11 septembre 2019
Alexandre Nanot

La Bible Chouraqui – édition 2020

La Bible Chouraqui est là ! 05 Mars 2020 – Sortie de la Bible Chouraqui aux Éditions Cerf La dernière édition date de 2003 aux Éditions Desclée de Brouwer et…
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La Bible Chouraqui est là !

Bible Chouraqui 2019

05 Mars 2020 – Sortie de la Bible Chouraqui aux Éditions Cerf

La dernière édition date de 2003 aux Éditions Desclée de Brouwer et autant dire qu’aujourd’hui, il est très difficile de se procurer cette bible à moins d’y mettre le prix, car les quelques vendeurs sur le net semblent profiter de cette situation (comptez entre 30-150€). Ils semblent que ce sont les Éditions Cerf qui ont récupéré les droits du texte.

Pour sa sortie, nous vous proposons de découvrir ou re-découvrir cette traduction.

La Bible Chouraqui tire son nom de son traducteur, André Chouraqui, un juif originaire d’Afrique du Nord, qui apprit l’hébreu à Jérusalem et voulut ainsi traduire les textes sacrés de la Première Alliance et du Pacte Neuf ; oui, c’est ainsi qu’il nomme l’ancien et le nouveau testament. Son premier travail, en 1951, consista à traduire le Cantique des cantiques – Shir Hashirim – ce livre est qualifié de très saint par les juifs. Il enchaînera les autres livres et son travail aboutira en 1977.

Cette traduction est, sans conteste, incomparable aux autres traductions françaises. Le style de sa traduction est très spécifique. Elle est décapante, parfois déroutante, voire choquante.

Elle est souvent qualifiée de « traduction calque », se rapprochant plus d’une transcription que d’une traduction. Le texte est extrêmement proche de la langue hébraïque, rendant par exemple les noms propres et les noms divins par translittération.

Concernant le Pacte Neuf, c’est-à-dire le Nouveau Testament, Chouraqui ne traduit pas d’après le texte grec, mais le retraduit d’abord en hébreux. Il n’a ainsi pas cherché à traduire le texte grec, mais il a tenté de retrouver le substrat sémantique afin de faire ressortir de sa traduction le terreau hébraïque d’où il est tiré. Il n’est pas le premier à avoir entrepris cette démarche. L’Abbé Carmignac, lui aussi, a abondamment travaillé sur ce point ainsi que Claude Tresmontant.

Cette bible est classée parmi les bibles littérales, respectant au plus près le texte original. 

Sur l’échelle de NALOT, elle est positionnée à la 3ᵉ place, juste derrière la Pléiade et l’Osty, ce qui est très bien.

Ordre des livres

L’ordre des livres de la première alliance suit le canon hébraïque et inclut dix livres deutérocanoniques qui sont placés juste avant le Pacte Neuf (Tobie, Judith, Maccabées 1 & Maccabées 2, Sagesse, Ecclésiastique de Salomon, Baruch, Lettre de Jérémie, Esther grec et Daniel grec).

Noms hébraïques

Tous les noms des livres sont en transcription hébraïque : Genèse porte le nom de Béréchit, Ésaïe par Iesha’yahou, les Juges sont rendus par Suffètes, les Actes des Apôtres deviennent Gestes d’envoyés et l’Apocalypse est rendu par Découvrement de Yohanân.

Tous les noms des personnes et des villes sont, eux aussi, transcris en hébreux.

Yehoshoua 22.1 : Alors Iehoshoua’ appelle le Reoubéni, le Gadi, la mi-branche de Menashè.

Matyah 17.1 : Après six jours, Iéshoua’ prend Petros, Ia’acob et Iohanân, son frère.

Les Peroushîm et les Sadouqîm, sous-entendus les Pharisiens et les Sadducéens.
Kephar-Nahoum, Béit-Hananyah, Ieroushalaîm à savoir Capharnaüm, Béthanie et Jérusalem.

Notes et annexe

Chacun des livres débute par une note d’introduction qui vaut la peine d’être parcourue.

Les quelques notes, en bas de pages, apportent un éclairage qui permet une meilleure compréhension du texte.

En annexe, nous trouvons : Les noms divins dans la Bible, l’équivalence des noms propres, mots et expressions, ainsi qu’un tableau des poids et mesures et enfin des repères chronologiques.

Une traduction très littérale et très directe

Pour ceux qui aiment étudier les textes bibliques et comparer plusieurs versets pour avoir une idée précise, consulter la Bible Chouraqui apporte un éclairage non négligeable.

Avant de vous plonger dans la bible Chouraqui, il vous sera préférable d’avoir quelques notions d’hébreu sinon vous risqueriez d’être déstabilisé par sa lecture.

Je vous cite l’exemple d’Ésaïe 1.1 : « Contemplation de Iesha’yahou bèn Amos »
Darby Ésaïe 1.1 : « La vision d’Ésaïe, fils d’Amots »

Le tétragramme est rendu par IHVH Adonaï et Dieu par Elohîms

Berechit 1.23 : Le glébeux dit : « Celle-ci, cette fois, c’est l’os de mes os, la chair de ma chair, à celle-ci il sera crié femme ­Isha­ : oui, de l’homme ­Ish­ celle-ci est prise. »

La glèbe est un vieux mot français que plus personne n’utilise. Il fait référence aux terres auxquelles les serfs étaient attachées. On comprend alors qu’Adam appartient par sa nature terrestre à la glèbe, d’où son nom, le glébeux. On pourrait aussi dire le « terrien », qui appartient à la terre.

Matyah 6.9 : « Notre père des ciels, ton nom se consacre, ton royaume vient, Ton vouloir se fait, comme aux ciels sur la terre aussi. »

Parfois, le texte est cru comme en Genèse 4.1 : « Adam pénétra Hava », ou bien le récit de Jean ch.8, là où Jésus est face à la « putain » (prostituée).

Vous l’aurez compris, Chouraqui ne va pas par quatre chemins.

Chouraqui a opté de traduire systématiquement le verbe ressusciter par réveiller : L’Adon s’est réellement réveillé (Luc 24.34 ; Colossiens 3.1).

Croire devient « adhérer » tel que nous le trouvons dans ce verset : « Oui, Elohîms aime tellement l’univers qu’il a donné son fils unique, afin que tout homme qui adhère à lui ne périsse pas, mais ait la vie en pérennité » (Jean 3.16 ; Marc 16.16).

En lisant Actes 8, le récit du baptême de l’éthiopien, ne soyez pas surpris de ne pas trouver le verset 37, ce verset n’étant présent que dans les traductions utilisant le texte reçu. Cependant, plusieurs traducteurs ont choisi de l’intégrer, reconnaissant sa validité. Voir l’article du blog Actes 8.37 : La confession de l’eunuque.

Le Psaume 23 selon Chouraqui

Je vous laisse apprécier la lecture du Psaume 23

Chant. De David.
IHVH-Adonaï est mon pâtre, je ne manque de rien.
Au gazon des oasis, il me fait reposer ;
il me dirige sur les eaux du repos.
Il restaure mon être et me mène aux rondes de justice,
à cause de son nom.
Oui, je vais aussi au val d’ombremort,
mais je ne frémis pas du mal, oui, tu es avec moi ;
ton sceptre, ta houlette me réconfortent.
Tu ranges en face de moi une table devant mes oppresseurs ;
tu parfumes ma tête d’huile, ma coupe est pleine.
Le bien, le chérissement me poursuivent tous les jours de ma vie ;
j’habite la maison de IHVH-Adonaï à longueur de jours.

Bible Chouraqui Découvrement

Pour en connaitre davantage sur la Bible Chouraqui, consultez la fiche de la Bible Chouraqui.

4 Commentaires

  1. Christian. M

    De toute évidence pour les initiés……. Qu’est ce que c est bien écrit!!!! il en est pour preuve le psaume 23 que tu nous fait partager… Magnifique

    Réponse
  2. Aaron FABRIS-BARSZEZ

    DéÇu
    J’ai écrit à l’éditeur
    Laisse avis sur Amazon et Fnac
    J’étais heureux de cette nouvelle édition de la Bible traduction d’André Chouraqui.
    On savait que traduire c’était trahir
    On ignorait que reproduire ou ré éditer l’était aussi.
    Il est imprimé en ce qui concerne : Exode 3.14 je suis qui je suis alors que l’auteur l’avait bien traduit :
    Je serai qui je serai c’est un futur indéfini.
    On vient de trahir la pensée du traducteur et on va induire en erreur des étudiants qui se fieront à cette édition.
    Pardonnez-moi mais c’est impardonnable.
    A mes yeux cette édition est coupable de la meme intention que les moines copistes qui traduirent un certain paragraphe concernant yeshou ve Nazareth de Flavius Joseph.
    Je suis vraiment désolé.
    Et plus déÇu.
    Achetez l’ancienne édition.

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    • FREDERIC

      Aaron, je vous reçois 5/5. Toujours l’hégémonie de la pensée politiquement correcte. En accord avec l’air ambient. La pensée se blinde, se bunkerise. Éternelle confusion hommes d’église/homme de Dieu.

      Réponse
  3. Élie Côté

    Oui traduire c’était trahir… et ce dans toute les Bibles, car :

    YAI (Dieu) signifie : IL EST
    YAISHAI (Jésus) signifie : IL EST SALUT
    Ishai’YAI (Isaïe) signifie : SALUT [de] IL EST

    Réponse

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