Arrêtons-nous sur un petit détail qui passe souvent inaperçu mais que certaines traductions ont su faire ressortir.
Nous le trouvons dans l’Évangile de Matthieu ch 9.20.

S1910 : Et voici, une femme atteinte d’une perte de sang depuis douze ans,
s’approcha par derrière, et toucha le bord de son vêtement.

COL : et toucha la frange de son vêtement


OSTV
: s’approcha par derrière et toucha le bord de son habit


OLTR
: et toucha la houppe de son manteau;


SACY
: et toucha la frange qui était au bas de son vêtement.


J. D’ARC
: Elle approche par derrière et touche la tresse de son vêtement.


BJC
: l’approcha par derrière et toucha et toucha les Tzitzit de son vêtement.


CHOU
: Elle approche par derrière et touche le tsitsit de vêtement.

 

On constate que SACY et J D’ARC ont su donner un détail, plus que le simple habit ou vêtement que portait Jésus.
SACY parle d’une frange en bas de son vêtement et J D’ARC ajoute la tresse.
Si l’on compile, cela donne une tresse située en bas du vêtement de Jésus.
La Bible Juive complète qui cherche à garder des mots clés du judaïsme ne traduit pas mais garde le mot hébreu « Tsitsit », ce que Chouraqui gardera aussi.

A ce stade, la question est de savoir ce qu’est un Tsitsit et à quoi correspond-il. A noter que ce détail est mentionné aussi dans Matthieu 14.36; Lc 8.44

 

Marc 6.56 : Ils le supplient seulement de toucher les tsitsit de son manteau. Tous ceux qui le touchent sont sauvés. (CHOU)

 

Jésus reproche aux pharisiens ceci : Ils font toutes leurs œuvres pour être remarqués par les hommes.
Oui, ils gonflent leur tephilîn, ils rallongent leurs tsitsit  (CHOU)

Suite à l’épisode tragique d’un homme qui ramassait du bois un jour de Shabbat, la sentence tombe : la mort. Suite à cela, Dieu commande à Moïse que tous les fils d’Israël doivent porter un talit (châle de prière) avec des franges. Lisons ce passage :

Nombres 15.37 L’Éternel dit à Moïse :
38 « Parle aux Israélites, dis-leur de se faire, au fil des générations,
une frange au bord de leurs vêtements et de mettre un cordon bleu sur cette frange qui borde leurs vêtements.
39 Quand vous aurez cette frange, vous la regarderez, vous vous souviendrez de tous les commandements de l’Éternel et les mettrez en pratique,
et vous ne suivrez pas les désirs de votre cœur et de vos yeux en vous laissant entraîner par eux à l’infidélité.
40 Ainsi, vous vous souviendrez de mes commandements, vous les mettrez en pratique et vous serez saints pour votre Dieu.
41 Je suis l’Éternel, votre Dieu, qui vous ai fait sortir d’Égypte pour être votre Dieu. Je suis l’Éternel, votre Dieu. »

Ce commandement est rappelé dans le livre du Deutéronome 22.12 : Tu mettras des franges aux quatre coins du vêtement dont tu te couvriras.

Rappelons que Jésus est né d’une femme sous la Torah, qu’il est né et a grandit dans une famille juive, a été présenté au temple, circoncis le 8è jour, a fait sa Bar-Mitva à l’âge de douze ans au temple de Jérusalem.
Il a respecté le shabbat, célébré les fêtes de l’Éternel, il mangeait casher ET il portait un Talit au bout duquel pendaient les Tsitsit.

Aujourd’hui encore, les juifs portent le talit avec les Tsitsit pour observer ce commandement. Les Sages d’Israël notent :

Les franges sont suspendues comme une ligne de vie qu’il nous appartient de saisir à pleines mains.

 

Dans l’épisode qui suit, une femme qui depuis douze ans avait des écoulements de sang et qui, depuis tout ce temps, n’en pouvait plus.
Elle apprend que Jésus est là, il n’est pas loin. Mais voilà, son état la rend impur comme le dit la Torah :

Lévitique 15.25 : La femme qui aura un écoulement de sang pendant plusieurs jours en dehors de ses règles,
ou dont les règles dureront plus que d’habitude, sera impure pendant toute la période de son écoulement,
comme pendant ses règles.
27 Si quelqu’un la touche, il sera impur.

Toucher Jésus, c’est l’exposer à le rendre impur, lui que les démons appellent  » le Saint de Dieu « .
Elle met donc sa foi en action, croyant que le simple geste de toucher la frange du talith de Jésus serait capable de la guérir.
Les Tsitsiot (pluriel de Tsitsit) sont liés à la mémoire des 613 commandements de la Torah. C’est aussi croire cette parole :

Exode 15.26 : car je suis l’Éternel qui te guérit.

 

 

Nous connaissons la fin de ce passage : aussitôt, en réponse à sa foi, à peine eut-elle touché la frange, que la perte de sang s’arrête.
Le PUR est plus grand que l’IMPUR.

« celui qui observe les commandements saisit la présence divine.
Telle est la signification des franges. »

Il est très intéressant de noter que, selon une méthode d’étude juive appelée la Guematria, la valeur numérique du mot  Tsitsit vaut 613, comme le nombre de commandements dans la Torah.
Le Talmud (traité Makot 23b) nous enseigne qu’il y a 613 commandements dans la Torah ;
248 Commandements Positifs (« fais »)
et
365 Commandements Négatifs (« ne fais pas »).

 

 

 

 

 

Alexandre NANOT