12 juillet 2022
Alexandre Nanot

Les titres et sous-titres dans la Bible

Toute Écriture est inspirée de Dieu Toute Écriture est inspirée de Dieu et utile pour … (2 Tm 3.16). Lorsque nous disons que toute Écriture est inspirée de Dieu (du…
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Toute Écriture est inspirée de Dieu

Toute Écriture est inspirée de Dieu et utile pour … (2 Tm 3.16).

Lorsque nous disons que toute Écriture est inspirée de Dieu (du grec θεόπνευστοςtheopneystos), il nous faut préciser deux choses :

  • La première est qu’elle l’est dans les originaux, tels qu’ils furent donnés par la main des auteurs. Ces originaux, nous ne les possédons pas, mais nous avons des copies écrites en grec et en hébreu. Comme tout le monde ne lit pas l’hébreu et le grec, il faut rendre ce texte accessible au moyen de traductions et, dès lors, il y a déperdition. Comme dit l’adage italien « traduttore, traditore » traduire, c’est trahir ! Eh oui, traduire c’est faire un choix. Un choix entre tel ou tel mot, ou utiliser tel verbe plutôt qu’un autre, et c’est malheureusement faire un compromis. Telle traduction se rapprochera davantage qu’une autre. L’une cherchera à coller au texte source tandis qu’une autre cherchera à traduire la pensée.
  • La deuxième est que lorsque Paul écrit à Timothée sa seconde épître, nous sommes en 66-67, l’Apocalypse de Jean n’a donc pas encore été révélée (elle le sera en 95 à Patmos), ni même son Évangile qu’il rédigea vers l’an 90. Le Canon du Nouveau Testament n’était pas compilé tel qu’il l’est de nos jours. Nous comprenons donc que Paul dans ce passage fait référence au Tanakh, c’est-à-dire les 27 livres du canon de la Première Alliance.

Bien-sûr, par extension, nous comprendrons bien que les 66 livres qui composent la Bible sont tous d’inspiration divine.

Je voudrais aussi faire remarquer que le chapitrage et la découpe en versets ne sont pas présents dans les manuscrits. La découpe en chapitres telle que nous la connaissons de nos jours remonte au XIIIe siècle, probablement autour de l’année 1203. On la doit à un ecclésiastique anglais, le Cardinal Stephen Langton (1162-1228), archevêque de Canterbury et grand chancelier de l’Université de Paris, qui divisa en chapitres l’Ancien Testament et le Nouveau Testament sur le texte latin de la Vulgate.

L’actuelle division en versets du Nouveau Testament est l’œuvre de Robert Estienne, le célèbre imprimeur et humaniste français, qui la réalisa en 1551. Pour les versets de l’Ancien Testament hébraïque, elle fut établie par Santes Pagnino. La première Bible française comportant chapitres et versets date de 1553.

Enfin, nous en venons aux titres et sous-titres qui viennent introduire le contenu d’un chapitre, ou (pour) présenter certaines paraboles ou miracles afin que nous nous y retrouvions. Cette découpe n’est pas sans intérêt, mais elle peut parfois conditionner notre lecture et nous jouer des tours.

Le fils prodigue

Je prendrai l’exemple de la troisième parabole de Luc 15 souvent intitulée « Le fils prodigue ».

La parabole est découpée en 22 versets. Les 14 premiers forment la première partie du récit et concernent le fils cadet, puis les 8 suivants concernent le fils aîné. Le récit est introduit par un homme, ce Père qui a deux fils. Ce Père est le premier personnage cité et c’est lui qui clôture la parabole avec son discours à son fils aîné. Il est finalement le personnage central autour de qui s’articule le texte (notons que le mot grec pater apparaît 12 fois dans le récit).

Il serait donc, en conséquence, normal d’avoir une parabole dont le titre souligne le rôle du Père. Seulement, la grande majorité des Bibles portent le sous-titre du fils prodigue, orientant ou dictant une certaine grille de lecture. Il est important de ne pas nous laisser conditionner par ces titres.

  • Par exemple, François Amiot lui donne le sous-titre suivant : « Les deux fils ou l’enfant prodigue ». Il est vrai qu’il est le seul à employer l’adverbe ἀσώτως (asotos) présent dans le verset de Luc 15.13 en rendant par « et y dissipa tout son bien, vivant en prodigue (asotos) », là où d’autres traduisent par : « en vivant dans la débauche », « en menant une vie de désordre », « en vivant dans la dissolution ». Cet adverbe est un hapax, c’est-à-dire qu’il n’est présent qu’une seule fois dans tout le corpus néotestamentaire.
  • La Bible de Jérusalem l’intitule : « Le fils perdu et le fils fidèle – le fils prodigue », là où la TOB dit : « Le fils retrouvé », mettant davantage l’accent non sur le fait qu’il soit perdu, mais bien qu’il soit retrouvé.
  • Dans une traduction d’Osty datée de 1953, on trouve « Le fils perdu et le fils fidèle, orgueilleux et jaloux : l’enfant prodigue ». Autant dire, un titre à rallonge.
  • La NFC porte comme sous-titre : « Le père et les fils perdus et retrouvés ». Pourquoi pas, cela faisant, on comprend donc que les deux fils, chacun dans leur expérience, furent perdus, cependant le récit ne nous dit pas que l’aîné est véritablement retrouvé.
  • Pierre de Beaumont est plus juste quand il met : « L’enfant prodigue ou l’immense tendresse de Dieu », relevant ainsi le caractère de Dieu le Père envers ses enfants.

Ainsi, lire cette parabole en mettant l’accent sur le fils dit « prodigue » n’est pas juste. Plus je lis cette parabole et plus, je réalise que le souci du Père est en réalité de s’assurer que ses enfants soient dans la maison (v.22-23 et 28) tout en leur laissant bien sûr la liberté de faire leur propre choix. Ce n’est que lorsqu’il eût goûté à tous les plaisirs éphémères de cette vie terrestre que le plus jeune réalise que c’est dans la maison paternelle que se trouve l’abondance, la joie, l’amour.

Si je devais donner un titre à cette parabole, j’opterais pour « l’Amour inconditionnel du Père ».

Conversion de Saul

Un autre exemple que l’on trouve est en Actes 9, il s’agit de Saul sur le chemin de Damas.

En route vers Damas, il vivra une expérience qui bouleversera sa vie. Une lumière plus éclatante que celle du soleil va l’éblouir, l’aveugler et une voix se révèle : « C’est Jésus que tu cherches à persécuter ». Saul va comprendre aussitôt que Jésus est bien le Messie, celui dont parlaient les prophètes et les Psaumes. Cette révélation va changer sa vie et il va réinterpréter ou avoir une nouvelle compréhension des Écritures à la lumière du Messie.

Paul n’a jamais renié sa judéité. Jusqu’au bout, il déclarera qu’il est Juif (Actes 21.39 ; 22.3) et pharisien qui plus est (Actes 26.8).

Cependant, lorsque nous trouvons dans la grande majorité de nos Bibles le titre suivant : « Conversion de Paul », beaucoup en déduisent que Paul cesse dès lors d’être juif, qu’il se coupe des pratiques du judaïsme et devient ainsi chrétien. C’est là une erreur, encore faut-il comprendre ce que le mot conversion signifie. Ici, la conversion ne doit pas être comprise comme on convertira des euros en dollar, c’est-à-dire changer une unité de valeur pour une autre (des pouces en cm, des degrés Celsius en Fahrenheit, etc.).

Or la définition de la conversion se résume en ceci : il s’agit du fait de passer d’une croyance considérée comme fausse à une vérité religieuse admise.

Et c’est ce que nous pourrions comprendre au sujet de Saul à cause de ce titre de « Conversion de Paul » qui nous conditionne: Paul cesse d’être juif et abandonne le Judaïsme pour devenir chrétien. 

Ce que Paul reçoit sur le chemin de Damas, c’est la révélation que ce Jésus qu’il persécutait est bien le Messie. Un titre plus juste comme « Révélation de Jésus-Christ à Saul de Tarse » serait donc plus juste. La version TOB propose « La vocation de Paul » en titre, ce qui est plus pertinent.

Mais encore…

Je ne parlerai pas des notes que l’on trouve en bas de page des bibles d’études qui pour certaines contiennent d’abondantes notes. Celles-ci ne sont pas à prendre comme parole (de) d’évangile et n’ont certainement pas la teneur et l’inspiration du texte biblique. Il faut les lire avec précaution et faire preuve de prudence pour certaines.

Chaque bible à une orientation théologique, ce qui est quasiment inévitable et il est difficile de rester neutre sans laisser passer ses propres compréhensions ou interprétations. Certaines bibles peuvent avoir même avoir des positions antisémites, anti-pré millénaristes, anti-charismatiques ou autres. Que ces notes n’exercent aucune influence sur celui qui pense autrement.

Ta parole est une lampe à mes pieds, une lumière sur mon chemin.
(Psaume 119-105)

2 Commentaires

  1. yves.traversaz@free.fr

    Bonsoir à chacun que Adonaï nous bénisse tous. Une chose est sur,c’est que depuis que les chrétiens ont écarté nos grands frères Juifs de l’Église, »qui s’appelle une scission » nous avons perdus un trésor inestimable pour la compréhension de notre Seigneur Yeshoua amashia,et de sa Parole,ainsi que de l’apôtre Paul,qui lui même, redécouvert la deuxième Torah qui est un Midrash de la première Torah,cette erreur a eu de grosses conséquence pour la suite, puisque depuis nous sommes plusieurs centaines de dénominations chrétiennes. Cette erreur est dû à la non compréhension de la Parole hébraïque ,au vu de certaines traductions de Bibles. Heureusement depuis peu Adonaï permet des découvertes extraordinaires qui confirme la Torah »code et Mathématique » mais de plus en plus Dieu dirige ces enfants en leurs donnant faim et soif de la Torah et un amour sincères pour le peuple Juif et pour Israël. Points essentielles aujourd’hui nous devons faire le Yom kipour,car Yeshoua amashia viens chercher sa bien aimée l’Église « Juifs et non Juifs » Sainte Pure sans tâches fidèle consacrée amoureuse de son Seigneur Maranatha Seigneur Amen Yves

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  2. AGOUTE Éric

    Merci pour cet article sur les titres et sous titres dans la Bible! Nous qui avons été éclairés par la grâce de Dieu savons que sa Parole originale est intrinsèquement parfaite dans sa nature, dans sa forme et dans son fond ( jusqu’au iota ou trait de la lettre en se référant aux paroles du Seigneur dans Mat 5: 18) , comme Il est parfait, Dieu Lui-même s’identifiant à sa Parole. Il est quasi impossible que l’imperfection de hommes traducteurs et « titreurs » des Écritures ne se répercute sur leur traduction et titrage . Il est donc primordial et essentiel que nous nous référions aux racines hébraïques des textes bibliques et surtout que nous dépendions intimement de notre Enseignant l’Esprit du Christ qui a inspiré toute la Parole de Dieu. Que le Seigneur nous donne de l’intelligence pour que nous connaissions ses préceptes selon Psaume 119 ; 135 . Amen ! Soyez bénis. Éric

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