimanche pour commémorer la victoire du Seigneur. Le dimanche est bien le premier jour de la semaine mais, pour un juif tel que Jean, le jour commence le soir selon l’expression de Genèse 1.5, il y eut un soir, il y eut un matin – jour un.

Dans le contexte d’Actes 20.7, il faut placer cet événement le samedi soir après le coucher du soleil. La bible juive complète traduit au plus juste l’événement dans une perspective hébraïque, au motza’ ei-Shabbat (samedi soir, la sortie du shabbat), disons à peu près vers 19h. Le premier jour de semaine qui est le dimanche commence donc le samedi soir après l’apparition des 3 premières étoiles. Paul qui dialoguera avec les disciples jusque vers minuit et Luc qui nous indique qu’il y avait des lampes nous montre bien que la nuit était tombée.

Autre remarque : Dans son évangile, Jean n’utilise pas le jour du Seigneur pour désigner le dimanche. Il emploie « le premier jour de la semaine » dans Jean 20.1; pareil pour Paul en 1 Corinthiens 16.2.

C’est « en esprit » nous est-il dit que Jean est transporté au Jour du Seigneur (voir Paul 2 Corinthiens 12.2-3). Il n’est pas dans un état de transe mais bien lucide et se retrouve transporté hors du temps et des contingences physiques. En esprit, il voit le monde invisible et toute l’activité qui se déroule autour du trône (chapitres 4 et 5).

Le jour du Seigneur n’est donc pas un jour de 24h mais une période de temps qui n’est autre que ce « Jour » qu’ont annoncé les prophètes Joël, Zacharie, Malachie et Isaïe. Le jour du Seigneur fait donc référence à l’ensemble des événements qui se dérouleront dans le jugement de Dieu sur les nations et ce, jusqu’à l’avènement du Messie en Gloire. Si nous considérons la globalité du livre de l’Apocalypse, nous voyons bien qu’il expose les choses dernières à savoir : la délivrance finale des élus et le jugement des nations, la chute de Babylone et l’établissement de la nouvelle Jérusalem. Ce « jour » est décrit par les prophètes comme grand et redoutable (Malachie 4.5). Les sages d’Israël disent que ce « jour » sera grand pour ceux qui se confient en Lui et redoutable pour ses ennemis. (Voir aussi Joël 2.28; Isaïe 2.12; Zacharie 9.9-17) C’est tout simplement ce que Jean décrit dans son livre.

Ceux qui veulent comprendre le dimanche sont libres, mais il est nécessaire de faire remarquer que la bible n’emploie jamais l’expression de « Jour du Seigneur » pour désigner le premier jour de la semaine. Comme l’a fort bien noté E. Fauvel dans son commentaire sur l’apocalypse : « laissons cette entorse à la vérité dont le but est de faire triompher le dimanche. Depuis le premier jusqu’au septième jour, nous devons offrir à Dieu un culte qui lui soit agréable ». L’enjeu qui se déroule tout au long de ce livre dépasse largement le cadre du dimanche, mais plutôt ce qui arrivera lorsque Dieu va reprendre les commandes qu’Il a laissées à l’homme en Eden.

Dieu a laissé l’homme libre et tout au long de l’histoire, après la chute, nous voyons les catastrophes et le mal grandissant. Mais à un moment de l’histoire, lorsque l’homme aura été trop loin et qu’il aura atteint un point de non-retour, alors Dieu interviendra ; et c’est là toute la différence entre prophétie et Apocalypse. Le Jour de l’Éternel est ce moment dans l’histoire où Dieu va intervenir pour dire STOP.

Note de la bible annotée : Ou le dimanche – le mot français dimanche a étymologiquement la même signification (dies dominica). Ce jour, ainsi nommé à cause de la résurrection du Seigneur, eut une grande importance aux yeux des chrétiens, dès les temps apostoliques (il est aussi mentionné dans Actes 20.7 ; 1 Corinthiens 16.2) ; ils pensaient que le retour de Christ et la résurrection des morts auraient lieu ce jour-là. Consacré spécialement à la méditation, ce saint jour était bien propre aux grandes manifestations dont l’apôtre va être le témoin. D’après Beck, le sens serait : Je fus transporté en esprit au jour du Seigneur, c’est-à-dire au moment du retour de Christ, (1Corinthiens 1.8) pour contempler en esprit ce grand événement.