INTRODUCTION

Le mot Apocryphe vient du grec ἀπόκρυφος / apókryphos « cachés » et désigne un écrit « dont l’authenticité n’est pas établie ». Cela signifie que ces écrits ne sont pas approuvés pour la lecture publique.
Les catholiques utilisent le terme « deutérocanonique » (deuxième canon) là où les protestants les nomment « apocryphes ou  pseudépigraphes ». Il existe des livres apocryphes autant pour l’Ancien que pour le Nouveau Testament.
Juifs et Protestants n’ont gardé que 39 livres pour le canon de l’Ancien Testament mais tous, Juifs, Protestants, Catholiques et Orthodoxes ont gardé les 27 livres pour le Nouveau Testament.
Les Protestants s’appuient sur le fait que ni Jésus, ni Paul, ni aucun des disciples ne font référence aux livres apocryphes.

Les bibles juives n’ont retenu que 39 livres reconnus comme inspirés.
Les bibles protestantes ont 66 livres dans le canon biblique ( 39 + 27). Les catholiques possèdent 73 livres ( 39 + 8 + 27) et les bibles œcuméniques et éthiopiennes telles que la TOB ont finalement 81 livres.

Dans les bibles catholiques, on trouve systématiquement ces 8 livres :

  • Tobit
  • Judith
  • Esther grec ( 700 versets )
  • Daniel grec( Bel et le dragon)
  • 1 Maccabées
  • 2 Maccabées
  • Sagesse de Salomon
  • Ecclésiastique

Les orthodoxes ajoutent 8 livres supplémentaires à leur canon :

  • 3 Esdras
  • 4 Esdras
  • 3 Maccabées
  • 4 Maccabées
  • Baruch
  • Lettre de Jérémie
  • Prière de Manassé
  • Psaume 151

Les juifs ont fixé leur canon en 90 à Yavné et ont reconnu les 39 livres mais pas les autres et ce pour l’une des raisons suivantes : Ezekiel a la vision que l’Esprit Saint est retiré du temple et s’en va du côté du Mont des Oliviers. Il quitte Israël. Avec Malachie en -435 av J-C, nous avons le dernier des prophètes inspirés et sa prophétie se termine avec ces propos : 

Mal 3.22 : Souvenez-vous de la Torah de Moïse mon serviteur, auquel je donnai en Horeb des préceptes pour tout Israël et des ordonnances…

Pour vous guider, vous n’aurez plus de prophète mais seulement ma Torah. Vous ne vous appuierez que sur elle. S’ensuit une période de silence, un silence de 400 ans. L’Esprit reviendra sous la forme d’une colombe lors du baptême de Jésus. Tous les écrits parus entre – 400 et la naissance de Jésus n’ont pas été retenus. Or les livres apocryphes que l’on trouve dans la LXX ont tous été rédigés durant ce temps de silence et c’est la raison pour laquelle les Juifs ne les ont pas considérés comme inspirés. L’Esprit Saint n’étant plus présent.

Le Talmud de Babylone (Traité Yoma 9b, Sota 48b et le Midrash Rabbah Shir Hashirim) exprime cela en affirmant que la Rouah Haqodesh s’est retirée d’Israël, donc a cessé d’inspirer les prophètes. Après la mort des derniers prophètes Aggée, Zacharie et Malachie, le Saint-Esprit se détourna d’Israël et on n’entendit plus la “ bath qol “, la fille de la voix. 

LES HISTORIENS DES PREMIERS SIÈCLES

Flavius Josèphe déclare expressément que, chez les Juifs, « les apocryphes étaient d’un degré de crédibilité inférieur à celui des livres canoniques ». Selon lui, aucune autre “parole de Dieu” n’a été ajoutée à l’écriture après -435 avant  JC.

Au IIe siècle, Méliton de Sardes vers 170 ap- JC dressa le catalogue des livres sacrés et constate : les apocryphes n’y sont même pas mentionnés. 

Eusèbe de Césarée, écrivain de l’Histoire Ecclésiastique cite Origène et là encore aucune présence des livres apocryphes.

Le canon actuel, tel que nous le connaissons, ne s’est pas fait en un jour, mais depuis la mort de l’apôtre Jean vers 90-100, nombre de questions ont été soulevées, à savoir, quels livres devaient être reconnus comme inspirés. Il faut attendre l’an 367,  là où dans les Lettres Festales, Athanase fixera la liste de livres reconnus comme inspirés et adoptés par l’Eglise – l’Eglise de l’époque. Il mentionne toutefois Sagesse de Salomon, Siracide, Judith et Tobit tout en précisant qu’ils sont  “ non canonisés mais définis par les Pères comme à lire par ceux qui sont récemment entrés et qui veulent être catéchisés par la doctrine de la foi “. 

Les Pères de l’Eglise, Origène, Epiphane et Cyrille, ne reconnaissent pas non plus leur authenticité. 

St Jérôme entreprit sa traduction qui deviendra en 404  la célèbre VULGATE. Il y inclut les livres apocryphes mais les nomme “Livres Ecclésiastiques” par opposition aux livres canoniques et ce, en leur attribuant une autorité moindre. Il sera le premier à contester l’ensemble des écrits dits apocryphes qui ont été introduits par les LXX dans le recueil des Saintes Écritures.

Luther les insère dans sa Bible allemande mais il les place à la fin de l’Ancien Testament et les introduit par cette notice : « Livres qui ne doivent pas être estimés à l’égal de la Sainte Écriture, mais qui pourtant sont utiles et bons à lire ».

La première bible française, que l’on doit à Lefèvre D’Etaples et qui parue en 1530, possède les livres apocryphes. 

La bible d’Olivétan en 1535 les place entre Malachie et Matthieu avec cette introduction : « Les livres qui précèdent (l’Ancien Testament) se trouvent en langue hébraïque et sont reçus de tous. Les suivants sont dits apocryphes… ils n’existent plus ni en hébreu ni en chaldéen et ne sont reçus ni tenus pour légitimes ni par les Hébreux, ni par l’Église, ainsi que réfère saint Jérôme. Ils ont été corrompus et falsifiés en maints passages. Ces livres ne sont pas divinement inspirés comme le  reste des Saintes Écritures, et ne doivent pas être produits publiquement en Église pour servir de règle aux articles de foi ».

LE CONCILE DE TRENTE – UN TOURNANT DÉCISIF

Luther amorça un mouvement de protestation face aux abus de l’Église catholique notamment face aux pratiques scandaleuses des indulgences menées par Tetzel. Luther osera s’en prendre à la papauté et dénoncera les erreurs doctrinales de l’Église catholique. La Réforme était enclenchée…

A la suite de ce phénomène, l’Église Catholique convoque les autorités religieuses. C’est le fameux concile de Trente, ville où s’est tenu en partie ce concile et qui s’est déroulé en 4 sessions. C’est la 4ème session qui nous intéresse en date du 8 avril 1546 dont voici l’acte :

a) Décret sur la réception des livres saints et des traditions.   

1501 Le saint concile œcuménique et général de Trente, légitimement réuni dans l’Esprit Saint, garde toujours devant les yeux le propos, en supprimant les erreurs, de conserver dans l’Église la pureté même de l’Évangile, lequel, promis auparavant par les prophètes dans les saintes Écritures, a été promulgué d’abord par la bouche même de notre Seigneur Jésus Christ, Fils de Dieu qui ordonna ensuite qu’il soit prêché à toute créature par ses apôtres comme source de toute vérité salutaire et de toute règle morale Mt 16,15.

Il voit clairement aussi que cette vérité et cette règle sont contenues dans les livres écrits et dans les traditions non écrites qui, reçues par les apôtres de la bouche du Christ lui-même ou transmises comme de main en main par les apôtres sous la dictée de l’Esprit Saint, sont parvenues jusqu’à nous.

C’est pourquoi, suivant l’exemple des pères orthodoxes, le même saint concile reçoit et vénère, avec le même sentiment de piété et le même respect, tous les livres tant de l’Ancien Testament que du Nouveau Testament, puisque Dieu est l’auteur unique de l’un et de l’autre, ainsi que les traditions elles-mêmes concernant aussi bien la foi que les mœurs, comme ou bien venant de la bouche du Christ ou dictées par l’Esprit-Saint et conservées dans l’Église catholique par une succession continue.

Il a jugé bon de joindre à ce décret une liste des livres saints, afin qu’aucun doute ne s’élève pour quiconque sur les livres qui sont reçus par le concile. Ces livres sont mentionnés ci-dessous. 

1502 De l’Ancien Testament cinq livres de Moïse, c’est-à-dire la Genèse, l’Exode, le Lévitique, les Nombres, le Deutéronome ; les livres de Josué, des Juges, de Ruth, les quatre livres des Rois, les deux livres des Paralipomènes, le premier livre d’Esdras et le second, dit Néhémie, Tobie, Judith, Esther, Job, le psautier de David comprenant cent cinquante psaumes, les Proverbes, l’Ecclésiaste, le Cantique des Cantiques, la Sagesse, l’Ecclésiastique, Isaïe, Jérémie avec Baruch, Ezéchiel, Daniel, les douze petits prophètes, c’est-à-dire Osée, Joël, Amos, Abdias, Jonas, Michée, Nahum, Habacuc, Sophonie, Aggée, Zacharie, Malachie, les deux livres des Maccabées, le premier et le second. 

1503 Du nouveau Testament : les quatre évangiles, selon Matthieu, Marc, Luc et Jean; les Actes des Apôtres écrits par l’évangéliste Luc ; les quatorze épîtres de l’apôtre Paul, aux Romains, deux aux Corinthiens, aux Galates, aux Éphésiens, aux Philippiens, aux Colossiens deux aux Thessaloniciens, deux à Timothée, à Tite, à Philémon, aux Hébreux, deux de l’apôtre Pierre, trois de l’apôtre Jean, une de l’apôtre Jacques, une de l’apôtre Jude et l’Apocalypse de l’apôtre Jean. 

1504 Si quelqu’un ne reçoit pas ces livres pour sacrés et canoniques dans leur totalité, avec toutes leurs parties, tels qu’on a coutume de les lire dans l’Église catholique et qu’on les trouve dans la vieille édition de la Vulgate latine ; s’il méprise en connaissance de cause et de propos délibéré les traditions susdites : qu’il soit anathème.

LES APOCRYPHES ET LES RÉFORMATEURS

Les Bibles protestantes jusque fin du  XIXe possédaient les livres apocryphes. Il n’était pas étonnant de les voir inclus mais avec cependant une note d’introduction pour avertir le lecteur que ces Écrits n’étaient pas à mettre au même niveau d’autorité que les 39 livres reconnus. C’est en 1826 que la Société Biblique a décidé de ne plus les inclure.

Dans une édition de 1772, Pierre ROQUES qui révisa la traduction de David Martin insère les livres apocryphes après Malachie et note :

PRÉFACE – Ces livres n’ayant jamais fait  partie parmi les Juifs du canon des Écritures de l’Ancien Testament, qui finit par le livre de Malachie, il eût été bon qu’on ne les y eût jamais joints, puisque dans la suite du temps on en a abusé, en les confondant avec les Écritures divinement inspirées. Ce sont des ouvrages purement humains et qui portent presque tous des marques si sensible de leur origine  et qu’il est surprenant qu’on ne se soit jamais avisé  de leur en donner une divine. Les plus supportables de tous sont le Livre de la Sapience et celui de l’Ecclésiastique, par diverses bonnes moralités qu’ils contiennent, et le Premier livre des Maccabées par l’histoire de l’état où s’est trouvé en leur temps le peuple de Dieu; tous les autres méritent à peine d’être lus.

Sont insérés à cette édition : Le livre de Tobit, Judith, le Livre de la Sapience, Ecclésiastique, Esther grec, le Livre de Baruc, le Cantique des trois Saints Enfants, l’Histoire de Suzanne, l’Histoire de l’idole de Bel et du dragon, la Prière de Manassé, le premier et le deuxième livre des Maccabées.

ERREURS  DOCTRINALES QUE L’ON PEUT TIRER DES APOCRYPHES

Le livre de la Sagesse enseignerait la création du monde à partir d’une matière préexistante. Faux ! En théologie, nous appelons cela une création ex-nihilo (à partir de rien). Dieu n’a pas eu besoin de matière préexistante pour créer les  cieux et la terre, c’est par sa Parole. Hb 11.3 :  C’est par la foi que nous reconnaissons que le monde a été formé par la parole de Dieu, en sorte que ce qu’on voit n’a pas été fait de choses visibles.

Le livre de Baruch sous-entend que Dieu entendrait les prières des morts.

L’intercession des anges (Tobit 12.12) et des saints (2 Macchabées 15.14 ; Baruch 3.4).

La rédemption des âmes après la mort et l’efficacité des prières pour les trépassés (2 Macchabées 12.42-45) d’où le concept du Purgatoire. Ce mot est absent de la Bible, mais quelques passages de l’Écriture suggéreraient l’existence d’un feu purificateur intervenant après la mort corporelle et l’existence d’un temps d’expiation entre la mort et le pardon des péchés.

Le Livre des Maccabées, qui n’a pas été retenu par Luther dans le canon biblique de 1534 mais qui a été adopté au canon catholique lors du concile de Trente, parle d’un sacrifice accompli en faveur de défunts, ce qui laisse entendre l’existence d’un lieu de purification distinct de l’enfer et du paradis : « Puis, ayant fait une collecte d’environ 2 000 drachmes, il l’envoya à Jérusalem afin qu’on offrît un sacrifice pour le péché, agissant fort bien et noblement d’après le concept de la résurrection. Car, s’il n’avait pas espéré que les soldats tombés dussent ressusciter, il était superflu et sot de prier pour les morts, et s’il envisageait qu’une très belle récompense est réservée à ceux qui s’endorment dans la piété, c’était là une pensée sainte et pieuse. Voilà pourquoi il fit faire ce sacrifice expiatoire pour les morts, afin qu’ils fussent délivrés de leur péché. » 2 Mcc 12. 43-45

Le mérite des œuvres (Tobit 4.7 ; Tobit 12.8-14 ; Siracide 3.30). 

Le livre de Tobie : Selon l’ange Raphaël, par la prière et l’aumône, on pouvait sauver son âme.

Le livre de Tobit décrit un rite magique. Tobias, fils de Tobit pose sur les braises le coeur et le foie du poisson qui a pour effet de faire fuir le démon qui empêchait son épouse d’avoir des maris avant lui. Cette femme avait eu 7 maris, tous sont morts causé par le démon. Mais grâce à ce rite, celle-ci fut délivrée et Tobias put l’avoir comme épouse.

LA CONFESSION DE WESTMINSTER (1647)

2. L’Écriture Sainte, ou Parole écrite de Dieu, comprend tous les livres de l’Ancien et du Nouveau Testaments, à savoir pour l’Ancien Testament: Genèse, Exode, Lévitique, Nombres, Deutéronome, Josué, Juges, Ruth, I Samuel, II Samuel, I Rois, II Rois, I Chroniques, II Chroniques, Esdras, Néhémie, Esther, Job, Psaumes, Proverbes, Ecclésiaste, Cantique des Cantiques, Ésaïe, Jérémie, Lamentations de Jérémie, Ézéchiel, Daniel, Osée, Joël, Amos, Abdias, Jonas, Michée, Nahum, Habaquq, Sophonie, Aggée, Zacharie, Malachie.

Pour le Nouveau Testament: Évangiles selon Matthieu, Marc, Luc, Jean; Actes des Apôtres, Épîtres de Paul aux: Romains, Corinthiens I, Corinthiens II, Galates, Éphésiens, Philippiens, Colossiens, Thessaloniciens I, Thessaloniciens II, Timothée I, Timothée II, Tite, Philémon; Hébreux, Jacques, I et II Pierre, I, II et III Jean, Épître de Jude, Apocalypse. Ces livres ont tous été inspirés par Dieu pour être la règle de la foi et de la vie.

3. Les livres généralement appelés « apocryphes », n’étant pas d’inspiration divine, ne font pas partie du Canon de l’Écriture, et, par suite, n’ont pas autorité dans l’Église de Dieu et ne doivent pas être considérés ou utilisés différemment que les autres écrits humains.

Les Églises orthodoxes grecque et russe lisent et reconnaissent les 39 livres bibliques communs à tous les chrétiens et les 8 livres reçus par les catholiques. Ces textes ont été rédigés entre le 2e siècle av. J.C. et le 2e siècle ap J-C. Ils ont été transmis en grec. Ils font partie de ce qu’on appelle la littérature intertestamentaire, c’est- à-dire qu’ils se situent entre les écrits de l’Ancien Testament et ceux du Nouveau Testament. Lors de la révision de la TOB en 2010, l’apport des Orthodoxes a permis l’intégration d’autres livres apocryphes.

  • 3 et 4 Esdras
  • 3 et 4 Maccabées
  • Prière de Manassé
  • Psaume 151

Certains de ces textes n’existaient pas jusqu’à maintenant en traduction française.

• Prière de Manassé

Cette prière ressemble à celle de 2 Chr 33. 11-19 que le roi impie Manassé déclare lors de sa captivité à Babylone.

Il est à noter que le réformateur Martin Luther approuvait cette prière si bien qu’il l’inclua dans sa Bible. Les moines orthodoxes la lisent tous les soirs pendant le Carême. Le plus vieux document que nous possédons contenant cet apocryphe s’appelle la Didascalie des Apôtres et date du IIIe et dans le codex Alexandrinus.

• Psaume 151

Ce psaume est présent dans la LXX. Très court, il évoque le combat contre Goliath et l’onction de David.
Il en existe deux versions. Je vous propose la version 151b.

 Psaume 151b1 Voici le psaume autographe sur David et hors numérotation.
Lorsqu’il lutta en combat singulier avec Goliath.
J’étais le petit parmi mes frères et le plus jeune dans la maison de mon père.
Je faisais paître les moutons de mon père.
2 Mes mains ont fabriqué un instrument,mes doigts ont ajusté une harpe.
3 Et qui fera l’annonce à mon Seigneur ? Lui, le Seigneur, lui, il écoute.
4 Lui, il a envoyé son messager et il m’a enlevé aux moutons de mon père
et il m’a oint de l’huile de son onction.
5 Mes frères étaient beaux et grands mais le Seigneur ne s’est pas complu en eux.
6 Je suis sorti à la rencontre vers l’Étranger et contre moi
il a lancé des malédictions par ses idoles.
7 Mais moi j’ai tiré l’épée à son côté,
je l’ai décapité et j’ai enlevé l’opprobre loin des fils d’Israël.

En conclusion, les livres apocryphes ne sont pas démoniaques comme on l’entend parfois. Certains n’osent pas acheter une bible parce qu’elle contient les apocryphes et la rendrait impropre. N’ayons donc pas peur de ces livres, mais familiarisez-vous avec en les lisant au moins une fois dans votre vie.