LE CODEX ALEXANDRINUS

Les spécialistes de la critique textuelle ont classé en 4 grandes familles les manuscrits du Nouveau Testament : 

  1. Alexandrin, qui comporte des absences comme Matt 16,2-3; Marc 16,8-20; Luc 22,43-44; Jean 5,4; 7,53-8,11; 21,25; Rom 16,24.
    Il est surtout représenté  par le codex Sinaïticus et Vaticanus.
  2. Byzantin, appelés aussi le Texte majoritaire, qui représente la plus grande majorité des manuscrits (80 %) soit plus de 5838 manuscrits grecs existants. La Codex Alexandrinus appartient à cette famille.
  3. Occidental, représenté surtout par le codex de Bezae Cantabrigensis D05. On retrouve principalement les citations du texte occidental chez des pères de l’Église des IIe et IIIe siècles : Cyprien, Tertullien et Irénée de Lyon.
  4. Césaréen : Ces manuscrits ont très certainement été rédigés en Égypte et apportés à Césarée par Origène.

Le Codex Alexandrinus (Gregory-Aland no. A 02)  se classe dans la famille byzantine pour le NT.

Ce codex tire son nom de la ville d’Alexandrie où l’on supposerait qu’il eût été rédigé.

C’est un manuscrit en grand onciale presque complet qui contient les livres de la LXX et ceux du Nouveau Testament.
Il est généralement daté du 5e siècle (rédigé entre 400 et 440). 

Au même titre que le Codex Sinaiticus א 01 ou le Codex Vaticanus B 03, il s’agit d’une des plus anciennes et des plus complètes copies de la Bible grecque.


Présentation

Écrit en onciales avec deux colonnes sur chaque page, chaque colonne contient entre 46 et 52 lignes et chaque ligne entre 20 et 25 lettres, sans espace entre les mots,  L’encre rouge est utilisée pour le début de chaque ligne. Toutes les sections commencent par une lettre de grande dimension située dans la marge. 

Ainsi on dénombre un total de 773 feuillets en vélin divisés ainsi : 630 pour l’Ancien Testament et 143 pour le Nouveau Testament. 

A l’origine, il formait un seul grand volume. Aujourd’hui, le codex est relié en quatre volumes, portant sur leur couverture les armoiries de Charles Ier.

Trois volumes contiennent l’Ancien Testament et le quatrième comprend le Nouveau Testament y compris les 2 épîtres de Clément de Rome.


Historique 

On trouve sur la première page écrit en arabe ces mots : « Écrit par Thekla, le martyr..» et le patriarche Cyril Lucar ajouta dans la note ce que la tradition dit : elle était une femme égyptienne noble et écrivit le codex peu après le concile de Nicée.

Ce codex fut longtemps la propriété du Patriarche d’Alexandrie depuis 1098.

On raconte que Kyrillos Loukaris ou Cyrille Lucar, patriarche d’Alexandrie en Égypte était un grand passionné des textes chrétiens. Alors qu’en 1621, il devint patriarche de Constantinople, en Turquie, il prit avec lui le Codex Alexandrinus. En raison des troubles qui agitaient le Moyen-Orient, il ne voulut pas risquer sa destruction et aurait pu tomber entre les mains des musulmans, Loukaris estima donc qu’il était plus prudent d’en faire don au roi d’Angleterre. 

En 1624, il le confie à l’ambassadeur d’Angleterre en Turquie pour qu’il le remette à Jacques Ier. Cependant, le roi mourut avant même que ce manuscrit ne lui soit remis, et c’est donc Charles Ier, son successeur, qui le reçut trois ans plus tard.

Aujourd’hui, ce codex est toujours propriété de la famille royale d’Angleterre.

Le Codex Alexandrinus est actuellement conservé à la British Library de Londres. 

Il est le premier des trois grands manuscrits onciaux à avoir été révélé au grand public. 

A noter que ces variantes figurent les premières en dessous du texte grec dans la Bible polyglotte éditée par Brian Walton à Londres (1654-1657). 

Composition

  1. L’ancien Testament


Il contient pour l’Ancien Testament les livres de la Septante.

Le codex intègre à son canon les livres canoniques de I, II, III et IV Maccabées,celui du 4ème Esdras qui d’ailleurs est  d’origine très tardive.

La liste présente dans ce codex montre que les Psaumes de Salomon qui aujourd’hui ont  disparus, figuraient à l’origine dans le volume, mais l’espace qui sépare ce livre des autres sur la liste indique qu’il n’a pas été classé parmi les livres du Nouveau Testament. 

En effet, une “ Epître à Marcellinus  » attribuée à St Athanase est insérée en guise de préface au psautier, avec le résumé des Psaumes par Eusebius.

Le psaume 151 et certains cantiques choisis de l’Ancien Testament sont apposés et les utilisations liturgiques des psaumes sont indiquées. 

Dans l’Ancien Testament, il convient de relever quelques lacunes sur une trentaine de psaumes allant de 5:20 à 80:11.

Il en est de même dans les passages de la Genèse au ch.14: 14-17; 15: 1-5 et 16-19; 16: 6-9; ainsi que 1 Samuel 12: 20-14: 9. 

  1. Le Nouveau testament

Le Nouveau Testament a perdu les vingt-cinq premières feuilles de l’évangile de Matthieu ce qui le fait donc débuté à partir du chapitre 25 au v.6, de même que les deux feuilles allant de Jean 6:50 à 8:52 (fait surprenant sur ce passage très controversé de la femme adultère), et trois feuilles contenant 2 Corinthiens 4: 13-12: 6. 

Il manque une feuille à la 1ère épître de Clément et probablement deux à la fin de II Clément.

Au 27 livres du Nouveau Testament s’ajoutent l’épître de saint Clément de Rome et l’homélie qui est passée sous le titre de deuxième épître de Clément – à noter qu’il s’agit des seules copies connues à ce jour. Ceux-ci sont inclus dans la liste des livres du Nouveau Testament qui est préfixée et semble avoir été considérée par le scribe comme faisant partie du Nouveau Testament.

Le Codex A soutient la Vulgate Sixtine en ce qui concerne la conclusion de Saint Marc ch.16 à partir du v.9 et Jean 5: 4, mais, comme tous les manuscrits grecs antérieurs au XIVe siècle, il omet le passage du comma johannique que l’on trouve après 1 Jean 5: 7. 

Dans le Nouveau Testament, l’ordre est composé des évangiles, des actes, des épîtres catholiques, des épîtres pauliniennes, de l’apocalypse, avec les hébreux placés avant les épîtres pastorales.
Plus précisément, cela donne pour le Nouveau Testament :  Matthieu 25:6-28:20, Marc, Luc, Jean 1:1-6:50, 8:52-21:25, Actes, Jacques, 1 et 2 Pierre, 1 Jean, 2 Jean, Jude, Romains, 1 Corinthiens, 2 Corinthiens 1:1-4:13, 12:7-13:13, Galates, 1 et 2 Thessaloniciens, Hébreux, 1 et 2 Timothée, Tite, Philémon, Apocalypse.

A  noter que sont absents les passages suivants : Marc 15:28, Luc 17:36, 22:43-44, 23:17, {Jean 5:12}, Actes 8:37, 15:34, 24:7, 28:29, Romains 11:12, 16:24, 1 Corinthiens. 6:3-6, 9:2, 16:19, Apocalypse 5:4.


Remarque de la Watchtower dans un article de 1988

La façon dont le Codex Alexandrinus rend 1 Timothée 3.16 provoqua bien des remous lorsqu’on le publia. La Bible du roi Jacques déclare à propos de Jésus Christ que “Dieu a été manifesté dans la chair”. Toutefois, dans ce codex ancien, le mot traduit par “Dieu” est écrit en abrégé sous la forme des deux lettres grecques “ΘC”, et avait été à l’origine transcrit par “OC”, qui se traduit par “celui qui”. 

Cela signifie sans conteste que Christ Jésus n’est pas “Dieu”.

L’ensemble des pages peuvent être consultées ici : http://www.csntm.org/Manuscript/View/GA_02

Jean ch.1 v.1 à 8