Je publie ici un article de Jean-Marc Thobois paru dans le magazine expériences n°91 de 1993. Plus de trente ans ont passé, et depuis, bon nombre de nouvelles traductions ont paru. La Semeur a été révisée en 2000, puis en 2015. La NBS est parue en 2002 et la S21 en 2007. La « Français courant » a elle aussi été révisée en 2019 devenant la NFC avec une révision en profondeur : L’un des points à relever dans cette nouvelle révision, c’est un rétablissement des passages jugés jusqu’alors trop sexiste. Un langage épicène prend la place, c’est-à-dire sans distinction de sexe. Hommes et femmes sont égaux, il était donc nécessaire de rétablir l’équité. Conséquences : Tous ces passages du NT qui commençaient par Je ne veux pas frères que vous ignoriez… Saluez les frères qui sont à… quasiment à chaque fois que l’on trouve le mot grec adelphos (frères) dans le NT, nous trouvons à la place « frères et sœurs » avec une note en bas de page précisant : frères et sœurs : le terme grec frères désigne à de nombreuses reprises, comme ici, les chrétiens hommes et femmes, sans distinction de sexe, mettant davantage l’accent sur la fraternité en Christ. Jésus, à sa naissance n’est plus déposé dans la crèche mais dans une mangeoire (Luc 2.7) afin que l’on ne s’imagine pas qu’il est à la garderie !
Jean-Marc s’inquiétait qu’un jour viendrait où l’on verrait des traductions dites « inclusives ». Je vous renvoie vers cette traduction de 2024 : https://www.bibliorama.org/outil/les-4-evangiles-traduction-au-feminin-masculin/https://www.bibliorama.org/outil/les-4-evangiles-traduction-au-feminin-masculin/
Voici l’article en question, en vous rappelant que c’était en 1993.
Une vingtaine de versions différentes de la Bible sont aujourd’hui disponibles en France. Devant cette abondance, nombreux sont ceux qui s’interrogent et demandent : « Parmi toutes ces versions, laquelle est la meilleure, laquelle convient-il de choisir ? » Il y a encore quelques années de cela la réponse aurait été : « Mis à part la traduction des « Témoins de Jéhovah », il n’existe pas de traduction tendancieuse ou malhonnête, chaque traduction répond à une intention et s’adresse à un public donné ».
Aujourd’hui, nous ne pouvons plus avoir un jugement aussi irénique, car depuis quelques années certaines traductions sont franchement tendancieuses, voire partisanes et donc dangereuses pour le lecteur non averti. On peut craindre que cette tendance s’accentue encore quand seront publiées les traductions dites « inclusives » qui sont en voie d’élaboration.
Traduire est-ce trahir ?
Il y a certes un peu de vrai dans cette formule abrupte et excessive, car il est vrai que toute traduction appauvrit obligatoirement le texte original. On ne peut en effet transférer telles quelles toutes les richesses d’une langue dans une autre : le traducteur doit obligatoirement faire des choix et s’attacher à restituer le sens le plus important du texte. C’est surtout vrai pour l’hébreu donc pour l’Ancien Testament dont chaque mot recouvre un large champ sémantique (approximativement le sens du mot).
Il est certain que l’idéal serait que chacun puisse couramment lire la Parole de Dieu dans les langues bibliques : l’hébreu et le grec. Dans la mesure où cela est évidemment impossible, il faut bien recourir à des traductions. Si la traduction du Nouveau Testament est relativement aisée, car le grec du Nouveau Testament est un grec simple, il n’en va pas de même pour l’hébreu.
Jusqu’à il y a peu, les traducteurs étaient des hommes de foi, qui voyaient dans la Bible la Parole de Dieu et qui cherchaient à la transmettre de la manière la plus fidèle possible. La plupart d’entre eux croyaient en son inspiration verbale. C’est pourquoi on avait tendance autrefois à rechercher une traduction aussi littérale que possible en respectant les tournures de phrases des originaux, en cherchant à rendre, si possible, chaque mot hébreu ou grec par un équivalent français.
Or ce principe qui paraît simple en théorie l’est beaucoup moins en pratique : d’abord parce qu’il est rare qu’il y ait en français un mot qui recouvre le même champ sémantique, c’est-à-dire, qui ait exactement la même signification que le mot de la langue originale (surtout lorsqu’il s’agit de langues anciennes) ; d’autre part, parce que ce que l’on nomme le génie de la langue (c’est-à-dire la manière de penser et de raisonner) est autre. Ainsi traduire littéralement revient à produire un texte français qui fait fi de la syntaxe et de la grammaire françaises jusqu’à le rendre incompréhensible.
Ainsi, si l’on veut traduire littéralement le deuxième verset du premier chapitre de la Genèse, on obtient quelque chose comme ce qui suit : Et dira Dieu qu’il y ait lumière et il y aura lumière. Il voit Dieu la lumière, car bonne, et séparera Dieu entre la lumière et entre la ténèbre, et appellera Dieu à la lumière jour et à la ténèbre il appela nuit, et il y aura soir et il y aura matin, jour un.
Une traduction littérale est-elle possible ?
Parmi les traductions modernes, certains ont cru devoir s’en tenir peu ou prou à ce principe. La Bible de Darby, par exemple, bien que s’accommodant un minimum au texte français, est une Bible dont le style littéraire est peu élégant, difficilement compréhensible au lecteur moyen.
Parfois certains textes difficiles des psaumes et du livre de Job sont tout simplement incompréhensibles car on a traduit littéralement des expressions typiques de l’hébreu sans équivalent dans nos langues, un peu comme si l’on voulait traduire littéralement en français l’expression anglaise pour dire « je suis fou d’inquiétude » et qui deviendrait alors « je suis hors de mes esprits avec l’inquiétude ».
Ainsi, par exemple dans le Psaume 24:6, on trouve un verset généralement traduit par « c’est la génération de ceux qui te cherchent », expression qui dans le contexte général du psaume détonne absolument. Or en vieil hébreu, le mot « génération » signifie aussi « cercle » et par extension « rassemblement de gens qui font cercle pour écouter ».
Dans le contexte du Psaume 24, traduire par « génération » est donc un contresens, il faut traduire par « communauté » ou « rassemblement ».
En outre, quand on sait que la forme verbale des temps en hébreu n’existent pas, on voit tout de suite la difficulté qui est celle du traducteur qui ne peut en rien rendre certaines nuances du texte hébraïque tout simplement parce qu’elles n’existent pas dans d’autres langues, ainsi Isaïe 66.14 : Vous le verrez (sous-entendu de manière certaine dans l’avenir) et votre cœur se réjouira et vos os reprendront vie comme l’herbe (ces deux derniers verbes sont à un mode différent indiquant un processus qui commence dès maintenant. Le prophète veut dire que bien que la promesse soit encore future, la réjouissance est déjà actuelle.)
Autre exemple, Genèse 15:14 : « Le peuple qui vous opprime, moi l’Éternel je le juge », ce qui est un présent absolu, c’est-à-dire une loi qui se répète à toutes les époques : le peuple, quel qu’il soit, qui se dressera contre les descendants d’Abraham à toutes les époques s’exposera au jugement de Dieu, nuances qu’évidemment aucune traduction française ne peut rendre.
La version qui est la plus poussée dans ce sens est celle d’André Chouraqui, mais on peut se demander si on a encore affaire à du français. Chouraqui a forgé des néologismes, des expressions sans équivalent dans la langue française. Qui pourra reconnaître, au travers de cette expression : « Allégresse des matriciants, oui car ils seront matriciés », le verset : « Heureux les miséricordieux car ils obtiendront miséricorde » des Béatitudes.
Pour comprendre cette expression, il faut en effet savoir qu’en hébreu « miséricorde » se dit « entrailles », « matrice ». Il en va de même pour l’expression « le Dieu long de narines », expression qui en français est quasi blasphématoire et conduit le lecteur non-averti à un véritable contresens s’il ignore qu’en hébreu cette expression signifie seulement « le Dieu patient”. Tant qu’à faire, il serait, à la limite, préférable que le lecteur aille jusqu’au bout de sa démarche, et apprenne l’hébreu pour lire la Bible dans le texte. La Bible d’André Chouraqui est tout au plus une bible de consultation, mais ne peut en aucune manière servir de bible de base.
Qu’est-ce qu’une bonne traduction ?
Traduire, c’est donc adapter le texte original à la langue française. Prenons l’exemple du mot « foi » (hébreu: amen, emouna et en grec : pistis) ; « foi » en français, c’est quelque chose d’irrationnel, une vague espérance dont on ne peut être sûr : « je crois »… c’est-à-dire « il me semble »… alors qu’en hébreu, l’amen, c’est ce que j’ai reconnu pour vrai, ce qui est ferme, ce qui est solide. Donc emouna, c’est la certitude absolue.
La traduction, c’est donc l’art du compromis entre l’exigence de la fidélité au texte, la nécessité de restituer l’essentiel de ces textes de façon compréhensible au lecteur et le souci d’un minimum d’élégance littéraire, notamment à l’occasion de la lecture publique dans le culte. La plupart des versions tiennent compte de ces trois impératifs tout en privilégiant l’un ou l’autre.
Parmi les versions qui insistent sur la fidélité au texte, citons la version à la Colombe. Les traductions comme la Bible des moines de Maredsous, la Bible de Dhelly, insistent davantage sur l’intelligibilité du texte.
Enfin, d’autres traducteurs privilégient la beauté du style littéraire, comme par exemple, la Bible de la Pléiade ou la version Synodale, malheureusement introuvable aujourd’hui sur le marché français. Toutes ces versions sont des versions honnêtes et représentent un bon compromis entre les trois exigences mentionnées plus haut.
Bibles annotées : danger !
On peut s’interroger quand on arrive dans le domaine des bibles annotées, telles que la Bible de Jérusalem, ou la TOB (Traduction Œcuménique de la Bible). Ces bibles sont largement influencées par le libéralisme théologique qui nie l’inspiration véritable de la Parole de Dieu. Outre le fait qu’elles contiennent les livres apocryphes, elles sont accompagnées d’un appareil de notes qui, lorsqu’elles ont un caractère historique, géographique, archéologique, linguistique, exégétique etc… présentent un intérêt indiscutable pour une meilleure compréhension du texte, mais qui, lorsqu’elles s’appuient sur les présupposés de la critique rationaliste qui nie l’autorité de la Parole de Dieu, peuvent être éminemment dangereuses.
Pour ce qui est de la traduction elle-même, cette option libérale s’y retrouve à un degré moindre mais certains passages sont manifestement traduits dans une optique rationaliste. Au niveau de la « TOB », on peut aussi signaler le caractère très inégal de la traduction de l’Ancien Testament, dû à la multiplicité des traducteurs.
La Bible de Pierre de Beaumont va jusqu’à mettre en caractères plus petits des passages jugés « moins importants aujourd’hui » ; au nom de quoi certains traducteurs s’arrogent-ils le droit de juger ce qui est moins important aujourd’hui ? Ne dépassent-ils pas le rôle du traducteur, humble serviteur du texte biblique, pour s’en faire le juge ? On est loin du respect du texte biblique et du texte sacré (qui justement ne l’est plus) mais est réduit à un objet qu’on dissèque selon des « méthodes scientifiques ».
Et les versions modernes ?
Venons-en maintenant aux « versions modernes », notamment la version dite « en français courant », et plus récemment la Bible dite « du Semeur ». Ce sont des traductions basées sur de dangereux a priori. Comme son nom l’indique, la Bible « en français courant » se veut une bible populaire, employant un vocabulaire de base accessible à tous. Quelque honorable que soit cette intention, elle nous conduit néanmoins à nous poser quelques questions. Ne risque-t-on pas d’appauvrir le texte biblique à trop vouloir le simplifier ?
Remplacer « repentez-vous » par « changez de comportement », c’est faire d’une conséquence seconde de la repentance l’essentiel, alors que la repentance, c’est d’abord un changement d’état d’esprit et de cœur. Quand on sait qu’il s’agit là d’un des mots clé de la Bible, on ne peut que s’inquiéter de cette dérive. On objectera qu’il s’agit là de notions qui ne sont plus compréhensibles aux hommes de la rue. Or force est de constater que lire la Bible, c’est quand même acquérir un minimum de connaissances de vocabulaire biblique. Il existe dans la Bible, comme dans tout autre ouvrage, des termes qui lui sont spécifiques. Dans ce cas, les expressions qui risquent de ne pas être comprises par le lecteur moyen sont en général expliquées par des notes ; pourquoi n’en serait-il pas ainsi pour la Bible ?
Ainsi que nous l’avons mentionné plus haut, n’est-on pas en droit d’attendre du lecteur moyen un minimum d’effort de compréhension de ces notions de base ? Il n’est pas acceptable de remplacer le mot « expiation » par « sacrifice » ou par « apaiser la colère de Dieu contre le mal ». Considère-t-on le lecteur moyen comme incapable d’un tel effort ? Dans ce cas, n’y aurait-il pas une vision paternaliste du public vis-à-vis duquel des clercs « qui eux savent », condescendent à s’abaisser pour mettre à sa portée un savoir qui, de toute façon, le dépasse ? Ou bien sommes-nous en présence d’un aspect de la pédagogie moderne selon laquelle il faut « apprendre sans effort en partant du vécu », à partir de notions familières au lecteur et en s’abstenant de tout ce qui pourrait le dépayser ?
En outre, la Bible en « français courant » se veut « une étude scientifique de l’art de traduire par concordance véritable entre le texte original et la version française. On reçoit des informations du texte récepteur et on les reformule en français », c’est-à-dire que l’on remodèle totalement le texte original en s’affranchissant totalement du littéralisme. Une telle manière de faire peut être enrichissante parfois, à condition que le traducteur ait bien compris la pensée essentielle du texte ; s’il l’a fait, il en dégage « la substantifique moelle » pour le plus grand bien de ses lecteurs, mais s’il se trompe, cela peut être gravissime…
Prenons un exemple :
De nombreux psaumes commencent par cette expression « la menasteah », qu’on traduit en général par « au chef des chantres » ou « au chef de chœur ». La version « en français courant » traduit ainsi : « du répertoire du chef de chœur, psaume appartenant au recueil de David… » On voit tout de suite que nous ne sommes plus dans le littéralisme, car le mot « répertoire » n’existe pas dans le texte original. L’idée n’en est pas obligatoirement absente, mais elle n’est pas non plus certaine. On peut aussi bien comprendre cette expression comme : « dédiée au chef de chœur » ou bien « écrit par le chef de chœur ». Les traducteurs ont fait un choix ; sont-ils sûrs qu’il est le bon ? Et si leurs méthodes « scientifiques » s’avéraient demain être erronées, comme souvent dans de tels cas ?
Peut-on faire parler Jésus comme un Français du XXe siècle ?
Autre exemple plus grave, dans l’Évangile de Luc 1:15, l’ange annonce à Zacharie, le père de Jean-Baptiste, la naissance de ce dernier en ces termes : « Il sera rempli du Saint-Esprit dès le sein de sa mère ». Or la version « français courant » traduit : « il sera rempli du Saint-Esprit dès sa naissance ». Il s’agit manifestement d’un contresens au vu des versets 41 et 44 du même chapitre où Jean-Baptiste dans le sein de sa mère est visité par le Saint-Esprit quand retentit la voix de Marie. Est-ce parce qu’ils étaient conscients de cette contradiction que les traducteurs du « français courant’ ont traduit le verset 41 par « l’enfant remua dans son sein », au lieu de « tressaillit dans son sein » ? Où veut-on en venir ? Veut-on insinuer qu’un enfant ne peut être visité par le Saint-Esprit avant sa naissance, qu’il ne peut donc être un être humain tant qu’il est dans le sein de sa mère, et justifier ainsi l’avortement ? Il y a des fautes qui ne sont pas neutres ni innocentes ! A-t-on vraiment le droit de faire parler Jésus comme un homme du XXᵉ siècle ? Jésus n’était pas un Français du XXᵉ siècle, mais un Juif du ler siècle qui s’est incarné dans une culture. On assiste à une volonté de déculturiser l’Évangile qui n’est pas sans rappeler les aberrations de certaines théologies indigènes et autres tentatives d’inculturation qui aboutissent alors à « jeter le bébé avec l’eau du bain », pour reprendre une expression populaire ! Jésus ne disait-il pas « les paroles que je dis, je les dis comme le Père me les a dites ». La forme des paroles de Jésus n’est donc pas un détail indifférent ; s’en affranchir, c’est prendre le risque de dénaturer le message lui-même.
La « Bible du Semeur » : une traduction tendancieuse ?
Le même type de critique peut être formulé à l’endroit de la Bible « du semeur », d’autant plus redoutable qu’elle se veut l’émanation du courant évangélique. La Bible « du Semeur » obéit à la même philosophie du français courant. Le professeur M. Carrez la définissait ainsi : « la Bible « du Semeur” se veut à l’intersection de la théologie et de la linguistique ». C’est clair ! Nous avons donc affaire à une traduction tendancieuse, basée sur des a priori théologiques, ce qui est la définition même « d’une mauvaise traduction ». L’honnêteté intellectuelle exige en effet du traducteur qu’il mette de côté ses présupposés théologiques pour se mettre à l’écoute du texte biblique et se laisser interpeller par lui. Dans la Bible du “Semeur », Alfred Kuen fait l’inverse. Ainsi la « prophétie » devient le « don de transmettre des messages inspirés de Dieu ». Les « prophètes » sont des « porte-paroles de Dieu », « se repentir » devient « changer de vie », “l’avorton » dont Paul se glorifie en 1 Corinthiens 15 devient « un moins que rien ». Il y a manifestement une tendance à vouloir à tout prix « faire original”. Passons sur des contresens sans grande importance tel Philippiens 1:13, où le prétoire devient « la garde prétorienne » ce qui n’est pas la même chose, pour arriver à des contresens plus graves. Romains 7:14 est traduit par : « la loi est inspirée par le Saint-Esprit » au lieu de « la loi est spirituelle », c’est-à-dire vient du ciel, de Dieu, non seulement dans son inspiration mais dans son essence. C’est donc bien plus qu’être seulement inspirée par le Saint-Esprit.
D’autres traductions sont ouvertement tendancieuses. En Matthieu 5:32, A. Kuen traduit comme le grec l’exige : « Celui qui divorce d’avec sa femme – sauf en cas d’infidélité – l’expose à devenir adultère ». Or, en Matthieu 19, où la structure de la phrase est la même, nous trouvons ceci : « Celui qui divorce et se remarie commet un adultère sauf en cas d’infidélité – » Il faut préciser que dans le texte original, le « sauf en cas d’infidélité » porte sur la possibilité de la séparation et non sur celle du remariage. Le texte est donc violenté. Est-ce pour faire admettre dans les milieux évangéliques la possibilité du remariage des divorcés ? On le voit, une porte dangereuse a été ouverte, on peut se demander où cela s’arrêtera.
L’Alliance Biblique universelle et française a, pendant ces dernières années, fait un travail remarquable dans le domaine de la diffusion de la Bible. Pourtant, depuis un certain temps, une orientation redoutable a été prise, non seulement parce qu’on diffuse des bibles avec apocryphes (TOB, « Français courant ») mais aussi à cause des notes et des traductions qui contiennent des a priori théologiques inacceptables pour les évangéliques et pour tout homme qui veut aborder le texte biblique en toute objectivité et sans rail conditionnant. Si cette tendance devait se poursuivre et s’accentuer, il deviendrait alors impératif pour les milieux évangéliques de veiller à ce que soient publiées des traductions non biaisées. Le travail de l’association « Viens et Vois » à Lyon pourrait être le signe avant-coureur de cette évolution. Cette association diffuse déjà la Bible à 12 francs et accomplit un travail remarquable qui mérite d’être encouragé. Face à la dérive actuelle qui altère ce domaine fondamental qu’est la traduction de la Bible, il convient d’être vigilant et de choisir une traduction sûre.



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