DARBY : – Et la ressemblance de leurs faces était la face d’un homme ; et, les quatre, ils avaient la face d’un lion, à droite ; et, les quatre, ils avaient la face d’un bœuf, à gauche ; et, les quatre, ils avaient la face d’un aigle. (Ez 1.10)

– Et le premier animal est semblable à un lion ; et le second animal, semblable à un veau ; et le troisième animal a la face comme d’un homme ; et le quatrième animal est semblable à un aigle volant. (Ap 4.7)

PLÉIADE : – Quand à la forme de leurs faces, c’était une face d’homme, puis une face de lion, sur la droite des quatre, puis une face de taureau, sur la gauche des quatre et une face d’aigle pour les quatre. (Ez 1.10)

– Le premier animal pareil à un lion, le deuxième pareil à un taurillon, le troisième avec une sorte de face d’homme et le quatrième pareil à un aigle qui vole.(Ap 4.7)

CHOURAQUI : – Leurs faces ressemblent à des faces d’humain; des faces de lion vers la droite pour les quatre; des faces de boeuf à gauche pour les quatre; et des faces de vautour pour les quatre.(Ez 1.10)

– Le Vivant, le premier, est semblable à un lion; le second Vivant est semblable à un taurillon; le troisième Vivant a la face d’un homme; et le quatrième Vivant, semblable à un aigle, vole.(Ap 4.7)

PAROLE DE VIE :  – Chaque être a quatre visages : un visage humain devant,
un visage de lion à droite, un visage de taureau
à gauche et un visage d’aigle derrière. (Ez 1.10)

– Le premier être vivant ressemble à un lion,
le deuxième à un jeune taureau.
Le troisième a un visage semblable à celui d’un être humain,
le quatrième ressemble à un aigle qui vole. (Ap 4.7)

Cette tête tétramorphe, c’est à dire a 4 formes se trouve dans la vision du char céleste – La Merkavah décrite en Ezekiel 1.10, 10.14 et reprise par Jean en  Ap 4.7

L’expression de quatre êtres vivants à parfois joué des tours quand il est rendu par les quatre animaux, car l’un d’eux est une face d’homme. Le mot grec zoon est issus de zoé – la vie – ce qui rend l’expression “créatures vivantes” plus juste que “les quatres animaux”.

Dans sa description, le prophète contemple et voit celle d’un homme en face de lui, celles du lion et du boeuf de chaque côté, et la face d’aigle de la créature la plus éloignée. Il semble que chaque être soit tourné vers l’extérieur, vers les quatre points cardinaux, comme pour nous dire que toutes les nations sont concernées par cette vision.

INTERPRÉTATIONS DIVERSES

L’interprétation la plus courante au sujet des 4 faces que l’on entend dans les études bibliques se limitent à de l’exégèse élémentaire, quand ces derniers usent de faire des midrashim, mais en cela, ils ne font que reprendre les allégorisations des Pères de l’Eglise dont Origène fut passé maître en la matière. Le millénium, par exemple, disait Origène ne serait pas à prendre au sens littéral mais dans un langage symbolique, ce qui a ouvert le courant de pensée aux amillénaristes, mais ce sont davantage des problèmes d’antisémitisme et une volonté de déjudaïser les Écritures qui faisaient rage alors quand elles sont bien sûr replacées dans leur contexte culturel et historique.

Je rejoins Brian Tidiman qui disait que de faire de ces  quatre êtres vivants les quatres évangélistes revient à échafauder des hypothèses gratuites et je suis complètement d’accord avec lui.

Brian Tidiman voit dans l’homme le roi de la création, le lion comme le plus noble des animaux sauvages, le bœuf celui des animaux domestiques et l’aigle de la gent ailée. Le tout serait l’emblème de la soumission et du service de la création entière, sous sa forme la plus noble.

Jean Grosjean dans la Bible de la Pléiade note qu’ils représentent le signe des 4 forces et des 4 horizons.

Augustin Crampon ajoute qu’ils sont la représentation idéale de toute la création vivante.

La TOB quand à elle envisage que, comme Ezéchiel était en terre d’exil, il fut influencé par le bestiaire des statuts idolâtres qui gardaient et manifestaient la dignité des chefs dont ils étaient entourés.

Sur les 4 êtres vivants mentionnés dans l’Apocalypse, la TOB note : À la suite d’Irénée de Lyon (Adv. Haer. 3.11.8), la tradition a volontiers regardé ces quatre animaux comme symbole des quatre évangélistes. Il est difficile d’admettre que telle était l’intention de l’auteur de l’Apocalypse.

La Bible annotée donne le détail des quatre faces : Le lion est le roi des animaux sauvages, le taureau celui des animaux domestiques, l’aigle celui des oiseaux, l’homme celui de la terre entière. Les chérubins paraissent donc bien représenter la création avec toutes ses forces :

  • l’intelligence qui agit, l’homme
  • l’intelligence qui contemple, l’aigle
  • la puissance créatrice, le taureau
  • la force destructive, le lion.

La Bible de Jérusalem fait la relation entre le Kâribu assyrien dont deux exemplaires sont visibles au musée du Louvre à Paris et à Berlin et représente un être à tête humaine à corps de lion surmonté de pattes de veau et d’une paire d’ailes. Ces Kâribu (dérivés des Chérubins) gardaient l’entrée du palais de Babylone. Ils portent aussi le nom lammasu assyriens, Ils figuraient les quatre points cardinaux (Lion-Nord, Serpent-Est, Aigle-Sud et Taureau-Ouest).

D’autres y ont vu un lien entre le campement des douze tribus d’Israël pendant leur pérégrinations au désert.
En effet, chacune des tribus avait sa propre bannière :

  • à l’Est, Juda portait la bannière d’un Lion
  • à  l’Ouest, Ephraïm portait la bannière d’un taureau
  • au Sud, Ruben portait l’emblème d’un homme
  • au Nord, Dan portai celle d’un aigle

INTERPRÉTATIONS CHRISTOLOGIQUES

Saint Jérôme de Stridon, traducteur de la Vulgate au IVème siècle, nous apprend aussi que les quatre Vivants rassemblés ont une autre signification que celle de représenter les quatre évangiles : ils résument à eux quatre les quatre moments essentiels de la vie du Christ.

Le Verbe de Dieu s’est incarné (l’Homme)
il a été tenté au désert (le lion)
il a été immolé (le taureau)
et il est monté au ciel (l’aigle).

Ils accompagnent souvent les représentations du Christ en majesté.

  • L’homme est Matthieu : son évangile débute par la généalogie humaine de Jésus.
  • Le lion est Marc : dans les premières lignes de son évangile, Jean-Baptiste crie dans le désert (« un cri surgit dans le désert »).
  • Le taureau est Luc : aux premiers versets de son évangile, il fait allusion à Zacharie qui offre un sacrifice à Dieu, or dans le bestiaire traditionnel, le taureau est signe de sacrifice.
  • L’aigle est Jean : son évangile commence par le mystère céleste.

La préfiguration christologique dont Scofield fait le développement dans ses notes sur Ezéchiel 1.5 qui s’inscrivent dans la pensée des Pères de l’Eglise : Ces quatre aspects sous lesquels Dieu devait se révéler par l’incarnation du messie : à droite, le lion, symbole de la royauté – Matthieu; à gauche, le boeuf, symbole du serviteur – Marc; la face d’homme représente sa parfaite humanité – c’est l’évangile de Luc et enfin l’aigle qui vole illustre sa divinité, c’est l’évangile de Jean.

La spécificité des notes de la Bible Scofield résident principalement dans le dispensationalisme et les typologies ou préfiguration du Christ.

CONCLUSION

Qui a raison ? Qui a tort ? Personne pour n’en fâcher aucun. Mais il va sans dire que Ezekiel et Jean n’avaient pas conscience des 4 évangiles, mais y voir dans ces 4 êtres vivants une typologie du Christ, on ne peut pas l’exclure, mais sans jamais oublier le sens premier de l’auteur et le contexte dans lequel s’inscrit le passage en question.

Le chiffre 4 dans le langage biblique symbolise très souvent les 4 points cardinaux et par extension l’ensemble des nations. L’une des premières mentions se trouve en Genèse 2.10 : Un fleuve sort de l’Eden pour abreuver le jardin. De là, il se sépare: il est en quatre bras, litt. לְאַרְבָּעָה רָאשִׁים rosh en quatre têtes.

Et vous, de quel côté pencheriez-vous ? 

Les 4 évangélistes

Bloc République du Togo – Les 4 évangiles