Fils de Pépin le Bref, Charlemagne naît vers l’an 742 et meurt le 28 janvier 814 à Aix-la-Chapelle. Aix-la-Chapelle, situé entre Cologne et Liège était le lieu qu’il avait choisi pour exercer son règne. Il est nommé Roi des Francs et couronné à Noyon le 9 octobre 768 et devient par conquête Roi des Lombards en 774. Couronné du titre d’Empereur à Rome par le pape Léon III le 24 ou 25 décembre 800, il souhaite relever ce titre de dignité disparu depuis voilà trois siècles. Le dernier Empereur romain d’Occident à s’être proclamé ainsi était Romulus Augustule en 476. C’est donc là un titre honorifique que ne porte pas n’importe qui. Plus près de nous, Napoléon Ier et Napoléon III se sont attribués le titre d’Empereur.

Charlemagne fit de la Vulgate latine, ce chef-d’œuvre littéraire de Saint Jérôme, la version officielle de l’Église. Mais d’abord, il en fit rétablir le texte dans son intégralité. Et pour ce faire, un homme, un savant que Charlemagne rencontra en 781 à Parme, il s’appelle Alcuin. Homme sage et avisé, respecté de tous et surtout bercé dans les Saintes Écritures, il est le chef d’école de la Cathédrale d’York. Charlemagne, impressionné par ce savant, l’invite en son Royaume et désire l’établir à ses côtés à Aix-la-Chapelle pour relever le niveau intellectuel et religieux de la nation. Charlemagne cherche à s’entourer des meilleurs intellectuels de son temps, un peu à l’exemple du roi Nebucanedtsar qui voulait l’élite à sa cour.

Timbre France émis en 1966
Charlemagne

Un an plus tard, tout juste arrivé d’Angleterre, Alcuin est nommé l’un des principaux conseillers de Charlemagne. Il est chargé de l’éducation de jeunes nobles destinés aux plus hautes fonctions de l’Église et de l’État, ce qui n’était pas chose facile doublé d’une grande responsabilité.

A partir de 796, Alcuin se retirera à Saint-Martin-de-Tours afin de se consacrer à la révision de la Vulgate. Il demande l’autorisation à Charlemagne pour que lui soit ramené d’York ses propres manuscrits et ses livres saints. Voici un extrait de sa correspondance :

« Et que l’on rapporte ainsi en France ces fleurs de la Grande-Bretagne pour que ce jardin ne soit pas enfermé dans la seule ville d’ York, mais que nous puissions avoir aussi à Tours ces jets du paradis et les fruits de ses arbres. » Alcuin

C’est un disciple d’Alcuin qui fit cet aller-retour et rapporta les manuscrits. Aussitôt, il se mit au travail. On sait que le travail de révision fut achevé en 801. Une fois l’œuvre terminée, Alcuin charge un de ses disciples nommé Frédegise de se rendre avec le précieux trésor à Aix-la-Chapelle pour présenter au roi, le jour de Noël le fameux texte corrigé de la Vulgate.

Charlemagne aimait les études bibliques et chercha par tous les moyens à ce que la Bible ne reste pas la possession de l’élite. Sous son impulsion, elle passa de la main des clercs aux laïques. Alcuin était sans cesse consulté sur différentes interprétations de textes compliqués. On a retrouvé une correspondance entre lui et Charlemagne où il est dit que de puissants seigneurs, de nobles dames et même des guerriers lui écrivent pour lui demander l’explication de certains passages.
Cette influence de la Bible sur cette génération ira jusqu’à voir les rois et les sages prendre les noms d’illustres personnages bibliques. Ainsi, Charlemagne prendra le nom de David, Louis de Débonnaire celui de Josué, Alcuin celui de Moïse, Frédegise celui de Nathanaël. Charlemagne réussit ainsi à influencer tous les grands de son royaume à la lecture des Saintes Écritures et pour cela il mit dans leurs mains un texte fiable.

De grands centres monastiques se forment et deviennent des ateliers de copie de manuscrits. Alcuin supervise la copie de manuscrits et y veille avec le plus grand soin. Voici l’une des recommandations qu’il fait avant que ne s’engagent les copistes :

« Ici venez prendre place, vous dont la fonction est de transcrire la loi divine et les monuments sacrés de la sagesse des Pères. Prenez garde de mêler à ces graves discours quelque propos frivole ; veillez à ce que votre main étourdie ne commette pas quelque erreur. Cherchez studieusement des textes purs, afin que votre plume, dans son vol rapide, aille par le droit chemin. C’est un grand honneur que de copier les livres saints, et ce travail trouve sa récompense. » Alcuin

Mais Charlemagne pense aussi au peuple. Sous son influence, le Concile de Tours (813) décide que les homélies au peuple ( c’est-à-dire texte et enseignement) seraient traduites oralement en langue vulgaire.

Très tôt, au cours de son règne, Charlemagne agit en souverain responsable du salut éternel de son peuple lorsqu’il recommande un de ses capitulaires daté du 23 mars 789 : « Qu’il y ait des écoles pour apprendre à lire aux enfants. Dans chaque monastère, dans chaque évêché, enseignez les psaumes, les notes, le chant, le comput, la grammaire, et les livres catholiques corrigés avec soin, parce que souvent, quand on désire prier Dieu dans de bonnes conditions, on le prie mal à cause de l’incorrection des livres. Ne laissez pas vos enfants détourner ces livres de leur sens, soit en les lisant, soit en les écrivant. Et s’il est besoin de copier l’Évangile, le psautier ou le missel, que ce soient des hommes mûrs qui les copient avec tout le soin nécessaire ».

Charlemagne a aussi contribué à certaines réformes ecclésiastique et théologiques comme :

  • le rejet de l’iconoclasme byzantin
  • le rejet de l’adoptianisme, dont Charlemagne chargera Alcuin afin de s’opposer à cette doctrine et rétablir l’unité de la chrétienté dans l’empire d’Occident.
  • la fameuse querelle du Filioque
    Il s’agit d’une modification du Credo, la phrase : « L’Esprit Saint procède du Père » (ex Patre) devenant « L’Esprit Saint procède du Père et du Fils » (ex Patre Filioque). Charlemagne, favorable au Filioque, demande alors à trois théologiens d’étudier la question en détail : Théodulf d’Orléans, Smaragde de Saint-Mihiel et Arn de Salzbourg. La nouvelle formulation est adoptée lors de l’assemblée d’Aix en novembre 809 provoquant ainsi le schisme entre l’Église d’Orient et l’Église d’Occident.

Notons aussi que pendant la période carolingienne, les Juifs de France jouissent d’un temps de paix et d’un statut relativement favorable. Le plus célèbre étant Isaac le Juif qui servit de médiateur entre le calife de Bagdad Hâroun ar-Rachîd afin de s’assurer une coopération militaire.

Après Charlemagne succèdera son fils Louis Iᵉʳ dit « le Pieux » ou « le Débonnaire » (778-840). Ce fils sage et avisé a gardé l’héritage biblique de son père, dans lequel il a été bercé durant toute son éducation. Ce roi pieux connaissait tellement les Écritures qu’il en savait, dit-on, le sens littéral, le sens moral et le sens analogique.

Robert II, surnommé lui aussi « le Pieux », le second des Capétiens (972-1031) aimait passionnément les Saintes Écritures dont il se délectait chaque jour allant jusqu’à oser dire : J’aimerais mieux être privé de la couronne que de la lecture des livres sacrés.

CONCLUSION

Quel contraste avec notre siècle où nos dirigeants cherchent complètement à nous couper de nos racines judéo-chrétiennes. Les résultats qui en découlent sont évidents : Baisse du niveau intellectuel, accroissement de la violence et une libération sexuelle sans précédent. L’athéisme étant la religion prônée par les gouvernements. L’athéisme permet tout, dans tous les domaines, car la non-existence d’un Dieu créateur à qui nous devrions rendre des comptes, nous affranchit d’un Dieu moral qui lui, au travers de sa Parole, la Bible, déclare ce qui est bon et ce qui est mal.

Source principale : David Lortsch, Histoire de la Bible en France – P.E.R.L.E – 2ème édition